CHRONIQUE PAR ...

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S1phonique
le 21 janvier 2014




SETLIST

Kataklysm : 
Let Them Burn 
Push the Venom 
Like Angels Weeping (The Dark) 
Like Animals 
As I Slither 
At the Edge of the World 
Taking the World by Storm 
Blood on the Swans 
(preceeded by a short drum solo) 
Fire 
Blood in Heaven 
Kill The Elite 
Prevail 
Iron Will 
Elevate 
In Shadows And Dust 
Crippled & Broken 
The Road to Devastation 

Krisiun :
Kings of Killing
Ominous 
Combustion Inferno 
The Will to Potency 
Vicious Wrath 
Vengeance's Revelation 
Descending Abomination 
Blood of Lions 
Drum Solo 
Black Metal (Venom cover) 
Ravager 

Fleshgod Apocalypse
:
Temptation 
The Hypocrisy 
Minotaur (The Wrath of Poseidon) 
The Deceit 
The Violation 
The Egoism 
Elegy 
The Forsaking 


AFFILIÉ

Kataklysm
Paris - La Locomotive
(14 février 2016)
Hellfest (Clisson)
(21 juin 2009)

21 janvier 2014 - Paris - Le Divan Du Monde


Kataklysm_-_Krisiun_-_Fleshgod_Apocalypse_Paris_-_Le_Divan_Du_Monde_20140121

Quelle belle affiche pour commencer les concerts de 2014 : deux monstres historiques ayant traînés leurs riffs et leur guêtres partout dans le monde et des Italiens incroyables qui à chaque nouveau LP balancent des compositions d'une densité incroyable à nous demander comment pourrait être restitué le son en live. En route donc pour une soirée musicale internationale (Italie, Canada, Brésil) espérée aussi violente, énergique et pêchue que les albums des trois groupes !

