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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 01 juin 2021
Sa note : 13/20

LINE UP

-Johanna Lesonen
(chant)

-Harri Koskela
(chœurs sur 7+claviers)

-Leo Saarnisalo
(guitare)

-Aapo Lindberg
(basse)

-Joonas Pykälä-Aho
(batterie)

TRACKLIST

1) Legend of Blackbird
2) Reborn
3) Silent Sunshine
4) Indian Fall
5) Whispering
6) The Cave
7) Kingdom of the Sky
8) Memory Worth Dying For

DISCOGRAPHIE


Dotma - Sleep Paralyses
(2011) - metal symphonique Metal théatral - Label : Massacre Records



Il y a dix ans, votre serviteur vivait sa meilleur vie de fan de metal symphonique. L'émergence du genre dans les années 2000 fit naître un nombre incalculable de combos jusqu'au milieu des années 2010. Certains couronnés de succès (mérité ou non), d'autres qui n'ont pas eu le succès qu'ils auraient mérité. C'est le cas des Finlandais de Dotma avec leur seul et unique album Sleep Paralyses.

Si vous suivez mes aventures et recommandations, vous avez dû entendre parler de Lost In Grey, et son excellent The Waste Land. Le rapport ? Le compositeur, Harri, qui a fondé les deux groupes. Lors d'échanges informels sur le grand internet, ce dernier m'expliquait, que Dotma et plus spécialement les deux titres clôturant Sleep Paralyses (nous y reviendront) était en quelques sortes les prémices de Lost In Grey. Si les points communs sont nombreux, en commençant par le côté théâtral, marque de fabrique du Finlandais, les différences sont également flagrantes. Sleep Paralyses se veut plus mélodique, moins orchestral, la production et les moyens mis en œuvre sont également moindres et surtout, le concept moins fort : on ressent un compositeur qui se cherche tant le manque de cohérence se révèle flagrant par moment. Entre un opener, "Legend of Blackbird", presque heavy et un "Kingdom of the Sky" résolument symphonique, on peut se dire que l'on n'a pas affaire au même groupe. La construction de Sleep paralyses étonne.
Comme si le style se peaufinait, les guitares prennent de moins en moins de place au fur et à mesure que la tracklist se dévoile. Cela se ressent dès la transition entre "Reborn" et "Silent Sunshine" où la seconde nommée dénote du duo d'ouverture - plus de mélancolie mais aussi plus de tâtonnements qui déroutent l'auditeur. Idem pour "Indian Fall". Là où Johanna semblait à l'aise dans un registre un peu plus heavy, elle donne l'impression d'être un peu perdue dans cette espèce d'entre-deux. Même constat pour "The Cave" et dans une moindre mesure "Whispering" qui, à l'instar du duo de clôture, va révéler la vraie force de Harri. Cette piste, mais surtout l'époustouflante "Kingdom of the Sky" (attention ! Allergiques aux envolées théâtrales et symphoniques s'abstenir) et la sublime "Memory Worth Dying For" vont mettre en exergue le talent de son compositeur (car il faut avouer que ses acolytes semblent aux abonnés absents, hormis quelques rythmiques sympathiques sur le duo d'ouverture).
À travers ces occurrences, Dotma prend son envol, dévoile des compositions riches, symphoniques, théâtrales, touchantes et poignantes à l'instar du refrain à base de chœurs sur "Kingdom of the Sky", où la douceur des parties vocales de Johanna sur "Memory Worth Dying For". À noter la présence de Tero Kalliomäki sur le titre, venant nous gratifier d'un petit solo. Ce titre de clôture laissait la porte ouverte à des possibilités futures, tant il semblait évident que l'histoire ne faisait que commencer. Il aura fallu plusieurs années et un changement de groupe pour y parvenir. Mais sans ce Sleep Paralyses, pas de Lost In Grey et cela aurait été franchement dommage.


Sleep Paralyses est un album bancal avec une moitié centrale hésitante, prise en étau entre une ouverture heavy et une fin d'album bien plus sympho. Il n'empêche que le résultat est plus qu'honorable et laisse entrevoir le talent de son compositeur principal, pas assez encore reconnu à mon goût.



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