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CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 30 mai 2023
Sa note : 14/20

LINE UP

-Olof Anders Gustav Wikstrand
(chant+guitare)

-Jonathan Alexander "Jonte" Nordwall
(guitare)

-Jonas Per Anders Wikstrand
(claviers+batterie)

-Garth Condit
(basse)

TRACKLIST

1) Armageddon
2) Unshackle Me
3) Coming Alive
4) Heartbeats
5) Demon
6) Kiss of Death
7) Nostalgia
8) No Tomorrow
9) At the End of the Rainbow
10) Metal Supremacía
11) White Lights in the USA
12) Keep the Flame Alive
13) When the Thunder Roars (Cross Fire)

DISCOGRAPHIE

Into the Night (2008)
Diamonds (2010)
Death By Fire (2013)
From Beyond (2015)
Live by Fire (2015)
Zenith (2019)
Live by Fire II (2021)
Nostalgia (2023)

Enforcer - Nostalgia



Quatre années et une pandémie après un album ayant fait lever quelques sourcils parmi les gardiens de la foi dans le metal (aka les vieux qui ont prévu de faire diffuser "Hallowed Be Thy Name" à leur enterrement), Enforcer revient avec une sixième captation longue durée en studio. Le chef de meute du heavy metal de tradition va-t-il poursuivre son exploration entamée du bout des griffes ou préfèrera-t-il rentrer dans sa tanière ?

Olof Wikstrand est un malin. Le leader de la formation, et control freak au point de s’occuper lui-même de la production de l’enregistrement parce que « moi… nous seuls savons comment doit sonner Enforcer », a lancé deux ans avant sa parution une paire de singles dans la droite ligne de ce qui avait fait le succès de son groupe, le rapide "Kiss of Death" et "At the End of the Rainbow" dont le riff évoque Iron Maiden à l’époque de l’âge d’or. Ça cavale, ça tricote sur les solos, ça module, même, sur celui du dernier nommé, c’est dynamique et Wikstrand assaisonne le tout de ses inflexions haut perchées. De quoi rassurer les aficionados - le recueil est d’ailleurs intitulé « Nostalgia », il y a des sous-entendus plus subtils. Sauf que la chanson-titre est une ballade, ce format pour lequel les frères Wikstrand ont essuyé de vives critiques lors de la sortie de Zenith en 2019. Le nouveau spécimen est très conventionnel dans sa construction - couplets acoustiques, refrain légèrement emphatique, solo héroïque. Surtout, il manque un thème qui le transcenderait au-delà de l’exercice de style. La fin abrupte donne l’impression que le travail a été terminé sans trop se soucier des finitions, à l’instar de plusieurs pistes telles "At The End of Rainbow" déjà citée et "White Lights in the USA" se terminant par un fade out qui sent la solution de facilité.
Ce constat mitigé concerne hélas la totalité des compositions, bien qu’aucun temps faible ne soit à déplorer en dépit du peu d’aspérité de "Demon", écho atténué des classiques "Midnight Vice" et "Take Me Out Of This Nightmare", ainsi que de "No Tomorrow" sur lequel Wikstrand force plus qu’habitude sur le refrain, comme s’il voulait en compenser le peu d’accroche. Il faut l'admettre, les séquences fortes manquent à l’appel. Heureusement l’énergie est toujours là et fait passer bien souvent l’absence de variation dans le déroulement des morceaux – au moins le quatuor évite-t-il les digressions – notamment les très véloces "Coming Alive" entamé par une série de screams vitrifiants, "Metal Supremacía" chanté en espagnol en hommage au fidèle public latino et le final "When the Thunder Roars (Cross Fire)" : tout à fond avec des guitares incisives et un chant possédé, voilà de quoi contenter les fans de la première heure, et des suivantes également, jusqu’au référentiel From Beyond inclus.
L’inspiration qui rendait ce dernier si spécial aurait fait du bien à des titres de bonne facture mais qui ne bénéficient pas de la trouvaille qui les auraient transformés en moments mémorables, auxquels on peut ajouter "Unshackle Me" dont les couplets font songer à ceux de "Judgment Day" de Whitesnake. Doté d’un refrain court mais pas aussi percutant que celui de "Destroyer" également placé en ouverture (de From Beyond), l’opener ressemble davantage à l’aguicheur "Die For The Devil" sur Zenith, sans susciter la même concupiscence. La petite boucle de synthés en accompagnement se révèle quant à elle plutôt sympathique, de même que celle qui émerge discrètement du decrescendo final de "Heartbeats", sorte de power ballad débutant par une imitation un peu gênante de Dio sur "Don’t Talk to Strangers" agrémentée d’arpèges acoustiques, avant le retour d’une tonalité plus heavy sur le refrain. L’accélération après le solo – excellent comme tous ceux décochés par la paire Wikstrand-Nordwall - n’est pas aussi franche qu’espérée, faisant de cette proposition une redite à l'utilité discutable de "Zenith of the Black Sun" sur la réalisation antérieure. Unique occurrence laissant entrevoir un minimum d’audace, "Keep the Flame Alive" séduit de prime abord avec son motif catchy rappelant le hit new wave "Don’t Go" de Yazoo (1982), qui reviendra sur le premier refrain avant de disparaître au cours d’un développement heavy aussi alerte que convenu.


En ré-augmentant l’allure générale, l'impétueux Olof Wikstrand et ses acolytes donnent l’impression avec Nostalgia d’un retour aux fondamentaux, tout en réitérant quelques-uns des timides pas de côté opérés sur Zenith, le précédent LP. Un petit écart, au final, qui loin de remettre en cause l’appartenance d’Enforcer à la sphère du metal traditionnel, conforte la position de force de l’entité scandinave sur ce créneau. Toutefois, en s’en tenant à des schémas heavy speed basiques et en puisant dans les mêmes ressources depuis une quinzaine d’années, le collectif peine désormais à se renouveler : la déception serait vive de voir ce fer de lance rentrer peu à peu dans le rang des sections vintage n’ayant que leur fougue à faire valoir.





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