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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 04 janvier 2023
Sa note : 14/20

LINE UP

-Michele Borniotto
(chant)

-Igor Lystopad
(guitare)

-Sad
(guitare)

-Ruslan Drozd
(basse+chant)

-Eduard "Ed" Litvyakov
(batterie)

TRACKLIST

1) Distorted Lights
2) Carnival of Flesh
3) Inhuman Existence
4) Buried Truth
5) Hive of Insanity
6) Invisible Reality
7) Frail Utopia
8) War Is an Amusement
9) Ad Astra

DISCOGRAPHIE


Fleshgore - Carnival of Flesh
(2022) - brutal death slam - Label : Xtreem Music



En voilà un groupe avec une longue existence. Point de jeunes primesautiers ici mais une entité forte de vingt-deux années d’expérience couplées à désormais six sorties (sans compter les différents extras). Fleshgore. Il me semblait avoir lu deux-trois fois le nom, mais pas de rapport plus intime entre nous. Et les gusses sont ukrainiens, ce qui résonne en ce moment.

Ne nous laissons pas aller pour autant à la béatitude basé sur ce seul fait d’armes (uh uh). Fleshgore a manifestement oscillé entre death brutal et deathcore. Il semblerait que les temps présents voient le groupe se caler sur un death metal brutal teinté de slam et de core. Du death brutal il en retient ce goût immodéré pour les blasts et les rythmiques supersoniques. Les compositions ne donnent pas vraiment le temps de respirer ni de se reposer. Car lorsque les tempos rapides s’effacent, bien souvent la double pédale prend la place accompagnée de riffs qui persistent dans leurs enchaînements. À ce sujet, par-delà une vitesse d’exécution évidente, la dextérité des membres du groupe mérite d’être soulignée tant ils maîtrisent et rapidité et changements de rythme ou d’accords. C’est là que le slam intervient. Par des interventions excessivement marquées rythmiquement, il s’affiche sans honte au milieu des assauts brutaux. Le chant lui-même par son extrême gravité tout comme sa propension à vociférer les syllabes de manière séparée vient titiller les paradigmes du style.
Carnival of Flesh c’est un peu la foire au death brutal slammé au final. Sauf que fort heureusement pour nos (les miennes en tout cas) oreilles, le caractère death demeure majoritaire et les Ukrainiens ne cèdent pas à une musique par trop portée par la rythmique. Les riffs existent en masse, s’enchevêtrant sans cesse les uns dans les autres le long de neuf chansons très homogènes (trop peut-être) tant dans leur orientation musicale que dans leur qualité. Fleshgore fait preuve d’une remarquable constance à ce niveau, ce qui ravira les amateur-trice-s (vous l’aimez cette inclusivité ? Cadeau spécial Nouvel An) du genre. Globalement on reste sur une musique exigeante, voire éprouvante physiquement malgré tout. Clairement pas destiné aux pourceaux qui se délectent des mélodies, bien qu’on pourrait objecter qu’il en existe certaines, cette création ne se sublime pas en chantre de l’évolution, encore moins de la révolution. Brutal, slammé, ce death metal s’adresse uniquement aux endurci-e-s (re-cadeau). L’avantage c’est qu’il le fait avec doigté et maîtrise. En première approche j’ai d’ailleurs clairement pensé à de la grosse armada américaine (Suffocation vaguement pour ce que ma culture me permet d’étaler), maîtresse dans ce style. Seule anicroche outre une diversité en berne, le son, surtout celui de la caisse claire trop tendue et donc parfois irritante.


De la brutalité rythmée de qualité, voici ce qu’on doit attendre de Carnival of Flesh. Inspirés par leurs comparses US, les Ukrainiens produisent une livraison fort honorable, bien que monolithique, qui aurait mérité un meilleur traitement sonore. Classique dans son approche et maîtrisée dans son exécution, vous tenez une des bonnes sorties de l’année.





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