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CHRONIQUE PAR ...

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Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 31 octobre 2022
Sa note : 17/20

LINE UP

-Esteban Martin
(chant+basse)

-Stéfan "Infamist" Baillot
(guitare)

-David B.
(guitare)

-Guilehm Auge
(batterie)

TRACKLIST

1) Deny The Divine Praise
2) Demonically Stigmatized
3) Masquerading As God
4) Stormblood
5) Disgraceful Lust
6) The Age Of Christic Sorrow
7) Serenity In Shades
8) Supreme Regression
9) Ancient Fear

DISCOGRAPHIE

Misgivings (2022)

Misgivings - Misgivings
(2022) - death metal - Label : Dolorem Records



Dans notre société moderne où tout va trop vite, certains savent encore prendre le temps. Patiemment, ils répètent encore et encore leurs gestes, afin de parfaire leur œuvre. Parmi ces passionnés, Misgivings semble un cas d’école. Ou comment un groupe formé il y a plus de trente ans sort enfin son premier album.

Née en 1991, la formation française n’a sorti que quatre démos et un split. Maigre butin à vous mettre sous la dent, me direz-vous. Faut-il rechercher dans les différentes activités de ses membres un début d’explication ? Car derrière ce quatuor se cache le guitariste de Ritualization, ainsi que deux membres d’Impureza. Pas un casting de jeunes premiers, donc. Et c’est le label Dolorem qui a eu le nez creux en obtenant la signature de ces messieurs, qui espèrent bien faire entendre leurs compositions, parfois anciennes, au plus grand nombre. À quoi s’attendre, alors ? À une grosse débauche de violence. Ni plus, ni moins. Misgivings œuvre dans un death metal des plus bruts qui soient.
Pas de round d’observation, "Deny The Divine Praise", vous assomme à grands coups de riffs endiablés et de rythmiques ardentes. Le ton est donné : nous ne sommes pas dans un atelier de fine dentelle. Du death, bien âpre, qui aurait tendance à évoquer de grands anciens, Angelcorpse venant rapidement à l’esprit. Les Français ne laissent aucun répit à son auditoire. Le format court, moins de trente-cinq minutes, peut s’avérer malgré tout une épreuve pour qui n’est pas préparé. Les blasts et les riffs secs sont légion, pouvant évoquer les débuts de Krisiun. Le chant est excellent, agressif, comme il se doit.
Très à l’aise dans les tempi élevés, Misgivings est capable de lever le pied et de proposer des passages plus lourds, mais ô combien efficaces, à l’instar de "Stormblood" ou de "Disgraceful Lust". L’aura diabolique qui plane au dessus des ces compositions est à rapprocher, à mon sens, également des premiers Deicide. Vous comprendrez aisément que cette dose de brutalité assumée ravira les plus exigeants. La production, claire et puissante, finit de polir ce joyau de noirceur. Inutile d’insister sur le nombre impressionnant de riffs coups de poing, qui parsèment cette ode à un art noir et violent.


Misgivings peut s’enorgueillir d’avoir offert un témoignage de leur amour pour la musique brutale, puissante et racée, comme on en trouvait dans les années 1990. Sans jamais s’adoucir, les Français réussissent le tour de force d’éructer leur haine avec une classe indéniable. Bravo à eux ! N’hésitez pas à soutenir à sa juste valeur ce grand disque de 2022.





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