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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 01 juin 2022
Sa note : 14/20

LINE UP

-Marlee Ryley
(chant)

-Colin Ryley
(guitare)

-David Kupisz
(guitare)

-Scott DeGruyter
(basse)

-Gord Alexander
(batterie)

TRACKLIST

1) Hypnagogia
2) Intoxication Therapy
3) Experiment 77
4) Severed
5) Prisoner of the Mind
6) Terror Serum
7) Whitecoat
8) Silhouettes of Horror
9) Operation Midnight
10) Pleonexia
11) Gimme Gimme Gimme (ABBA cover)

DISCOGRAPHIE


Hyperia - Silhouettes of Horror
(2022) - death metal thrash metal - Label : Independent



Pas nouveaux venus car déjà détenteurs d’un album et d’un EP initial, Hyperia n’en reste pas moins un petit nouveau de la scène extrême canadienne. Leur spécificité ? Une femme au poste de hurleuse en chef, bien que cela ne saurait être un vrai élément discriminant en 2022. Officiant dans une veine thrash très énervée nappée de death, le quatuor a de la hargne à revendre.

Vous aimez le Carcass période Heartwork ? Pour vous le thrash n’est pas meilleur que lorsqu’il tabasse sévèrement ? Alors penchez-vous sur cet effort des amis d'Hyperia. Riffs envoyés à toute berzingue, chant hurlé mêlé à des incartades nombreuses dans le clair agressif voire le screaming et batterie en permanence énergique, le groupe s’adresse indubitablement à nous amateurs de metal véloce, parfois violent et toujours porteur d’une dynamique sans faille. Les soli à l’ancienne ne sont pas oubliés pour parsemer chacune des chansons de ces mélodies distinctes chatoyantes. Les Canadiens ne veulent clairement pas bousculer l’ordre établi. Cependant, ils n’oublient pas de se débattre dans un maelstrom moderne sur un socle mélodique fort présent à la lisière du thrash et du death mélo.
Ainsi s’autorisent-ils des incursions dans le blast beat, amenées systématiquement avec un naturel profond, loin d’appartenir au gimmick censé valider la méchanceté consubstantielle de la troupe. Pourtant, ce qui distingue à mes oreilles de vieux briscard les jeunes loups, ce sera bien cette basse parfois proéminente toujours mise en avant dans les compositions. Ses savoureuses lignes raviront les adorateurs des fréquences d’en bas, d’autant qu’elles sont teigneuses et variées. Au diapason des riffs qui se renouvellent sans cesse pour donner une richesse plus qu’appréciable à cette musique plus que vivante. La fatigue auditive frappera les plus réticents à ces friandises à n’en point douter. Sauf qu’entre nous, nous ne sommes pas là pour faire la fine bouche. On veut de l’énergie punk, et en voilà à revendre.
Les passages lourds ne sont pas oubliés fort heureusement, et les roulements de double pédale appuyés par de lourds accords mitraillette rappellent la base du metal : heavy. Mais à la façon extrême. Tous les classiques de notre style favori sont passés à la moulinette dans un mélange fort opportun. Certes, la surprise n’est jamais vraiment au détour d’un virage inattendu, et c’est ce qu’on reprochera le plus aisément à ces bûcheron(ne)s. Alors on part averti dans un monde dénué de tergiversation où la finesse n’est clairement pas maîtresse. La fraîcheur apportée par une telle livraison tape dans le mille chez votre serviteur qui y entend des références qui ne sont pas sans rappeler une version quasi brutale de Machine Head.


Un moment simple. Varié mais simple. Droit au but pour les plus ohèmophiles, Silhouettes of Horror est un bol d’air pur sans prétention qui valide la feuille de route de travaux bien finis. Quoique limité dans sa vision, ce metal rapide a vocation à faire headbanguer en masse. Et ça doit bien donner en concert.

P.S. : pour le fun, écoutez-donc la reprise très bien appropriée de "Gimme Gimme Gimme".






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