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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 01 août 2022
Sa note : 15/20

LINE UP

-Xavier "Xavi" Fontanet
(chant)

-Vali
(chant)

-Dani
(guitare)

-Benjamin Quintanilla de la C
(guitare+basse)

-Alex
(batterie)

A participé à l'enregistrement :

-Gerard Porqueres Roma
(guitare sur 6 et 9)

TRACKLIST

1) Cavalcant L’ossa Menor
2) Tot Crema
3) L’engany
4) El Pes Del Buit
5) L’abraçada Del Desti
6) L’home En El Laberint
7) La Rèmora
8) El Rival Més Fort
9) Lluna Negra

DISCOGRAPHIE


Ósserp - Els nous cants de la Sibil-la



Les plus fins limiers d’entre vous l’auront bien vite deviné, nous voici en présence d’un groupe congolais. Enfin nord Congo. Bref Catalogne. Cela peut-il se révéler d’un quelconque intérêt musical ? Probablement pas car le metal n’a jamais affiché une appétence forte pour le folklore catalan (selon mes sources). Et l’Espagne n’étant pas une place forte du metal, difficile d’en déduire une orientation claire.

Ne vous fatiguez pas : death grind. Ósserp (osef ?) ne fait pas dans la dentelle et goûte excessivement peu la demi-mesure. L’album s’ouvre de manière bien vindicative sans choix aucun donner, blast toutes. Point de mise en garde ou de montée progressive ici-bas, ces termes font d’ailleurs bien rire ces monstres derrière leurs instruments. Aucun intérêt à prendre des pincettes pour brosser dans le sens du poil des épidermes destinés à la sauvagerie instantanée, cibles privilégiées de saccages organisés. Organisée ? La musique d’une troupe de death/grind pourrait-elle être organisée ? Non, évidemment, non. Sauf que. La nuance existe et la perception d’un plan musical… oui, se dévoile. Lavons l’affront sans attendre, l’objectif est la musique. Que ne soit pas écrit d’un groupe de grind qu’il facilite l’écoute.
Pourtant "L’engany" comporte un magnifique riff mélodique apte à faire vibrer la fibre douce en vous, tandis que le début pesant de "El Pes Del Buit" ravira les amateurs de death ultra caverneux. Du death/grind loin d’être si ras-du-front que ne l’annonçait un début sans nuance. Et une bonne nouvelle, sachons mettre de côté l’ultra ours en nous qui veut impressionner son voisin. Contre toute attente nous nous retrouvons dès lors face à un album varié. Plus varié que beaucoup de ses congénères et même toute une frange du death metal au sens large. La diversité des rythmes, des chants, la modulation dans les attaques et même l’existence des mélodies donnent du crédit au quintet. Plus fin qu’il n’y paraît.
Du grind, Ósserp en retire la brutalité animale ainsi que le chant plus ouvert au monde du hardcore. Du death, il en reprend évidemment les riffs et sa deuxième face vocale. Si les influences sont à chercher, elles restent ancrées plutôt du côté de l’Amérique. Même si on ne retrouve pas les velléités horrifico-gore de l’Outre-Atlantique, les riffs par leur volonté de traîner ne sont pas sans rappeler un Cattle Decapitation. C’est donc un label de qualité qui s’appose sur les compositions catalanes. De plus, contrairement à une croyance benoite, les chansons naviguent systématiquement autour de la barre des quatre minutes. Pas très grind tout cela. Et en fait parfaitement cohérent avec la manière dont Ósserp infuse abondamment sa musique de subtilités.


Globalement riche, fermement arrimé à son monde extrême, Els nous cants de la Sibil-la livre une cargaison de choix pour quiconque est avide de brutalité. Peu encline au compromis, la troupe s’assure les bonnes grâces de St Death par la pertinence de ses choix rythmiques, loin d’être binaires. Un troisième effort de choix, dont la place dans les tops brutaux semble assurée.





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