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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 01 juin 2022
Sa note : 10/20

LINE UP

-Jonas "Boötes" Müller
(chant)

-Arcturus
(guitare)

-Corvus
(guitare)

-Cygnus
(basse)

-Sagittarius
(batterie)

TRACKLIST

1) Yule
2) Imbolc
3) Ostara
4) Beltane
5) Litha
6) Lughnasadh
7) Mabon, Samhain

DISCOGRAPHIE

C.O.L.D. (2022)

Boötes Void - C.O.L.D.
(2022) - black metal - Label : Independent



Boötes… Cela n’éveille-t-il rien en vous ? Arcturus, Cygnus, Sagittarius ? Non, toujours pas ? Le vide, l’espace. L’univers. Le vide de Boötes est une région de... vide aigu dans l’Univers. Des millions d’années-lumière à la merci du néant. Des étoiles ensuite. Vous commencez à percevoir le délire des Allemands ?

Circle Of Life and Death, C.O.L.D., vous vous sentez doublement plus cultivés désormais. Des Germains adeptes des tréfonds de l’Univers, métaphysiciens en herbe sur le cycle de la vie et de la mort, voici un programme copieux en annonce. Jetez un coup d’œil aux titres des chansons et vous aurez confirmation de l’orientation parolière de Boötes Void. Rien qui ne sorte foncièrement de l’ordinaire, pourtant dans le monde du black metal rares sont ceux qui s’aventurent sur les terrains des astres et du Tout qui nous baigne. Accordons-leur donc le bénéfice de l’originalité à ce niveau. Profitez, car musicalement ce qui suit est tout à fait convenu. Alors nein, point de black metal froid et rugueux à la Infestus, Klamm ou Lantlôs à ses débuts. Le courant préférentiel de cette nouvelle horde fortement peuplée, pas moins de cinq membres la composent, est bel et bien le mid tempo mélodique.
Black mélo mid tempo ? Oui, je vous vois verser vos premières larmes, fieffés amateurs irréductibles irascibles. Alors partez. Venez plutôt vous abriter derrière la première lame, vous qui aspirez à l’extrême, pour qui le black metal dans sa vision la plus passéiste et nihiliste manque d’atours. Car les mélodies constantes vous charrieront de long en large sur toute la durée de l’album. On se fait caser du blast évidemment, car que serait un bon album de black sans ses blasts ? Oui, rien, nous sommes d’accord. Toutefois, n’attendez pas de blasts écrasants, tout comme ils ne sont nullement accompagnés de riffs agressifs, prêts à vous égorger à la moindre baisse de tension. Pas de beau ou lumineux cependant, seule cette sensation diffuse de vouloir caresser le tympan. Et par là-même proposer un art noir facétieux dans son accessibilité. Le chant éructant sera la principale (unique ?) source de disgrâce, il n'est d'ailleurs pas spécialement marquant, pour les plus réticents mais suffisamment curieux.
Le reste est un océan de riffs agréables, de chansons qui s’enchaînent à un bon rythme et l’absence de temps mort voudrait nous faire croire à une négation de l’ennui. Pas faux. Évidemment vous m’avez vu à quarante kilomètres avec mes gros sabots. Cette abondance de simplification ne milite pas pour une musique destinée à marquer les âges. C.O.L.D. est une sortie qui sans être inoffensive n’apporte pas la rugosité nécessaire pour percer notre esprit. On apprécie ce qu’on écoute, sauf qu’on se limite à l’appréciation polie, bougonnant contre ce manque de corrosion ou d’explosion qui nous ferait entrer pleinement dans un monde bouillonnant. Les idées ne manquent pas puisque chaque composition s’évite une redite infamante, pourtant les oreilles expertes que nous représentons s’agacent de cette facilité trop mise en avant.


Premier essai sympathique qui ne décrochera aucun laurier sur les basses terres éternelles. Le vieux con que je suis ne peut se laisser emberlificoter dans une succession de riffs seulement agréables. La surprise, le dépassement du simple plaisir d’écoute manque ici. Saluons de solides dispositions à trouver des mélodies et lamentons-nous donc du reste.





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