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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 09 novembre 2022
Sa note : 15/20

LINE UP

-Marko "Nuurag-Vaarn" Översti
(tout)

TRACKLIST

1) Where Was a Worm Before
2) Year of Dearth
3) Raged with Curses and Sparkles of Fury
4) Mother of Maladies
5) Woe and Wailing
6) Oberon’s Forests
7) Over the Disorganized Immortal
8) Deeper Labyrinths of the Mind
9) Shadows of Our Past and Future

DISCOGRAPHIE


Wyrmwoods - No Sun Nor Moon



Wyrmwoods mine de rien c’est l’histoire d’une entité implantée dans le paysage metal depuis huit ans et quatre albums. Non pas que ce soit d’un intérêt quelconque pour cette lecture, néanmoins cela indique un groupe (un seul homme en fait) qui sait ce qu’il veut et n’arbore pas les maléfices de la jeunesse. Accessoirement, cela démontre aussi un profond manque d’exposition car je n’en avais jamais entendu parler auparavant.

Issu des lacustres contrées de Finlande, ce one-man-band officie dans un black metal aisément qualifiable d’expérimental ou avant-gardiste. Prenez du Aenaon, Arcturus, Ulver, mixez le tout et incorporez du Shining norvégien pour le côté jazzy et saxo. Si le résultat vous effraie, partez l’esprit libéré des contingences terrestres. Ouvrez-vous aux possibles et découvrez donc ce que No Sun Nor Moon a à vous dire. Et ce qu’il vous dit est issu de William Blake (repris par Ulver également, tiens tiens) et Robert Burton d’après la bio. Étonnant puisque les deux compères, s’ils sont tous deux de grands intellectuels, ne sont pas contemporains. La base littéraire est donc d’un niveau plus élevé que beaucoup des congénères black. Adossé à ces références écrites, la pochette elle-même emprunte à Zdzisław Beksiński, artiste multi-domaines dont la peinture, et surréaliste notoire. Bref, le Finlandais, par ailleurs au commande de l'ovni Starboard, s’ancre dans un univers constellé de références assez pointues, ce qui sied parfaitement à la musique proposée.
Car entre le jazz, l’impromptu et les rythmiques, le black a un droit de cité faible. En fait il faudrait plutôt parler d’enrobage black metal tant le reste se situe aux extrêmes lisières du style qui sert uniquement de liant au tout. À ce titre, le parallèle avec Mystic Forest n’est pas inopportun, bien que Wyrmwoods soit plus ouvertement hors metal que les défunts Français. Tous ces particularismes n’empêchent pas le sieur de produire qui se tient étonnamment bien. Malgré les sonorités étranges, les rythmiques inattendues et les changements d’ambiance fréquents, No Sun Nor Moon tient le cap. Un cap certes étrange et potentiellement disruptif pour les âmes sensibles, mais un cap malgré tout. La faute à la présence de mélodies pernicieuses et à ce vernis black metal qui coagulent si bien l’ensemble.
En ressort une musique fofolle, foutraque tout autant qu’agréable et délectable. On en vient même à se demander s’il n’y a réellement qu’une seule personne derrière tout ceci car si c’est garant d’une certaine cohérence, c’est aussi la multiplication des possibilités d’égarement. Dans le cas présent, c’est clairement la cohérence, mot inattendu dans le contexte de cette sortie, qui l’emporte. Tant mieux se disent en chœur nos chères oreilles. Car si le style pratiqué contient en lui-même ses propres limites, il faut dire ce qui est : No Sun Nor Moon casse la baraque. Pas d’une manière policée et maîtrisée, plus par l’ostentatoire et le grotesque. Ce ne sera pas la tasse de thé de tout un chacun, ce qui est compréhensible. Pour l’amateur, il est à espérer une belle surprise en cette fin 2022.


Pas forcément un album de l’année (qui sait avec le temps ?), mais une solide référence en vue de ces périodes de fin de période qui marqueront l’arrivée des classements en tout genre. Un socle black metal et tout plein de coquetteries par-dessus, No Sun Nor Moon s’adresse clairement à un public averti.





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