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CHRONIQUE PAR ...

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Ptilouis
Cette chronique a été mise en ligne le 08 mars 2014
Sa note : 17/20

LINE UP

-Paolo Colavolpe
(chant)

-Matteo Di Gioia
(guitare)

-Ralph Salati
(guitare)

-Gabriel Pignata
(basse)

-Federico Paulovich
(batterie)

TRACKLIST

1) Destroy Create Transform Sublimate
2) Purania
3) My Green Neighbour
4) Hosts, Rifles & Coke
5) G.O.D
6) Where the Things Have No Colour
7) Waterpark Bachelorette
8) Before, After and All Around
9) - (Obedience)
10) Are You Kidding Me? No

DISCOGRAPHIE


Destrage - Are You Kidding Me? No.



Hey bienvenue lecteurs ! Comment allez-vous ? Bien ? C’est parfait ! Car aujourd’hui  il va falloir s’accrocher pour cette nouvelle chronique dans le monde des grands timbrés. De qui parle-t-on ? Des italiens de Destrage, groupe formé à Milan en 2005, qui viennent d’être signés chez Metal Blade et sortent leur troisième album Are You Kidding Me ? No. Si vous êtes lecteurs assidus des Eternels, vous savez déjà que leur précédent effort, The King is Fat'N'Old avait retenu notre attention, malgré ses défauts. Alors qu’en est-il de ce dernier album ? Sans nul doute, les italiens se sont lâchés complètement et il n’y a plus aucune limite à rien. A rien vous-dis-je !

Planquez-vos mémés, pépés, parents, frères, sœurs, vaches, cochons ! Ici on va parler folie créatrice, hargne démentielle et pétages de durites dans les règles. A la première écoute d’Are You Kidding Me ? No, on est surpris par le déluge de riffs qui nous arrivent en pleine face (clean ou shred), de la voix caméléon de Paolo Colavolpe qui alterne entre le gueulard (la plupart du temps), le growl et la voix niaiseuse de mauvais goût et des délires gratuits qui arrivent sur pratiquement chaque morceaux. Bref, on en prend plein la gueule et ce d’autant plus que la production « in your face » mets bien en avant les guitares et la voix, ce qui peut tout de même rendre ce déluge de notes, de riffs et d’idées, un poil fatiguant lors des premières écoutes. Heureusement, les refrains tous plus efficaces les uns que les autres ("My Green Neighbour" avec son très débile « Shoot Zombies in The Face ») vous permettront peut-être de lutter pour réécouter les dingueries des italiens. O.K, donc ça veut dire que l’album n’est pas si terrible, c’est ça ? Eh bien non, c’est tout le contraire!
L’album défouraille de partout et n’est pas sans faire penser à un mix improbable entre la folie furieuse des canadiens de Protest The Hero, une version resserrée de Between The Buried and Me (avec ces passages calmes un peu jazzy au sein des morceaux), la densité d’un The Dillinger Escape Plan et les délires débiles de For The Imperium ("My Green Neighbour" qui part dans tous les sens). Bref, l’album gagne largement en intérêt au fil des écoutes, surtout qu’il possède de solides arguments pour retenter l’expérience. Déjà, le bougre est composé essentiellement de brûlots dantesques où se mêlent énergie, refrains imparables et groove, que ce soit "Purania", son côté urgent et son solo de guitare épique, ou "Before After and All Around", sa rythmique bourrine et groovy où s’alternent hurlements et growls et surtout sa construction progressive qui fait que l’on ne s’ennuie pas une seconde.  Seule la plus calme et jolie (notamment grâce à un très beau solo de guitare) "Where The Things Have No Colour" permettra un instant de repos bienvenu en plein milieu de l’album.
Car, à par ce moment de répit, les italiens ne s’arrêtent jamais de proposer des idées toutes plus étonnantes les unes que les autres et ce dès "Destroy, Create, Transform, Sublimate" avec sa Drum’n'Bass en fin de morceau. Une incorporation électronique qui se fera plus subtile dans d’autres morceaux comme "Purania", "- (Obedience)" ou "Waterpark Bachelorette", l’ajout de ces rythmiques électroniques donnant un côté encore plus fou aux compositions. Et de la folie créatrice il y en encore sur le groove dégueulasse et dissonant de "G.O.D" ou sur le délire jusqu’au-boutiste d’"- (Obedience)". C’est d’ailleurs sur ce morceau que l’on peut voir les limites des italiens. Car même si "- (Obedience)" n’est pas avare en digressions, il s’avère fatiguant à écouter et ne convainc que moyennement. On lui préférera davantage l’excellent final, "Are You Kidding Me ? No", qui mêle un début furieusement punk où le chanteur s’époumone comme jamais, pour enchaîner un passage à la Diablo Swing Orchestra et finir sur un excellent solo de Ron Thal (Bumblefoot) ! Et il faut bien avouer que l’on se retrouve facilement happé par tant d’énergie déployée. Destrage frappe vraiment très fort.

C’est bon, vous pouvez détacher vos ceintures, le voyage dans le pays catchy, débile et intense des Milanais de Destrage vient de s’achever. Et quel voyage ! Are You Kidding Me ? No est un album dense, riche, prouvant que les italiens ont beaucoup progressé depuis leur dernier méfait. Ici tout semble être calculé et même si les pétages de câble peuvent parfois aller trop loin, les italiens savent retomber sur leurs pattes pour proposer des morceaux ultra énergiques qui savent rester cohérents. Une vraie grosse claque de ce début d’année qui ne cesse de me surprendre à chaque écoute. Bonne pioche Metal Blade !


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