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CHRONIQUE PAR ...

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Oriza
Cette chronique a été mise en ligne le 01 juin 2021
Sa note : 17/20

LINE UP

-DgS
(chant+basse)

-YhA
(guitare)

-IsN
(batterie)

TRACKLIST

1) Strongholds of Awakening
2) Transcending Antecedent Visions

3) The Abrasive Black Dust Part II
4) Obscuration
5) The Foundations of Servitude

DISCOGRAPHIE


Suffering Hour - The cyclic reckoning
(2021) - black metal Black Death - Label : Profound Lore Records



(For English version, scroll down)

Dans la famille Profound Lore Records je voudrais le trio démonique du Minesota, Suffering Hour. Tout l'arsenal est déployé : forêt de neige poudreuse parée, cover de noir et de blanc illustrée, bracelets de cuir de grands clous percés, regards menaçants de noir fardés, patronymes d'enluminures cryptés, paroles obscures de déception teintées. Vous l'aurez compris, l'heure est à la souffrance, l'heure est au black metal, et des plus excellents ! Tout l'arsenal est là, en effet, mais The Cyclic Reckoning est loin d'être conformiste et ennuyeux. 


Ce qui frappe en premier, c'est ce son incroyable ! Frappe fatale, son époustouflant qui vous sidère ! Le trio parvient à exploiter les limites ultimes de la dissonance, à faire de la discordance le summum de l'harmonie. La guitare grince, mais c'est un grincement envoûtant. YhA a pour ambition de générer des phosphènes chez celui qui l'écoute... c'est à dire l'équivalent visuel des acouphènes. Si vous voyez des auréoles lumineuses danser devant vos yeux en écoutant le riff de malade de "Strongholds of Awakening", pas de panique, ceci est tout-à-fait normal. Ce fût mon cas, et putain comme c'est bon ! La batterie d'IsN ne vous assomme pas de double pédale outrancière, elle vous assène un jeu subtile et pertinent. Puisant ses racines baroques jusque dans les profondeurs infernales de la terre, Suffering Hour laisse pourtant fleurir sur ses branches racornies par le givre, des fleurs surprenantes au parfum envoûtant. Bourgeons inattendus, c'est au moment où, engourdis par le froid et les riffs lancinants, vous vous laisserez gagner par une sombre somnolence, qu'ils laisseront éclore d'imprévisibles couleurs et effluves. Le baroque, c'est surtout dans les structures, la construction des morceaux qu'on le retrouve. Cette manière de poser une ligne mélodique, puis de la décaler légèrement, de la retourner, de la tordre, d'en tirer toutes les possibilités. Le chant semble émerger d'un puits sans fond, tapi à l'arrière plan, laissant le lead à la guitare, parfois hurlant, parfois psalmodiant. DgS, aka Dylan Haseltine dans sa précédente vie, parle d'expression d'angoisse verbale. On oscille en effet entre grognements gutturaux tout à fait succulent et psalmodies récitatives dont le sens reste assez abstrait pour que chacun en extraie ses propres interprétations.
Certains groupes s'épanouissent dans l'expérimentation technique jusqu'à intellectualiser la musique, voire la déshumaniser. Ici au contraire, nous sommes en présence d'un album qui s'écoute avec le corps plus qu'avec le cerveau. Attention, la technique et la précision sont au rendez-vous, mais pas de manière cérébrale. Il y a un énorme travail de recherche sur la production, sur le choix des sonorités, ainsi que sur les compositions, mais The Cyclic Reckoning s'apprécie avant tout avec le corps. Il dresse les poils, il force les paupières à se fermer pour se laisser emporter, il contraint la tête à hocher en rythme, il fait vibrer la chair. Prenez la ligne de basse de "The Abrasive Black Dust Part II" par exemple, c'est de la pure folie ! C'est comme de retrouver un univers familier qu'on affectionne avec juste ce qu'il faut de surprise pour s'émerveiller encore. L'album s'achève sur une pièce maîtresse de seize minutes qui se déploie comme une sonate de Bach. La chrysalide thrash des années 2010, dont je ne parlerai pas par respect pour la métamorphose, a engendré un monstre séduisant et délicieux.


