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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 01 septembre 2022
Sa note : 16/20

LINE UP

-Michael George "Mike"Browning
(chant+batterie)

-Michael "Mike" Davis
(guitare)

-Sean McNenney
(guitare)

-Louis Panzer
(claviers)

-Jeffrey "Jeff" Estes
(basse)

A participé à l'enregistrement :

-Barney Kamalani "Kam" Lee
(chœurs)

TRACKLIST

1) Lake of Fire
2) Standing in Blood
3) Visions From Beyond the Gates
4) Neolithic
5) BC/AD
6) Andromeda Strain 
7) Droid Sector
8) Destroying the Manger
9) Empire of the Sands

DISCOGRAPHIE

The Key (1990)
Thresholds (1992)

Nocturnus - The Key
(1990) - death metal - Label : Earache Records



Dans le monde du metal des années quatre-vingt, l’un des grands sujets ayant agité la presse spécialisée, les fans, les groupes, tous les chevelus du monde entier, c’était les claviers. Admis, voire appréciés, par les tenants d’un hard-rock ou heavy metal mélodique -« Mélodique ? Commercial, oui ! » répondaient leurs détracteurs -, ils étaient proscrits par tous les défenseurs d’une vision plus radicale ou « authentique » (lol) de notre style préféré. La haine des synthés fédérait même ses ennemis, que l’on trouvait en abondance dans le hard-rock, le « true » metal ou le thrash/speed. Et même dans les genres balbutiants qu’étaient le black et le death metal.

Et surprise, c’est de ce dernier genre, pourtant censé être le plus extrême de l’époque, que viendra le changement. À la naissance de la nouvelle décennie, cinq fous/traîtres/vendus, originaires de Tampa (forcément, vu qu’on parle du death metal des origines), font une chose dingue. Ils sortent The Key, premier album de death avec des vrais morceaux de claviers dedans. Du vrai synthé. Dans tous les titres. Pas les très discrètes nappes de claviers du "Chapel of Ghouls" de Morbid Angel, même si elles constituaient peut-être un signe avant-coureur que la révolution viendrait de là où personne ne l’attendait. Louis Panzer n'égale peut-être pas le niveau de Jon Lord, mais il se charge plutôt bien de sa mission. Il nous gratifie même d’une ébauche de solo sur "Andromeda Strain". Le premier album de Nocturnus doit-il être uniquement reconnu pour son aspect pionnier ? Non, même s'il présente un certain nombre de défauts. L’ensemble sonne un peu cheap de nos jours. Les compos ont un côté haché, essentiellement dû au fait que l’ex-Morbid Angel, justement, Mike Browning synchronise totalement son jeu de batterie et son chant.
Certains riffs sont trop tarabiscotés et l’on perd le film par moments. Bref, l’album n’est pas parfait. Mais plusieurs éléments en font une œuvre tout de même délectable. D’abord, si les claviers sont présents, les guitares sont également de sortie et n’hésitent pas à s’exprimer librement. Ensuite, certains titres sont tout bonnement excellents, au moins aux oreilles des vieux amateurs de death old-school. "Standing in Blood", hargneux, laisse le champ libre aux guitares. Plus pesant et menaçant, "BC/AD" fait également partie des bons moments de l’album, tout comme l’initial "Lake of Fire" où les accords plaqués par Louis, une fois passée l’intro, hérissèrent le poil à ceux qui purent découvrir le LP à sa sortie, sous l’effet de la surprise et du sentiment que oui, les claviers pouvaient s’avérer un précieux ingrédient dans la construction d’une ambiance. L’ambiance : c’est peut-être la meilleure qualité de cet album, inégal par ailleurs. Les synthés contribuent considérablement à plonger l’auditeur dans un monde d’horror science fiction, sombre, poisseux et méchamment robotique, donc. The Key s’avère ainsi décisif dans l’évolution du metal extrême et l’abattement des cloisons.

Pionniers et visionnaires. Ni plus ni moins. The Key n’est pas l’album ultime de death metal « à ambiance », il est simplement le premier. Parfois brouillon, un peu cheap pour de jeunes oreilles, le premier Nocturnus séduit cependant par son bouillonnement perpétuel et son atmosphère particulière. Grâce à la formation floridienne, une porte s’est ouverte. Une multitude de suiveurs ont profité de la nouvelle voie. Merci à Mike et sa bande.



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