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CHRONIQUE PAR ...

42
Wotan
Cette chronique a été mise en ligne le 01 septembre 2022
Sa note : 12/20

LINE UP

-Nre
(tout)

Ont participé à l'enregistrement :

-JJ Flames
(chant sur 1)

-Linds Bestwicke
(chant sur 4)

TRACKLIST

1) Every Day Another Piece of Me Is Removed
2) Monochrome Visions of What Life Used to Be
3) In Darkness, Light Candles So the Demons Can Find Me
4) Winter's Elegy Part II
5) The Miserable Grip of Comfort
6) There Is No Laughter Here
7) L'appel du vide
8) Street Spirit (Fade Out)

DISCOGRAPHIE

Epitath (2022)

(2022) - black metal - Label : Clobber Records



Quelquefois la raison pour laquelle un chroniqueur choisit un album promotionnel à chroniquer est obscure. Par exemple, Winter choisit Vintersea après avoir vu le compte Instagram de la chanteuse [ndlr : c'est faux]. Dick choisit en fonction du grain noir et blanc des photos promos [ndlr : c'est vrai]. Et moi ? Et bien la seule raison pour laquelle j’ai choisi de chroniquer Epitath est que le nom du groupe me plaît, il me fait penser à Twin Peaks. Et un groupe qui m'évoque Twin Peaks spontanément ne peut être mauvais.

And Now the Owls are Smiling est le projet solo de Nre, qui est aussi le seul membre de Margaret Read. Epitaph, le bien nommé, sera le dernier album de ce projet, Nre passant probablement à autre chose. Dernier album qui sent bon la dépression et la tristesse, normal cela dit pour le genre. Les titres des chansons ne laissent aucun doute. En effet, comme le nom pouvait le laisser présager, And Now the Owls are Smiling joue du blackgaze, ce mélange de black metal et de shoegaze très populaire depuis environ quinze ans. Sur cette couche de base s'ajoute du depressive black metal. Donc oui, ça ne va pas être joyeux, cela sent même la corde nouée et les kleenex. Beaucoup de compositions sont du même tonneau : une rythmique rapide avec une guitare jouant une nappe continue sans riffs, sans que l’on puisse différencier les deux. Encore une fois, classique pour le genre. Et tout aussi classique est le chant au fond du tonneau, comme si Nre s'était enregistré dans la pièce adjacente de celle où le microphone était placé. Et les limites fondamentales de ce disque apparaissent assez vite; c’est un album de blackgaze de plus.

Ce qui veut dire répétitif, avec des titres paraissant plus longs qu’ils ne le sont vraiment. “Every Day Another Piece of me is Removed” est exemplaire de ce point de vue, sans compter les spoken words très dispensables. Cependant, comme souvent, c’est quand Nre s'éloigne du metal que le propos devient intéressant, sur la seconde moitié de l’album. Cela comment par “Winter’s Elegy Part II”, un court moment folk avec du chant féminin, qui brise la monotonie et aère l’ensemble. “The Miserable Grip of Comfort” prend son inspiration du côté de Agalloch ou du Ulver de 1994 : guitare sèche et folk agrémentent le morceau. Puis vient “There is No Laughter Here”, qui utilise la répétition ad nauseam d’une petite ritournelle, de type musique de fête foraine (en contraste avec le titre), pour produire une ambiance triste. Triste parce que ancrée dans le réel et ne se basant pas sur un metal archi revu. Conclure par une reprise de Radiohead est un pari osé. Mais pari loupé car Nre transforme un beau titre de rock alternatif en un énième morceau de blackgaze. S’engager sur les voies légèrement plus expérimentales des titres précédents aurait été sage.

Nouvel album de blackgaze et de black metal dépressif, Epitaph reprend les poncifs du genre, avec en plus quelques parties moins metal et plus intéressantes. Les fans du genre seront probablement comblés, les autres passeront leur chemin sans la sensation de manquer quelque chose.



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