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CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 24 janvier 2024
Sa note : 17/20

LINE UP

-Espen Ingierd
(chant+guitare)

-Tore Gjedrem
(chant+basse)

-Petter Haavik
(guitare)

-Dag Midbrød
(trombone+claviers)

-Einar Olav Sjursø
(batterie)

TRACKLIST

1) When Beauty Dies
2) The Penance
3) (Never a) Bygone
4) Teardance
5) As the Evening Falters, the Dogs Howl
6) Embers
7) Storm
8) Ripe as the Night
9) Daughter Sunday

DISCOGRAPHIE

Pity Love (1995)

Beyond Dawn - Pity Love



Ils ont encore maudit mon nom.
À quoi sert-il de vivre, s’il n’y a pas de but à atteindre ? Les coups, les meurtres, l’éradication des corps heureux ne sont que des revanches cruelles sur la solitude qui évide les cœurs. Tout détruire, puisqu’ils souffrent. Tout broyer au lieu d’édifier. Tout brûler plutôt qu’assister au spectacle des danses et des sourires. Ils ne comprennent rien. Ils sont incurables. Je les plains. D’autres personnes ont la souffrance en elles. Mais elles n’abolissent pas. Elles s’acharnent à croire en moi. À me chercher, au travers de médiums sublimes. Le plus puissant est la musique. Je veux vous parler d’une de ces musiques. Je veux vous raconter ces deux âmes qui ont mis toute une vie à se trouver.


Il est des mélodies éclatantes qui se propagent dans la foule et survivent aux esprits agiles qui les ont fait naître. D'autres, moins faciles à apprivoiser, n’existent qu’au creux d’une intimité qu’on ne partage pas. Comment vous décrire celles qui résonnent avec la nuit, surgie du précipice où sombre la raison ? Ce trombone lugubre et ces guitares âpres comme un organe gorgé d’acide ? Elles sont l’œuvre de cinq musiciens originaires du Nord, là où le froid revient toujours, tyran condamnant la lumière afin d’établir son empire sur des paysages qu’il façonne à l’envi. Beyond Dawn est le nom qu’ils ont choisi, Pity Love celui de leur premier recueil. Le composent neuf odes aux larmes et au silence. Leur rythme est mesuré, néanmoins une tension les anime : des percussions farouches, une voix criarde qui expectore le dégoût, un chant issu des profondeurs, ondulant sur un océan de cendres. Un océan qui court au-delà du regard, couronné d’orages desséchés. À chaque écoute l’horizon disparaît dans la masse de ses flots arides. Aucune lueur ne le frappe et sur sa surface vitrifiée, nulle graine ne peut être semée. C’est l’endroit où meurt la beauté.
Absorbant ces notes funèbres, un cœur esseulé nourrit l’amertume de ses jeunes années, sans savoir que son égal puise dans des registres semblables l’énergie qui l’avive. Tous deux sont ignorants l’un de l’autre et cependant espèrent se joindre un jour, redoutant d'être contraints de traverser la sinistre étendue. Pourquoi ne pas user de mon pouvoir, me demandez-vous ? Leurs suppliques sont si touchantes, oh si vous les entendiez ! Mais, savez-vous, les êtres voués à s’unir, souvent, proviennent du même écrin et, pourtant, cheminent sur des sentiers séparés. Il arrive même que jamais leurs trajets ne se croisent, et que leur vie s’écoule sans qu’ils ne se soient vus, aveugles en leur sillon. Les couplets âcres du quintet les accompagnent dans les terres infertiles, où les plaisirs sont rares et les enthousiasmes détrompés. Guidées par des mirages séduisants et fugaces, leurs illusions flottent au loin, mornes feuilles prises dans le vent. Sur le sol gelé, seules poussent les roches, acérées comme des souvenirs.
Les deux âmes dont je vous parle, elles aussi, ont maudit mon nom. Mais elles ne m’ont pas renié. Moi, le destin, que les rêveurs prient avec rage. Moi, le hasard, qu’une enfant a défié. Moi… Appelez-moi comme vous voulez. Je suis la joie, je suis la destination, je suis les retrouvailles perpétuelles, le murmure du prénom au creux de l’oreille, je suis l’ivresse d’un baiser dans le cou, je suis le commencement. Je suis imprévisible. Personne ne sait quand je vais apparaître, personne ne sait où, personne ne sait pour qui. Les deux voyageurs, que la frustration n’a pas dévorés, ont longuement contourné la plaine stérile. Les voilà ensemble désormais, la tête lourde d’anciennes promesses. Ils ne se rendent pas compte que leurs routes se sont rejointes. Le temps de la révélation est venu. Émergeant soudain de leur sommeil accablé, se croyant sous l’empire d’un sortilège formidable, ils s’approchent et découvrent, enfin, le visage qu’ils n'osaient plus imaginer.


La rencontre s’est produite, les tragiques mélopées de Pity Love demeurent. Le ciel obscur s’en est fait un linceul, avalant leur noirceur comme un gouffre parmi les étoiles. De leur feu glacé elles exsudent les chagrins et se font l’antidote du désespoir, qu’elles attisent elles-mêmes jusqu’à la fièvre. Peut-être, un jour, disparaîtront-elles. Dans l’ultime cataclysme, ou l’amnésie d’un monde heureux.
« The sun is falling
And its embers are dying
Mine are not
»






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