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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 04 novembre 2022
Sa note : 16/20

LINE UP

-G
(chant+guitare+basse+claviers)

-Patrick Murphy
(batterie)

TRACKLIST

1) The Fifty Second Murderer
2) Traces of Hubris
3) A Thousand Lonely Spiders
4) The Hermit
5) Labyrinth of Hallways
6) Flies in the Trap
7) Hiroshima Mon Amour
8) Invisible Light

DISCOGRAPHIE


Spider God - Fly in the Trap
(2022) - black metal fou - Label : Relapse Records



« A concept album that explores the chilling mystery of Elisa Lam, the young Chinese-Canadian woman whose body was found submerged in the rooftop water tank of her LA hotel in 2013. » C’est inhabituellement par une citation que j’introduis cet album à vos esprits embrumés. Ok, il y a de la réflexion derrière cette livraison, et c’est d’autant plus intriguant à la lumière du nom dudit album, Fly in the Trap, et celui nom du groupe, Spider God. Intriguant et dodécacomaniaque. Impression renforcée par la sublime pochette. Hypnotique.

Dès le départ les Anglais mettent le pied à côté des chemins de la bien-pensance noire. Le riff initial de "Fifty Second Murderer", les sons de claviers sont autant de décharges dans la fourmilière. Et elle prend cher. Car le duo fou (est-ce seulement véritablement un duo, les informations disponibles étant bien maigres ?) appuie sur le champignon pour ne pas vous laisser le temps de vous accrocher à quoique ce soit de facile. Ils conservent heureusement leurs attaches dans le black metal mélodique, il n’y a pas de tergiversation à ce niveau. Et c’est d’ailleurs assez perturbant de prime abord, car on se retrouve avec une création franchement différente, tout en étant clairement dans les sentiers battus d’un style qu’on identifie aisément. Sauf que le fameux pas de côté qui est fait brouille toutes les cartes.
Relapse a fait une sacrée pioche que voilà. Et l’Angleterre renouvelle le genre avec brio. Pouvant rappeler des Solefald, des Code, Spider God se la joue toutefois solo lorsqu’il s’agit de se définir. On reconnaît le milieu où les compositions traînent, sans mettre un goût clairement connu. Et c’est tant mieux pour nos cerveaux trop souvent dans leur zone de confort. Il est écrit que vous devrez fournir un effort intellectuel d’adaptation avant de pénétrer plus avant le monde de l’Araignée déesse. Insertion facilitée par les mélodies déjà évoquées, pièces maîtresses de l’édifice. Et cette proximité conservée avec le genre parent. Car le chant est craché à votre face, cela ne fait aucun doute. Tout comme les guitares frigorifiques vous entraînent dans les tourments des morsures du gel. Enfin la batterie s’abandonne aisément dans les blasts.
Toutes ces pierres bâtissent un monde délectable pour l’aventurier amoureux de black metal. Il est tout à fait probable (et souhaité ?) que les âmes étrangères au genre s’étonnent à apprécier ces concoctions très savamment composées. Car au-delà de l’étrangeté première, force est d’admettre la fabuleuse tenue des riffs sortis des esprits déviants nous faisant face. Tout comme les audaces des claviers se rangent dans la catégorie « osé, mais réussi ». Votre imaginaire n’a plus qu’à se laisser transporter sur les rivages ainsi dépeints par une musique finalement pas si éloignée que cela de l’impressionnisme. Cette force pourra se révéler sa propre faiblesse comme il est coutumier d’écrire. Effectivement, la toile tissée, dans sa particularité, peut laisser sur le carreau. C’est tout le piment des groupes à forte personnalité.


Nous avons le droit, voire le devoir, de haïr les Anglais. Les exceptions sont autorisées cependant. Et Spider God en est une puissante. Le genre de musique improbable typiquement sortie de nos meilleurs ennemis. Pourrait-on leur en demander plus ? De folie probablement, mais en l’état, on va déjà se contenter du plat servi. Et dire que leur premier album était déjà un OVNI de reprises pop…





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