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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 13 janvier 2023
Sa note : 16/20

LINE UP

-Saint Rodolphe
(chant)

-Saint Stéphane
(guitare)

-Saint Thomas
(guitare)

-Saint Alexandre
(basse)

-Saint Jean-Christophe
(batterie)

TRACKLIST

1) La mort appelle tous les vivants (intro)
2) Je suis mort depuis bien longtemps
3) Le saint riff rédempteur
4) De la viande
5) Le cimetière des rêves brisés
6) Sous le signe du néant
7) Mon crâne est une crypte (Et j'y suis emmuré)
8) La valse funèbre
9) La mort appelle tous les vivants (outro)

DISCOGRAPHIE


Barabbas - La mort appelle tous les vivants
(2022) - doom metal - Label : Sleeping Church Records



-Romain, hé, Romain ! Peux-tu dire au centurion de me changer de croix ? C’est Barabbas ! J’en peux plus !
« Te presse pas, tu as tout l’temps ! »
-Tu vois ? Il arrête pas de chanter ! En français en plus !
« D’m’emmener au cimetière des éléphants ! »
-J’ai beau être le fils de Dieu, je ne peux pas TOUT supporter ! Change-moi de croix ! Ou achève-moi avec ta lance, mais fais un truc !


Je suis en partie d’accord avec Jésus. La voix du mal-nommé Saint Rodolphe, le chanteur de Barabbas, il faut s’y habituer. Ce timbre chaleureux et rocailleux qui rappelle notre Eddy national, ou encore Daniel Puzio des regrettés Vulcain, on ne l’entend pas souvent - euphémisme - du côté des groupes de doom. Pour un inconditionnel de Candlemass ou My Dying Bride, ce chant-là, dans la langue de Molière, qui plus est, ça a un peu de mal à passer. D’autant qu’au-delà de l’aspect vocal, un certain nombre de mélodies accompagnant les refrains sonnent également très français, à commencer par le "Cimetière des éleph…" non, pardon, le "Cimetière des rêves brisés". Bref, il faut passer par un sas d’adaptation. Mais, contrairement au Christ, qui n’a pas eu le temps de s’y faire, vu que le Romain en question l’a, comme tout le monde sait, transpercé de sa lance, je me suis adapté à cet aspect singulier de La mort appelle tous les vivants. Mieux que ça : le fait de comprendre les paroles n’est, pour une fois, pas un motif de crispation.
Au contraire, les lyrics sont travaillés et l’humour grotesque et horrifique qui s’en dégage est digne d’intérêt. Et puis bon, la base est là, et sacrément là ! Je veux parler, bien entendu, de la musique. Du bon vieux doom bien riffesque, appuyé à l’occasion par des claviers « Hammond », et très efficace. Peut-être pas révolutionnaire, mais sacrément jouissif tout de même. Observez comme le riff initial de "Je suis mort depuis bien longtemps" ou de "Mon crâne est une crypte" et son ambiance… cryptique, vous plaque irrémédiablement contre le mur. L’ensemble de l’œuvre s’avère extrêmement solide, le groupe utilisant à bon escient solos et claviers, ce qui rend les titres, bien qu'assez longs dans l’ensemble, très digestes. Peu de doléances à formuler. On pourra éventuellement déplorer le break parlé de "Sous le signe du néant" qui, quoique bien trouvé niveau paroles, ne sert pas le titre, ou quelques longueurs sur "La valse funèbre", mais pas de quoi s’alarmer. C’est du tout bon !


Avec La mort appelle les vivants, Barabbas allie puissance de feu, joli maniement de la langue française et mélodies bien servies. Les inconditionnels du chant en anglais auront du mal à assimiler l’œuvre, mais tout doomster devrait au minimum tenter sa chance : le jeu en vaut la chandelle !





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