CHRONIQUE PAR ...

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S1phonique
le 21 février 2016




SETLIST

Kataklysm :
Breaching the Asylum
If I Was God... I'd Burn It All
As I Slither
The Black Sheep
Manipulator of Souls
At the Edge of the World
Thy Serpents Tongue
Push the Venom
The Ambassador of Pain
Where the Enemy Sleeps...
Soul Destroyer
The Chains of Power
Open Scars
In Shadows & Dust
Crippled & Broken
Iron Will
Elevate

Septicflesh:
War in Heaven
Communion
Order of Dracul
Pyramid God
Prototype
The Vampire from Nazareth
Anubis
Prometheus

Aborted :
Meticulous Invagination
Parasitic Flesh Resection
Necrotic Manifesto
Hecatomb
Termination Redux
Expurgation Euphoria
The Holocaust Incarnate
Coffin Upon Coffin
Bound in Acrimony
Sanguine Verses
Threading Prelude
The Saw and the Carnage Done

AFFILIÉ

Septic Flesh
Toulouse - Le Metronum
(30 mars 2015)
Paris - La Locomotive
(01 mai 2008)
Bruguieres - le Bascala (Toulouse)
(29 octobre 2011)

Kataklysm
Paris - Le Divan Du Monde
(21 janvier 2014)
Hellfest (Clisson)
(21 juin 2009)

14 février 2016 - Paris - La Locomotive


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Pour les amoureux de musique extrême, le rendez-vous du 14 février 2016 rimait avec le Moulin Rouge dans le Paris Pigalle. Enfin, plutôt la Machine, ex-Loco, fraîchement renommée, mais accueillant de nouveau depuis quelques mois son lot de concerts metal pour notre plus grand plaisir - Paris s’offrant ainsi une nouvelle salle permettant de grossir le public de certains groupes dont le choix était jusqu’alors réduit aux minis salles du boulevard, ou un éloigné Trabendo, ou encore son voisin trop gros (le Zénith) pour bon nombre de combos. L’affiche du jour mélange les extrêmes avec un Aborted opener et brûleur de salle, suivi d’un Septic Flesh et d’un Kataklysm, tête d’affiche une nouvelle fois pour son passage parisien. Le dénominateur commun death décliné ainsi sous toutes ses formes : du brutal, gore, symphonique, gothique, progressif et death « à poil » pour la partition québécoise.