La grande force de The Cyclic Reckoning c'est de magnifier les fondamentaux en poussant la dissonance à ses limites, en frôlant la folie sans y sombrer, en ponctuant ses bases baroques et black profondément enracinées de petites marques de créativité savamment distillées. Suffering Hour respecte l'esprit et la lettre tout en semant des touches personnelles. A l'image de leurs masques estampillés d'insignes qui proclament : voici ce que nous sommes, fruits de notre passé et acteurs de notre présent.








In the Profound Lore Records family I'd like the demonic trio from Minnesota, Suffering Hour. The whole arsenal is deployed: forest powdered in snow, cover illustrated in black and white, leather bracelets pierced of big nails, menacing looks faded by black khôl, names encrypted in symbols, obscure lyrics tinted with deception. You have understood, it's time to suffer, it's time for black metal, and of the most excellent variety! All the arsenal is there, indeed, but The Cyclic Reckoning is far from being conformist and boring.

What strikes first is this incredible sound! Fatal strike, breathtaking sound that stuns you on the spot! The trio manages to exploit the ultimate limits of dissonance, to turn discordance into supreme harmony. The guitar squeaks, but it's a bewitching scream. YhA's ambition is to generate phosphenes when you listen to his six strings... phosphenes are the visual equivalent of acouphenes. If you see luminous halos dancing in front of your eyes while listening to the sick riff of "Strongholds of Awakening", don't panic, this is quite normal. This was my case, and damn it, it was good! IsN's drums don't knock you out with outrageous double pedal, they are subtle and relevant. Drawing its baroque roots in the infernal depths of the earth, Suffering Hour lets nevertheless bloom on its branches torn by the frost surprising flowers with a captivating perfume. Unexpected blossoms, it is at the moment when, numbed by the cold and the throbbing riffs, you will let yourself go in a dark somnolence, that those flowers will bloom in unexpected colors and fragrances. Baroque is especially present in the structures, the construction of the tracks. This way of laying down a melodic line, then to shift it slightly, to turn it around, to twist it, to draw all the possibilities. The voice seems to emerge from a bottomless pit, lurking in the background, leaving the lead to the guitar, sometimes screaming, sometimes psalmodizing. DgS aka Dylan Haseltine in his previous life, talks about utterances of verbal anguish. The chant oscillates indeed between guttural growls quite succulent and recitative psalmodies whose meaning remains abstract enough for each one to extract its own interpretations.
Some bands thrive on technical experimentation to the point of intellectualizing the music or even dehumanizing it. Here, on the contrary, we are in presence of an album that can be listened to with the body more than with the brain. Don't misunderstand me, the technique and the precision are there, but not in a cerebral way. There is an enormous work of research on the production, on the choice of sonorities, as well as on the composition, but The Cyclic Reckoning is appreciated above all with the body. It raises the hairs, it forces the eyelids to close to be carried away, it constrains the head to nod in rhythm, it makes the flesh vibrate. Take the bass line of "The Abrasive Black Dust Part II" for example, it's pure madness! It's like finding a familiar world that you love with just the right amount of surprise to be amazed again. The album ends with a sixteen minutes masterpiece that flows like a Bach sonata. The thrash chrysalis of the 2010s, which I will not discuss out of respect for the metamorphosis, has gave birth to a seductive and delicious monster.


The great strength of The Cyclic Reckoning is to magnify the fundamentals by pushing the dissonance to its limits, by verging on madness without sinking into it, by punctuating its deeply rooted baroque and black bases with small marks of creativity cleverly distilled. Suffering Hour respects the spirit and the letter while adding personal touches. Just like their masks stamped with insignias proclaiming: this is who we are, fruits of our past and actors of our present.


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