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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 01 juin 2021
Sa note : 15/20

LINE UP

-Ali "Abomination"
(chant)

-Mustafa Gürcalioğlu
(guitare)

-Can Yakay Darbaz
(guitare)

-Malik Çamlıca
(basse)

-Engin "Aberrant" Güngör
(batterie)

TRACKLIST

1) Dawn of Obliteration
2) Maelstroms of Abhorrence
3) Cloaked in an Aura of Madness
4) Mayhemic Darkness & Possessed Visions
5) Sulphurous Vengeance
6) Bringers of Khalkedonian Death
7) Spearfuck the Throes of Treason
8) Perishing in His Oceans of Blood

DISCOGRAPHIE


Diabolizer - Khalkedonian Death



Sorte de supergroupe turc entouré d’une forte aura sur la scène locale liée à des participations actives dans des myriades de groupes, Diabolizer fait le coup de l’album plus rapide. C’est même la raison d’être de l’entité diabolique : aller plus loin dans la brutalité que dans leurs groupes annexes. Précédé par un buzz certain sur la scène death metal étant donné son origine géographique, Khalkedonian Death est porteur de promesses que nous espérons tenues.

Le principe de l’album est assez simple : faire du death metal tendance brutale, voire bestiale, aussi diabolique que possible, tout en surfant sur des capacités techniques impeccables pour être implacables dans ses compositions. De fait, Diabolizer est un groupe simple : du death metal à la Deicide. Le chant très Bentonien l’atteste, les riffs evil également. La tendance très marquée aux blasts incessants les rapproche également des maîtres américains, même si on pourrait qualifier Diabolizer d’encore plus brutal que son glorieux aîné. Une musique très marquée idéologiquement parlant, difficile d’y entendre autre chose que son genre de prédilection, et c’est pas plus mal. Se concentrer sur ce qu’on sait faire, ça a parfois diablement du bon.
Pourtant, lors des premières écoutes, on pourrait croire au hold-up. En effet, on se sentirait presque face à une musique académique. S’entend. Scolaire dans son approche des riffs, sérieuse et appliquée dans l’application des préceptes de Saint Death. Et donc… point la déception des promesses galvaudées. Certes le groupe envoie, joue très bien, seulement, il manque l’étincelle. On passe alors les écoutes. Et si des détails ne se dévoilent pas nécessairement, le plaisir d’écoute lui grimpe sensiblement. Les passages multiples dans les cages à miel renforcent un sentiment de machine de guerre destructrice, de formation sauvageonne dans le bon sens du terme. On parle brutalité pour faire mal !
Au lieu de tourner en rond, Khalkedonian Death (je vous passe l’inévitable référence à Lovecraft hein) martèle, frappe, décape avec une précision rare. Les riffs sont autant d’incisions envoyées à votre esprit. On retombe alors sur la maîtrise instrumentale. Celle-ci se met totalement au service d’une musique inféodée au Malin sans chercher à se parer de beauté quelconque. Noire et sombre, indubitablement elle l’est. Se tisse dans notre tête la trame d’une atmosphère lugubre qui plane tel un heureux auspice avant la guerre. Les Turcs font mouche lorsqu’il s’agit d’éclater les boyaux, et c’est un délice que de céder à leurs coups de boutoirs répétés. D’autant que l’homogénéité sans faille de leurs titres nous fait naviguer en permanence à haut niveau (même si ce faisant, aucun titre ne ressort vraiment).


Alors oui, « révolution zéro » comme aurait dit feu Castro. Pourtant, cela n’empêche pas une très, très, solide sortie de death metal brutal et diabolique. Diabolizer se hisse sans peine au niveau d’une scène US en tête de proue de ce mouvement. Certes, l’eau chaude n’est absolument pas réinventée, mais pour quiconque cherche le plaisir coupable verra sa culpabilité très vilainement récompensée.





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