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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 01 juin 2022
Sa note : 12/20

LINE UP

-Anal Capone
(chant)

-Alexandre "Necronembourg" Vankersbilck
(guitare+chant)

-Merdic
(guitare)

-Olivier "Albatard" Nourry
(basse)

-Gilles "Godemichel" Delecroix
(batterie)

TRACKLIST

1) Fast Gays of Humanity
2) L’enfer des zombites
3) Mon siamois maléfique
4) Lady Boy
5) Finger in Anus
6) Intermerde 1
7) Unholy Horses of Evil
8) Sperm Smoker
9) J’ai été livré par DPD
10) Le monster des zizis
11) To Ride, Shoot Sperm and Drink the Juice
12) Intermerde 2
13) Individual Thought Paté
14) Sperm Holocaust
15) Regarde les homme sucer
16) De Mysterfriize Pomme Bananas

DISCOGRAPHIE


Gronibard - Regarde les hommes sucer
(2022) - grindcore - Label : Season Of Mist



« Dis Charles, tu saurais quoi dire sur Gronibard ? » Ainsi apostrophe l’ingénu chroniqueur face au nouvel album des facétieux Français. Ce à quoi son cultivé ami répond : « Chais pas… putain, ça doit faire mille ans que j’en ai pas pris. J’crois que je sais même plus faire de bulle. Pourquoi ? » Atterré, son ami s’enferme alors dans un mutique « Non putain, lâche l’affaire… »

Non mais sérieux, on parle quoi en chroniquant Gronibard ? Tu rappelles leur pass(if)é ? Oui ok, porno grind, « Ma soeur a vu passer plus de queues que les caissières d'Auchan », déconne. Mais fondamentalement, la métaphysique l’emporte. Sortent les grandes interrogations de l’existence. La futilité de notre être et la qualité du surmoi. Tu parles de musique quand tu évoques Gronibard ? Bien sûr que non, le plus important est la connerie. Pour savoir si un album des Nordistes est bon, il faut connaitre notre niveau de rire. Faut pas péter plus loin que ça. Car le groupe le maléfice musical puise sa raison d’être dans cette absolution de l’âme, la sainte absolution. Tel un stand-upeur, Gronibard s’affiche à la gorge déployée de son auditoire. Dès lors, « me fends-je la nouille ? » devient la question pivote (ou poivrote).
À s’en référer aux titres des chansons, on sent une baisse d’inspiration perceptible puisque rien ne vaut un "Va faire la vaisselle". Pourtant "Fast Gays of Humanity", "Individual Thought Pâté" ça vaut son pesant de cacahuète. Quoi ? Je me la pète ? Non, c’est toi qui proutes. Tu la ramènes moins comme ça. Donc oui, on s’éclate à l’écoute de Regarde les hommes sucer (mais qui diable donc est-il bien singé ?). On apprécie même la culture metal des énergumènes, bien qu'on reste dans des références centrales du genre, ça tape un peu partout dans l’extrême et le jeu de mots fait sourire. Et puis "Unholy Horses of Evil"Unholy avec son commentateur hippique, c’est de l’expérience à vivre. Après vingt ans et seulement trois albums, on se posait la question légitime d’où allait cuver des mecs de quarante balais désormais dans un genre désobligeant et profondément adolescent. Et on repense à American Pie, c’est bien fait par des quarantenaires. Donc le porno grind aussi pourquoi pas.
Le concept de l’album tourne autour du sperme. Ce qui signifie à tous nos lecteurs à l’approche de la quarantaine qu’il y a encore une vie après la mort. Merci Gronibard. Musicalement, Gronibard l’est justement plus. Le son s’est épaissi, les guitares sont maîtrisées et la batterie est carrée. Montée en gamme. Descente d’organes. Plus sérieux instrumentalement, moins foutraques également. Qualitativement bien qu’on se dégorge avec aisance, notre cœur balance. Cette musicalité développée va dans le bon sens sauf que. Connerie, ribauderie, beauferie. Merde ! On s’en foutrait presque de la musique. Rapellez-vous, stand-upeur. Donc non, mûrir n’est pas grandir. Ce que nous oreilles apprécient plus grandement, notre cerveau le reprocherait. On reveut du sans queue (ironique vu la thématique des paroles) ni tête assumé jusqu’au bout. Le foutoir et la débauche. Difficile de faire avaler (sans liquide séminal) à vous érudits mélomanes une assertion pareille. Peut-être. Pourquoi pas. Pourtant.


Ouais, je l’avoue sans détour ni honte, ce que j’attends le plus dans Regarde les hommes sucer, ce sont les longs discours et les énormes bouffonnades. Je m’en carre le fion des compositions. Elles sont bonnes et solides, mais pitié, plus de discours ! En somme, plus de bite.





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