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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 01 juin 2022
Sa note : 17/20

LINE UP

-Saad Latif
(chant)

-Shahab Khan
(guitare)

-Afraz Mamoon
(guitare)

-Waqar Ghayas
(basse)

-Adhitya Perkasa
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-Nicholas Vahdias
(chant sur "Carbon Plague")

-Aissam El Hassani
(chant sur "Carbon Plague")

-Bobby Koelble
(guitare sur "When Worlds Collide")

-Philippe Tougas
(guitare sur "The Infernal Citadel")

TRACKLIST

1) Pandemonium Twilight
2) Carbon Plague
3) A Hollow Pact
4) Preachers of Hate
5) When Worlds Collide
6) The Infernal Citadel
7) Trophies of Flesh
8) The Empty Throne (Decapitated cover)
9) B.l.o.o.d.b.o.r.n.

DISCOGRAPHIE


Azaab - Summoning the Cataclysm



L’Homme est bien peu de chose. Une accumulation de sensations. La somme de ses désirs. La croyance de sa réalité. Alors chroniqueur, imaginez donc. Un frétillement à la lecture d’un nom, Azaab, des projections à l’évocation d’une origine géographique, le Pakistan, et un intense espoir à la lecture du genre : death metal.

Sans aucun doute, voilà le renouveau de death metal oriental. Tout du moins, à défaut de renouvellement, une bouffée de rythmiques si particulières de cet espace culturel au passé d’une richesse palpable. Qu’imaginais-je donc entendre ? Un Nile local ou du Narjahanam ? Plein la tête oui. C’est ce qui vous arrivera, vous en prendrez plein la gueule mais de tout ceci, que nenni. La gamme tonale arabo-indienne n’est absolument pas présente. À la place, vous mangez de plein fouet un death metal ultra puissant, brutal et parfaitement carré. Une réminiscence éblouissante de Decapitated pour tout écrire. Preuve en est cette reprise de "The Empty Throne" totalement à la hauteur de la référence. Car le groupe est assez monstrueux de précision dans sa violence, de hargne canalisée et d’envolées solitaires par les guitares. On se surprendrait à résumer Summoning the Cataclysm comme du guitar porn. Pour extrémistes avertis.
Impossible de nier la violence du propos, Azaab ne laisse jamais la place au doute dans son death metal brutal fortement imprégné de la scène polonaise. À tel point que sans indication préalable, il est impossible de deviner avoir à faire à un groupe pakistanais tant rien ne perce à travers l’épaisse couche nuageuse des riffs implacables constamment déversés dans nos cages à miel. Mange, digère, régurgite. Cet assaut constant ne masque toutefois pas la virtuosité des musiciens, et particulièrement des guitaristes foncièrement mis à l’honneur. La partie rythmique n'est toutefois franchement pas manchote. Les riffs deviennent dès lors un enchaînement dantesque d’accords enfilés telles des perles nacrées sur le collier de votre entendement. Pour mieux vous enserrer dans un maelstrom savamment orchestré. Seule l’intro finalement daigne accorder une once de douceur acoustique accompagnée de claviers emphatiques. Profitez bien de cette respiration. Ce sera la seule.
L’étouffement n’est pourtant pas la porte de sortie. Celle-ci s’ouvre par la lumière crue de la qualité des compositions, à un niveau gargantuesque le long des moins de quarante minutes qui défilent à toute berzingue. Chaos. K.O. Les Pakistanais affichent une maestria doublement détonante. D’une part, leur pays d’origine pas franchement à l’avant-front de la scène metal mondiale, bien malin celui qui pourrait en citer un grand nom. D’autre part vis-à-vis de leur jeunesse : il s’agit de leur premier putain d’album. Premier album ! Matez cette phrase et écoutez leur brûlot. Quelques dents vont tomber. Pour l’ensemble de l’audience du death, accueillez la réjouissance à la hauteur de sa déflagration. Oh bien sûr, n’en attendez pas une révolution de palais, Summoning the Cataclysm demeure fondamentalement classique. Par contre, un aboutissement de quarante années d’évolution, ça oui. Oh foutre dieu, ça fait du bien tant ça fait mal.


Fans en manque de Decapitated, celui des débuts, marquez cette sortie d’une pierre blanche, vous allez en prendre plein les oreilles. Des musiciens top niveau, une inspiration cinq étoiles, assurément une sortie majeure de l’année. Priez pour que ce ne soit que le début d’une longue domination.





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