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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 01 juin 2021
Sa note : 14/20

LINE UP

-Joseph "J. Fell" Tata
(chant+basse)

-Liam Duncan
(guitare)

-Angel Enkeli O
(batterie)

A participé à l'enregistrement :

-Carl Alexander Backlund
(claviers+programmation)

TRACKLIST

1) Titanicide
2) Pale Light in a Dying World
3) The Lark at Morning
4) The Wind that Shakes the Barley
5) Thy Barren Fields
6) The Ghosts of Scapa Flow

DISCOGRAPHIE


Fell Harvest - Pale Light in a Dying World
(2021) - heavy metal doom metal - Label : Independent



Fell Harvest, groupe de metal agricole ? Vous ne seriez pas à blâmer de le penser. Un coup d’œil au nom du groupe et aux titres des chansons envoie effectivement de bien puissants signaux cognitifs indiquant un penchant naturel pour les grandes étendues cultivées du Midwest américain. Pas si étonnant pour un groupe venu du Wyoming (aka « Ploucland » selon un ancien prof d’éco). Néanmoins, est-ce le temps de la moisson (attention, ceci n’est pas la contraction de boisson et mousson) musicale ?

De prime abord, les Américains semblent proposer une mixture de heavy metal assez rythmé couplé à du doom traditionnel (il s'agira en fait de doom tradi mixé à du heavy metal). Nous leur en sommes gré vu que la concoction peut générer de beaux résultats. En premier lieu desquels on pense évidemment au mastodonte mammouthesque évident : Black Sabbath. Pourtant si l’influence est bien sûr présente (quel groupe de doom tradi peut se targuer du contraire ?), ce n’est qu’en arrière-plan car Fell Harvest pratique un style fort heureusement plus moderne. Ne serait-ce que par un son de guitare plus abrasif que les glorieux aînés et une grosse caisse qui tombe bien profond, il s’accroche ainsi aux années 2020. Et l’introduction de beautés acoustiques sur la chanson-titre rappelle le chemin parcouru pour mettre en émoi la communauté metal.
Des références plus récentes comme le Candlemass de son King of the Grey Islands surgissent alors. Difficile de parler moderne ou audacieux. Mais une forte atmosphère nostalgique et des repères perdus de l’existence oui. Le doom c’est avant tout une émotion transmise, une pâleur langoureuse pour s’accrocher à votre cœur. Là-dessus, les lascars paysans s’en sortent bien. Les différents riffs, au nombre de notes surprenants, décochent de multiples flèches pour vous ensorceler. Dans ce fracas de lamentations surnage la basse. Généralement bien sagement mise dans le coin, elle est capable de sortir du bois pour s’exprimer brillamment et vaillamment lors de magnifiques descentes d’accords ("Pale Light in a Dying World" encore).
La petite touche rafraîchissante fort utile pour rehausser une sortie somme toute classique (attention au blast ou au roulement de double pédale caché !). Quid du chant ? Car celui-ci revêt une importance capitale dans le style, lieu d’entrée privilégié dans la musique et lien primaire avec l’auditeur. S'il n'est pas renversant, il n’en demeure pas moins charismatique avec une tessiture mate malgré son approche évidemment, forcément, lyrique. Vous aurez compris qu’il ne dessert en rien les compositions, même s’il pourra sonner un poil faux pour les plus tatillons, tout en conservant cette ligne directrice forte qu’est le caractère traditionnel de l’ensemble.


Pour un premier album, voici une belle banderille de doom à l’ancienne (faut-il l’écrire encore une fois de plus ?) qui devrait ravir les amateurs du style à la recherche de nouveaux noms. L’avenir est paré d’augustes cieux si le groupe parvient à améliorer toutes ses qualités, tout en puisant un peu plus dans son imagination pour s’affranchir plus fréquemment des dogmes du genre.





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