18913

CHRONIQUE PAR ...

3
TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 01 juin 2022
Sa note : 14/20

LINE UP

-Mark "Isfeth" Antoniades
(chant)

-Steffan "Indomitus" Gough
(guitare)

-Chris "Baalrath" Davies
(basse)

-Matt "Valdr" Holmes
(batterie)

TRACKLIST

1) Blackest Insurrection
2) Blood-Soaked Mist
3) Hailing Shards of Agony
4) Thy Palace Yond the Threshold
5) Thousandfold Will
6) To Know my Kingdom
7) Jewel of the Hadean Crown

DISCOGRAPHIE


Sidious - Blackest Insurrection
(2022) - black metal - Label : Clobber Records



Votre black, vous l’aimez comment ? Bien noir, bien serré comme le café court ? Oui c’est bien ce qui me semblait. Alors Sidious cherche à vous parler m’est avis. Vous savez, ces groupes qui ne cherchent pas à faire de vague ou de faux-semblant. Sans vous la faire à l’envers.

Sidious ne ment pas, c’est un fait. Guitare frigorifique, batterie usant du blast sans timidité et chant criard bien comme il faut, Blackest Insurrection se présente avec la casquette du bon petit soldat de l’art noir. Difficile d’en dire beaucoup plus, pourtant il faut bien tenir le temps d’une chronique, cet espace restreint d’intimité entre votre obligé et vous-même. Le petit plus différenciant, ce sera cette basse ronde et un poil claquante qui distille ses lignes en arrière-plan avec cette pointe de malice nécessaire pour oser prendre un peu l’espace sonore. Dans le black, on ose appeler ça originalité. On s’arrêtera tout de suite sur ce terrain, il s’agit là de son chant du cygne. Maintenant que nous pouvons tranquillement bifurquer sur la description vulgaire, sachez que le chant de Isfeth n’est pas sans rappeler Ihsahn sur In the Nightside Eclipse, belle référence.
À la bonne heure, le groupe d’Outre-Manche manie les rythmes avec aisance et impose de nombreuses considérations mid tempo pour notre plus grand plaisir. N’hésitant pas à aller taper même dans la lenteur sourde. Ces aérations prennent la forme d’excellentes idées. "Blood-Soaked Mist" est à ce titre à faire écouter dans toutes les bonnes écoles de black metal (si tant est que de telles institutions existent, rêve doux). Piochant dans un répertoire allant du black norvégien blasté nappé de menues mélodies aux choses plus visqueuses à la Shining (Suédois). Sans claviers le groupe parvient à faire passer des ambiances quasi grandiloquentes par la force de ses riffs/claviers (ironie ?). Il ajoute la petite touche qui fait mouche : le headbanging, notion décidément peu courante dans le bas-monde sombre.
Alors le lecteur facétieux se souvient de la porte claquée devant l’originalité et se dit que finalement, Sidious a son mot à redire. Certes, l’argument se tient. Plus que d’originalité cependant, je tempèrerais en parlant de personnalité. Et c’est un caractère bien plus important. Ressortir de la masse par l’imposition de son individualité sans renier jamais des racines puissamment marquées. Revendication d'une certaine pureté malgré les mélanges qu’il faut admettre à du thrash ou du heavy, par petites pointes intelligentes. Elles sont finement intégrées à l’ensemble pour ne point dénaturer le propos noir et glacial du tout. Capable de plaire bien évidemment au blackeux impénitent, Blackest Insurrection devrait pouvoir tenter l’amateur d’extrême ouvert aux rigueurs de l’hiver black metal, d'autant que les mélodies présentes en nombre faciliteront l'appropriation.


Belle réalisation digne d’une année 2022 avec ce que cela implique de contemporanéité. On n’explose aucun carcan, sauf qu’à coup de touches délicates, on parvient à modeler un monde à la fois connu et apprécié, tout en en sortant par fines piques juste ce qu’il faut pour se dire que voilà un album digne d’intérêt.





©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 2 polaroid milieu 2 polaroid gauche 2