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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 01 juin 2022
Sa note : 13/20

LINE UP

-Zach Jeter
(chant)

-Mike Alexander
(guitare)

-Anthony Ridout
(basse)

-Janne Jesper Jaloma
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-Julia Elenoir
(chant)

-Daniel Herrera
(guitare)

-Dallas Toler-Wade
(guitare sur 8)

TRACKLIST

1) Para Mortem
2) Through Gates of Fire
3) Seven Legions
4) Indignitas
5) Echoes of Slain Kings
6) Per Silentium Noctis
7) Under Shadows of Giants
8) Burning Crucifixions in the Garden of Nero
9) Blood on Seas of Black
10) Forged in Treachery

DISCOGRAPHIE


Imperium - Ex Mortis Gloria



Histoire, celle avec un grand H comme dans Hawaï. Voilà ce qui intéresse les énergumènes anglois de Imperium. Et pour nous conter leur savoir biblique, ils comptent (relevez-vous, vous au fond qui avez défailli de cette attaque calembouresque sournoise) sur leurs instruments, leur doigté raffiné et les mots persans. Ah non, il s’agit de latin. En voilà un programme chargé. Ah oui, de doigté raffiné, il s’agit de death tendance brutale.

Ex Mortis Gloria va jouer sur deux tableaux. Le premier, le plus présent, du death metal instrumentalement maîtrisé et diversifié, quoique régulièrement bloqué sur une vitesse proche de l’excès. Le deuxième, les fameuses incartades historiques qui dans leur cas vont prendre forme de mélodies orientales ou latines d’époque romaine. Car non content de dérouler le fil de l’histoire romaine via ses paroles, Imperium a intelligemment incorporé des éléments musicaux qui font entrer de plein pied dans leur monde. C’est évidemment une démarche qui ne peut qu’être saluée. Quitte à plonger dans une période de l’Histoire, autant que cela soit crédible, et audible. On parle musique tout de même. N’attendez cependant pas du folklore, le propos n’est pas à ce point déterminé par le sujet. C’est probablement pour le mieux tant il faut savoir danser sur un fragile équilibre dans ces situations.
Pour Ex Mortis Gloria, les apparitions sont des touches, des apartés de douceur dans un monde brutal et sans concession. Parlant brutalité, celle-ci est livrée sur un plateau joliment ornementé. Les riffs sont savamment composés, perlés de notes multiples tandis que les soli présents en nombre fort confortable bénéficient de cet apport technique pour sonner distincts les uns des autres et bien souvent pertinents. Tout ce maelstrom engloutit littéralement la basse qui n’a pas sa partition à dire malheureusement (sauf cette accalmie sur "Per Silentium Noctis"), masquée qu’elle est par les guitares et une batterie qui ne s’arrête véritablement jamais. Longs blasts, roulements de double pédale, descentes de toms, à vrai dire elle coche toutes les cases du brutal death. Fort heureusement les plages de repos existent et autorisent à qualifier Imperium de troupe death à tendance brutale plutôt que purement brutal death. Subtil non ?
Et qui dit death plutôt brutal, aisance technique et sonorités orientales dit ? Oui, Nile bien sûr ! Ne nous mentons pas, la comparaison est pertinente bien qu’incomplète. Certains passages donnent évidemment à penser à la troupe floridienne désormais tellement établie sur la scène, pourtant impossible de réduire Imperium à cette seule influence. Car le groupe a un caractère indubitablement plus moderne. Moderne dans le sens ou ses riffs hystériques peuvent rappeler les groupes ultra techniques et limite assourdissants comme les Japonais fous de Desecravity et les phrasés saccadés du chant les font tutoyer du Archspire sans en englober la vitesse écrasante. Néanmoins soyez rassurés petites gens, Imperium est loin de ces excès de vitesse et sait proposer des moments plus emplis de lourdeur pour se rapprocher de groupes plus typiquement death.


Au moment de conclure, que penser de cette solide livraison ? La réponse est dans la question, solide. Et même homogène. Ex Mortis Gloria ne remet pas en cause le genre mais il apporte une pierre intéressante à l’édifice. Au vu des capacités du groupe on peut lui demander d’être plus virevoltant tout en s’écartant d’une production trop aseptisée. En l’état nous faisons face à un bon album, à même de ravir les amateurs de brutalités raffinées.





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