Le grand club loco accueille dès l’ouverture la grosse majorité de son public présent, lequel profite des lieux pour boire un verre et papoter avant l' Évènement du soir. Le club aurait pu ouvrir depuis 17h, il aurait largement pu assurer de belles ventes aux différents bars de l’établissement. Grâce à cette affluence, les Belges d’Aborted vont pouvoir ouvrir le bal et soutenir leur nouvel EP en attendant avril et le prochain album face à une fosse largement plus garnie que le crâne de Sven le chanteur, et un public encerclant l’arène. Sans grande surprise, les Belges démarrent pied au plancher et, soutenus par un très bon jeu de lumière et un son respectable, enflamment de suite les lieux. Le public assidu du pit tarde toutefois à se lâcher, malgré les encouragements du groupe. Quelques slammeurs maladroits ou probablement bien chargés tanguent, ivres sur scène et manquent de se crouter (ce mot correspond le mieux à la scène) et vaudra une moquerie généralisée, mais enfantine du public. Cet événement suffira à lancer les joyeux circle pit et tentatives de wall of death. Sans aucun doute Aborted assure musicalement et distille une setlist permettant à certains vieux titres d’enrichir les nouveaux, moins usés scéniquement. Trois quart-d’heure très agréables, sans oublier la grind’touch du lâcher de ballons et promenade de phallus gonflables dans le public (après tout, c’est la fête des Zob’oureux). Entre un opener érodé comme "Meticulous Invagination", ou un récent "Terminal Redux " méchamment puissant, et un marronnier "Expurgation Euphoria", les  trois quart-d’heure de set montrent une nouvelle fois le niveau du groupe pour le genre pratiqué : du gore de classe, du sublime pour les carnivores.
Mine de rien, certains se demandent si SepticFlesh dont le genre, certes extrême également de son côté, mais quasi fondamentalement différent, va réussir à faire aussi bien que les Belges sortis sous de grosses acclamations (gueulements, serait le terme plus adapté). Sven Vs Seth : deux écoles de genre. Le temps de préparer la scène permet un certain  renouvellement du public en fosse. Les pogotteurs et slammeurs peuvent clairement aller se reposer (quoique, certaines hyperactives ont dû trépigner durant le set des Grecs au regard de ce qu’elles ont donné par la suite). Resté pour ma part sur une plutôt mauvaise impression lors de leur set au hellfest 2014,  j’espérais comme bon nombre la claque scénique promise par le dernier polémiqué Titan qui, mitigé studio, a de quoi « exploser » tout un public en conditions live. Et c’est parti pour la puissance souhaitée massive et écrasante du death grec. La musique d’introduction retenue pour la tournée apporte de suite la tension voulue à beaux renforts, une fois de plus, de jeux de lumières parfaitement adaptés au registre. En avant pour un set voulu puissant et finalement réussi, malgré l’absence de surprises dans les titres proposés. La prestation du leader est convaincante et professionnellement appuyée par les autres membres du groupe. De nombreuses interactions ont lieu avec le public entre les titres, notamment l’hommage longuement applaudi aux événements Bataclan. Côté musique, les blagues usuelles sur l’utilité de la basse refont surface dans les rigolades en salle. Seth, bardé de la quatre cordes, surprend de son jeu ou même de l’absence de jeu sur certains titres  ("Communion", pourtant bien rendu et puissant ce soir). Le son est également plutôt bon et la setlist  « super standard » permettra au moins un concert chanté de bout en bout par les fans.
Et comme à chaque fois, à ma relative surprise, Kataklysm continue de déplacer les foules et réussit à tenir son rôle de tête d’affiche sans relative surprise. Le concert n’est pas sold out, mais il ne reste cette fois que peu de place face à la scène. Venu défendre un Of Ghosts and  Gods  une nouvelle fois bien accueilli par les uns et définitivement boudé par les fans de la première heure, le groupe a ajusté sa setlist en conséquence : s’assurant les hits puissants de leur carrière mélangés aux nouveaux titres qui, pour ma part passent beaucoup mieux l’exercice live que studio (ne serait que  "Thy Serpents Tongue", ou le promu single  "The Black Sheep"). Les Canadiens connaissent leur job et maîtrisent parfaitement l’exercice live grâce à une présence individuelle impeccable, un Maurizio subtilement bavard avec ses cousins français. Et forcément, en jouant "As I Slither" au bout de trois titres, la Machine va s’emballer et transformer la fosse en moissonneuse slammeuse, la gente féminine décidant de fêter sa St valentin en s’envoyant en  l’air durant l’heure à venir et passant son temps entre stage diving et fosse pour ressauter  partout sur les têtes sans discontinuité. Trois d’entre elles se reconnaîtront et rendent hommage à leur manière au groupe. Le très polémique exercice de crowd surfing est totalement taillé pour un set de Kataklysm et le combo se permet même d’accélérer  le tempo par moments, histoire de monter la température d’un pit déjà explosif. Le show est puissant et énorme avec cette habitude scénique de donner l'impression systématique de jouer entre potes , les quatre nord-américains réalisent une fois de plus un très bon set, donnant d'eux même (Maurizio se prenant en pleine tronche un slammeur pour se vautrer sur l'enceinte de retour histoire de se rappeler que ses cotes sont utiles et fragiles) et n'échappant pas à quelque boutade frivole et lourdingue décuplée par la date du soir. Un concert de death avec tout le registre plus ou moins cliché du public, n’empêchant en rien une qualité musicale réelle.

Une belle soirée.
La dernière des sept dates française de la tournée prévoyait un arrêt parisien dans une salle totalement taillée pour ce type de musique. Un plaisir entier pour ma part de revenir à La Loco après pas loin d’une dizaine d’année d’absence de concerts dans les lieux ; ne pas se surprendre des très bons set de Aborted et Kataklysm pourtant régulièrement en visite en France ; enfin se rabibocher avec un concert de SepticFlesh. Les sorties studios des groupes ne transcendent pas forcément les critiques, même si se voient en général bien accueillies par le public, mais ont l'avantage de permettre l’organisation de tournées synonymes, comme pour cette date, d'une belle soirée concert de musique extrême.






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