Il fallait être ponctuel lundi pour espérer voir les Italiens de Fleshgod Apocalypse. C'est au son de "The Temptation" que je trépigne à l'entrée et me précipite dans la salle pour découvrir le groupe. Le super backdrop fait toute la scène et les musiciens seront tous bien mobiles à leur place pourtant exiguë. On a droit au piano droit sur le coté gauche de la scène, avec un Ferrini bien ancré dans son rôle dans de grands gestes de pianiste maudit, et une chanteuse lyrique sous son loup qui fait ce qu'il lui plait mais parvient à bien poser sa voix sur les compositions. La batterie est avancée (celle de Kataklysm étant déjà en place) et laisse toutefois la place aux deux guitares et à la basse: Riccardi, Trionfera et Rossi  pourront ainsi s'échanger de temps en temps leur position scénique.  Le son reste bien sûr difficile à appréhender avec la musique pratiquée.Toutefois le groupe ne nous sert pas une bouillie sonore comme on pourrait le craindre. Certes, les arrangements différent des albums, mais quelle puissance ce piano ! Et ce chant lyrique poussé par la bonne dame du soir. Les chants growl et clairs masculins ne sont pas en reste et se montrent fortement respectables. Quant à la setlist ! « Masterpieces »! Le public est communicatif et on s'aperçoit même que certains sont surtout venus pour ce groupe. Techniquement fort, incroyable dans la composition, Fleshgod Apocalypse a montré également avec cette nouvelle visite parisienne, quel groupe scénique il pouvait être.
Fin du set et le temps que le staff organise le set de Krisiun, les musiciens de Fleshgod restent pour quelques dédicaces de CD ou places. L'ambiance est très bonne et la température va grimper d'un cran. Le backdrop sur fond rouge et lumières rouges annoncent la couleur et la tournure que va prendre la suite de la soirée. Les plus de vingt années d'existence du groupe et leurs nombreux albums, laissent à penser que le live à venir risque d'être... intense! Les trois fréros composant le combo de brutal death donnent leurs lettres de noblesse au concept de power trio ! Le groupe fait lui même son rapide soundcheck et Alex Camargo se permet de rappeler que le groupe s'appelle Krisiun : qu'il joue vite, dur et fait dans le old school ... Et c'est parti pour une heure de set qui fera trembler toute la salle. Le premier morceau "Ominous" passe vite et les esprits vont s'échauffer dès "Combustion Inferno" où le mosh pit bien que petit, va rendre furieusement honneur au groupe, les mastoc hyper fan et supra excités réussissant à motiver tout le beau monde qui, il faut l'avouer, n'attendait qu'une petite étincelle pour s'enflammer. Même au bout de deux décennies le groupe parvient dans l'interprétation de ses compositions à transmettre leur rage et leur énergie, comme si le temps n'avaient aucun effet sur la rage du trio : une leçon d'activisme musical ou de sacerdoce sonore, que certains groupes oublient parfois. Le groupe terminera également son set par de longues poignées de main et quelques dédicaces.
Bon tout cela fut de bonne augure: entre le groupe de death extremo-sympho rital et les baroudeurs primaires deatheux et fidèles à leurs bloody roots brésiliennes (sans vilain jeux de mots), on pourrait penser que les Québécois vont avoir fort à faire pour augmenter encore d'un cran la pression? En tout cas l'attroupement renforcé de la fosse qui se remplit d'un coup ainsi que les balcons cette fois blindés, rappellent quand même qui est la tête d'affiche. La préparation est un peu longue et chacun espère plus ou moins sagement le début du set. Trois petits coups de lampe du roadie depuis la scène vers l'ingé son et le Divan de monde s'éteint laissant la place aux cris nourris d'excitation du public. C'est comme si chacun savait déjà ce qui allait se passer. La bande son annonciatrice du combo laisse le batteur s'installer derrière les  fûts, suivi de Jean-Francois Dagenais et Stephane Barbe qui se positionnent de chaque coté de la batterie, une mini plateforme installée leur permettant de prendre un peu de hauteur pour le jeu (5/6 marches). Arrive au gros son de cordes Maurizio Iacono, bouteille de Bordeaux  à la main, qui après s'être enfilé une grande rasade invite le public à devenir fou. Sans aucun barrage de langue (et ce génial accent canadien séduit le cousin public à l'accent parisien), les échanges francophones vont permettre au groupe de haranguer toujours plus les metal'head et c'est dès le départ que les slammers/slammeuses, très excités, investissent régulièrement la scène pour se lancer dans des stages diving plus ou moins réussi. En même temps, en commençant le set par le furieux "Let Them Burn", il ne pouvait en être autrement.
Même si les deux groupes précédents ont réussi deux sets plus qu'honorables avec des grandes salutations et reconnaissances du public, Kataklysm va faire basculer la soirée dans un grand n'importe quoi de folie ultra énergique et positive, et remuer le Divan du monde de la meilleure des façons. Déjà parce que le son n'est pas mauvais du tout, même s'il est un peu fort (pour les trois groupes d'ailleurs), la batterie et la basse n'écrasent pas la rythmique dans un vrombissement sourd comme cela arrive avec certaines compositions appelant du blast ou de la double à grande vitesse. Aussi parce que le son de la guitare est superbement tranchant et va pouvoir mener les compositions dans la bonne direction. Enfin parce que, même s'il donne l'impression de parfois forcer, Maurizio growle et hurle dans le bon sens, aidé sur les refrains et les parties archi-connues du public. La setlist rodée depuis le début de la tournée mélange tubes du groupe et quelques compos du nouvel album ("Kill The Elite" ou "Like Animals" les futurs incontournables). Les méga «
poutres » comme "Iron Will" ou "As I slither" ravient absolument tout le monde. Le death pratiqué par le groupe a muri et s'est bonifié avec le temps. Le combo connait bien son boulot et la prestation live est immense. Le public aura droit à un court mais très puissant solo de batterie et annoncera les dernières chansons, histoire de bien faire comprendre qu'il n'y a pas de rappel. Le concert se termine avec une impression que c'était bien trop court malgré la débauche d'énergie de la fosse qui grâce à la configuration de la salle, aura permis aux "trve" mosher/slammer/stage sauteur/pogoteur de faire le plein de gnons et autres coups dans la tronche qui sans jamais faire bien mal, réchauffe le sang le temps du concert (et un peu le lendemain pour certains).

Un concert excellent avec trois groupes donnant vraiment leur meilleur (c'est le début de la tournée) et en se succédant, réussissant à faire tour à tour grimper l'ambiance au plus haut. De belles setlist, des musiciens investis, un public complètement fêlé.... Voilà le secret de la réussite des soirées des ambassadeurs du soir du death metal... On en redemande.  


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