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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 01 juin 2022
Sa note : 15/20

LINE UP

-Arne "A." Uekert
(chant+guitare+basse)

-N.
(batterie+percussions)

TRACKLIST

1) Tara of the Cremation Grounds
2) Alchemical Symbolism
3) Vintage Filth Merchants (Yaşlı Pislik Tacirleri)
4) Moonbeam Trails
5) Rat Saliva
6) Brought up by the Moon

DISCOGRAPHIE


Vamacara - Cosmic Fires: The Enlightenment Reversed
(2022) - rock black metal - Label : MDD records



Moment culture personnelle : Vāmācāra a une signification et celle-ci est « Le chemin de la main gauche » en sanskrit. « Left Hand Path » en bon anglais, cela devrait résonner dans les têtes de quelques uns. Un nom sanskrit, indication d’un groupe qui veut aller vers des allégories plus spirituelles que la moyenne du metal. En complément, la musique se décrit comme le croisement d’un rock psychédélique des années soixante-dix et de black metal, doom et stoner. Rien que ça. Et cohérent dans son ensemble.

Black metal, s’il fallait choisir un genre dominant, le voici. Le chant très majoritairement raclé, les guitares froides, proches de la stridence par moments, indubitablement on se pourlèche de ces caractéristiques. Pourtant la fiche promo n’est pas trompeuse car nombreuses sont les incartades. Psychédélique, Vāmācāra l’est assurément - comment expliquer autrement ces sonorités absconses qui parsèment toutes les compositions ? Doom moins déjà, les passages lents existent, mais l’esprit doom ne règne pas ici. Et stoner, si on se réfère aux errances rock garage en vagabondage régulier, oui pourquoi pas. Toutefois sachez que pour apprécier une telle sortie, il vous faudra un beau socle extrême étant donné la présence récurrente de blasts. Pas trop appuyés, mais réels. Reste que la caractéristique principale du son des Allemands réside bien dans ses tutoiements de brillance qui ne sont pas sans rappeler une lichette de Ved Buens Ende ou Virus (on en retrouve une partie de la flamboyance instrumentale), la suite logique du groupe. Virus d’ailleurs qui ferait office d’inspiration bien que les cousins germains ne jouent pas véritablement dans la même cour, moins délurés, moins techniques.
Une cour qu’ils bâtissent à grands coups de personnalité marquée. Les pavés dans la mare sont nombreux puisque chaque chanson happe l’esprit. On sent ces effluves éthérées vantées par le duo, les fragrances qui poussent une musique bien qu’extrême et donc plutôt black metal vers des contrées psychédéliques rafraîchissantes dans un monde metal qui souvent s’en tient à la tradition occidentale. Personnalité, et originalité puisque les idées différentes ne manquent pas. Situation d’autant plus remarquable qu’aucun instrument exotique ne fait son apparition alors que cela aurait été si logique et… oui, facile. Vāmācāra avec ses excessivement classiques guitares, basse et batterie parvient à créer un monde un poil au-dessus du metal, plus près des cieux. C’est rendu possible grâce à des compositions différentes, ce son de guitare très particulier et également une basse prenant sa part du lion dans le mix. Ajoutez un jeu constant sur les rythmes qui se succèdent sans se ressembler. La mixture globale sonne alors tout à fait unique. Peut-être pourra-t-on reprocher au groupe de se concentrer sur un style somme toute très homogène malgré sa richesse et sa personnalité. Mais c’est également via celle-ci que les amis de l’outre-monde affirment à l’auditeur leur caractère, leurs qualités.


Cosmic Fires : The Enlightment Reversed est un album qui a des choses à dire et les dit foutrement bien si vous voulez tout savoir. En marge de la production metal tout en y restant fermement ancrée, ses trente-deux minutes passent comme du petit lait. Tellement qu’on en regrette la chiche durée. Un peu d’effort pour la seconde livraison s’il vous plaît messieurs, on en voudrait plus !





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