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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 09 novembre 2022
Sa note : 14/20

LINE UP

-Andy Schmidt
(chant+guitare)

-Robby Kranz
(chœurs+basse)

-Sebastian Hupfer
(guitare)

-Ben Haugg
(guitare)

-Martin Schulz
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-Birgit Horn
(trompette+bugle)

-Frederic Ruckert
(claviers)

-Clara Gas
(violocelle)

-Marek Stefula
(triangle)

TRACKLIST

1) Am Abgrund
2) Tormento
3) Driftwood
4) Abide the Storm
5) Longhope
6) Nine Days
7) From the Embers
8) The Brook

DISCOGRAPHIE


Disillusion - Ayam



Bonjour, Disillusion, qu’est-ce donc pour vous ? Back to Times of Splendor ? Gloria ? The Liberation ? Un peu de tout à la fois ? Posez-vous bien la question avant d’aborder cette nouvelle sortie des Germains car le groupe fut protéiforme. Il s’est désormais plus figé (effet de l’âge ?) bien qu’il n’apprécie toujours pas le surplace. Et donc Ayam désormais. Pour info, je n’ai pas réussi à trouver l’origine du nom, mais sachez qu’il signifie « poulet » en indonésien.

Par-delà les frontières donc, et avec cette homophonie manifeste de « I am », Disillusion tente de retenir notre attention. Les adorateurs sont déjà captivés, le groupe ayant su se créer un fanbase extrêmement loyale. Personnellement, j’ai été perdu par la très longue attente du successeur de Gloria, et sa relative facilité à continuer dans les pas de Back to Times of Splendor. Fort heureusement le métier de chroniqueur donne à découvrir les nouveautés, et Ayam s’est ainsi trouvé sur mon chemin. Point de surprise. Sera-ce un mantra pour tout l’album ? À définir, toutefois la première écoute et les suivantes révèlent un groupe dans la droite ligne de ses précédents méfaits, exception faite de l’OVNI (regretté ?) Gloria. Le point le plus marquant est bien évidemment le chant ultra reconnaissable d’Andy Schmidt. Il est partout, il gère les attaques agressives sans jamais verser dans le growl et son chant clair apporte calme et félicité.
Le son ensuite. Jens Bogren a pris les manettes de la production et c’est une bonne chose selon le discours promo. Permettez-moi de prendre une direction légèrement différente. Certes tout est parfaitement défini et les passages calmes sont délicatement desservis tandis que les énervements (passagers) apportent leur flot de saturation bienvenue. Sauf qu’il y a un hic, vous me voyez venir. Et il est dans la droite ligne de The Liberation : lisse. Le son ne contient aucune agressivité consubstantielle. On navigue dans un death metal mélodique tout à fait gentil qui oublie totalement d’être abrasif. Back to Times of Splendor de part sa jeunesse (ou grâce à son manque de moyen ?) fournissait cet élément essentiel à un bon album de metal : la hargne. Même les passages les plus énervés, et il y en a en quantité relativement surprenante eu égard à ce qu’on pouvait craindre de la prise d’âge, ne décollent pas les tympans.
C’est dommage. Car oui, Disillusion est toujours capable de faire mal. "Am Abgrund" et "Abide the Storm" le prouvent avec brio. Alors certes la brutalité est constamment enveloppée des attirances mélodico-progressives du groupe, mais lorsqu’ils lâchent les chevaux, les cinq compères ont une puissance parfaitement destructrice toute faite d’intrication entremêlées impressionnantes. C’est d’autant plus frappant que les compositions voguent bien souvent dans une veine heavy prog calme. Et cela fait d’autant plus regretter cette sorte de conduite bloquée par le frein à main. Alors oui je vous entends grogneurs mélodieux de tout poil, vous préférez Disillusion comme ça. Chacun ses goûts, mais on parle de metal, tendance extrême tout de même. Sorti de cela, vous retrouverez le Disillusion que vous avez aimé, les curseurs maturité et propreté technique encore plus hauts. Le label appuie dans son discours sur l’aspect multi-couches de l’album, et c’est vrai. Ayam en balance énormément, et étonnamment, pas dans tous les sens. Modulo les reproches effectués, Ayam atteint un sommet de maîtrise des compositions assez formidable.


Disillusion n’est plus une machine à étonnements, c’est simplement une machine à rêve. Une machine très huilée, trop pour les métalleux en recherche de l’agressivité vitale du genre. Pour les plus calmes et progressifs de la bande, il s’agit là certainement d’une sortie à marquer d’une pierre blanche. Pour les hargneux, il y a beaucoup trop de joli ici-bas pour véritablement mériter l’acte d’achat. Choisissez votre camp.





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