18635

CHRONIQUE PAR ...

3
TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 01 juin 2021
Sa note : 14/20

LINE UP

-Skuggimaðr
(chant+guitare+batterie)

-Hateful Wind
(guitare+basse+batterie)

TRACKLIST

1) Innleiing
2) Bitande kaldt
3) Mørkt føre, mørke bak
4) Kvit som snøen, kald i blikket
5) Ditt uendelege raseri
6) Kom ut i mitt mørke

DISCOGRAPHIE


Gorr - Kvit som snøen, kald i blicket
(2021) - black metal - Label : Independent



Gorr est tout d’abord l’affaire de deux hurluberlus officiants conjointement dans …Under a Full Moon, groupe de black/doom dépressif. Il est également l’affaire d’un Norvégien et d’un Américain. Groupe international et très covid finalement puisque niveau distanciation, ils gèrent facile. C’est aussi un groupe relativement neuf, puisque formé il y a deux ans seulement, et pourtant déjà armé d’un EP et d’un longue durée avant cet album. Sans compter toutes leurs productions avec leurs autres groupes. Productivistes plutôt les lascars.

On se prend alors à se questionner. Un tel rythme de sorties est-il seulement tenable avec un minimum de qualité ? Il ne faudrait pas que nous soyons les dindons d’une mauvaise farce, gavés par les résidus d’une créativité maladive et tournant en rond. Mais l’œuvre démarre et l’on se prend alors à imaginer les possibles. Du post rock ? Au sens primitif du terme, on entend du Slint. Des accords égrenés sur un chant distant et perdu (à la raison). Point trop de saturation en riff pour une entrée en matière qui détonne. La suite plus proprement metal ne va pas dénaturer. On plonge alors dans un black metal à l’ancienne, quasi jamais blasté ("Ditt uendelege raseri" sonne comme une exception marquée) et au feeling bourré de rock, de dépression et aussi de dark. Bethlehem n’est alors pas loin. Le chant ressemble à l’offensive féminine d’une dame en proie à des accès de haine. Mid tempo et emplit d’atmosphère, la musique de Gorr maintient un niveau d’intrigue élevé.
Car clairement, l’entité internationale se positionne sur une posture relativement unique, et potentiellement clivante. J’imagine déjà le puriste hurler à la lune du manque de tremolo et de blast. Le chant pourra faire tiquer par son timbre particulier. D’ailleurs, notez que les deux compères alternent les chants, et de manière relativement inexplicable, il n’y a pas franchement de différence. Au-delà du simple aller-retour sur le chant, ils s’échangent même carrément les instruments, puisque les deux sont crédités sur tous les instruments ou presque. De là à dire que leurs performances sont interchangeables ? Je ne maîtrise pas suffisamment leurs carrières respectives, mais clairement, si on fait fi du blast de "Ditt uendelege raseri" (fatalement ma préférée) accompagné de riffs plus typiquement norvégiens, les chansons s’enchaînent sans véritable cassure. Et c’est tant mieux car avec une personnalité aussi marquée, "Ditt uendelege raseri" pour toute appréciable qu’elle soit, en finirait par détonner dans cet univers si personnalisé.


L’amoncellement de ces caractéristiques donne une sortie marquante par son originalité, son caractère. L’évaluation sera laissée à votre libre-arbitre, on notera seulement que la richesse n’est pas intense. Cela produit in fine un album que les curieux du metal extrême se doivent d’écouter.





©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 1 polaroid milieu 1 polaroid gauche 1