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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 29 mai 2011
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Paolo Colavolpe
(chant)

-Matteo Di Gioia
(guitare)

 -Ralph Salati
(guitare)

-Gabriel Pignata
(basse)

-Federico Paulovich
(batterie)

TRACKLIST

1) Double Yeah
2) Twice The Price
3) Jade's Place
4) Neverending Mary
5) Back Door Epoque
6) Smell You Later Fishy Bitch
7) Collateral Pleasure
8) Home Made Chili Delicious Italian Beef
9) Tip Of The Day
10) Panda Vs Koala
11) Wayout

DISCOGRAPHIE


Destrage - The King Is Fat'N'Old
(2010) - barré melodeath - Label : Coroner Records



Quand on écoute The King is Fat n' Old, on pense à beaucoup de choses. On se dit que Soilwork c'était quand même vachement bien quand c'était imprévisible, vu que certains plans sonnent comme du Soilwork première époque en plus barré. On se dit aussi que la scène emo US a vraiment réussi à imposer le refrain en chant clair ado comme élément stylistique à part entière dans le métal, vu que Destrage en colle de plutôt réussis un peu partout. On constate que la folie furieuse technique qui était l'apanage de quelques rares génies avant est désormais accessible au grand nombre, vu que le groupe est composé de bouchers. On réfléchit, quoi.

Car très honnêtement, on ne sait pas trop quoi penser. The King Is Fat n' Old envoie des stimuli plutôt contradictoires et synthétiser tout ça est ardu. D'un côté on a un niveau de jeu, une inventivité et un côté débridé qui crèvent le plafond. De l'autre, une impression chronique de déjà entendu qui vient plomber en partie ce qui aurait pu être la baffe du siècle ou presque. Les Destrage semble à première vue ne s'interdire aucun délire sur le plan musical : du métal écrasant up-tempo voire speed est lié à de l'acoustique tire-larme ("Neverending Mary"), à du disco rock (le très stupide et marrant "Jade's Place"), à du break jungle sur fond de gratte sèche ("Twice the Price"), etc, etc... toute une approche du patchwork donc, avec des enchaînement jamais foirés et un chanteur caméléon hystérique. Totalement intenable, Paolo Colavolpe enchaîne les registres comme un fou furieux et fait basculer le tout dans une ambiance d'émeute à l'asile psychiatrique assez délicieuse. Il n'y a qu'à écouter 1'30 de "Double Yeah" : sur un déluge guitare / batterie qui rappelle fortement "The Chainheart Machine" dans l'intention, le vocaliste balance ses trois armes principales : cris aigus ado entre emocore et At The Drive-In, growl medium à la Strid bien effrayant et chant clair lisse ado à l'américaine. Quoi que son groupe face, il peut suivre.

Et son groupe il fait plein de trucs, vous l'aurez compris. Il enchaîne les démonstrations de force sans sourciller et donnera envie à certain de raccocher la guitare... mais avec tout ce qu'il fait, il réussit quand même a rappeler franchement d'autres formations. L'ombre du Soilwork première époque pose réellement problème : c'est l'approche que le groupe a choisie comme fil conducteur entre les différents délires, donc autant dire que l'impression de déjà entendu revient souvent. Le paradoxe est que Destrage émule parfaitement le Soilwok qu'on regrette, voire fait mieux que l'original par moments... mais quand ils en viennent à sortir des refrains en clair qui pourrait sortir de Natural Born Chaos ("Twice the Price", "Collateral Pleasure"), ça fait quand même un peu gros à avaler. Quand il ne font pas ça il leur arrive de traîner du côté de Strapping Young Lad dans la surenchère d'informations ("Home Made..."), du côté de Fear Factory dans l'approche de mitraillette rythmique ("Way Out"), ou du côté obscur avec "Tip of the Day". Trouver au milieu d'un album de ce calibre un single putassier gerbant de ce type, genre de vieux slow sirupeux en carton taillé pour les radios, ça aussi ça pique. Pour terminer, le côté délire jazzycoolos du groupe est plaisant en plus d'être totalement cohérent avec la musique... mais bon. Les titres de chanson débiles et les textes à la con sur fond d'autodérision virtuose, c'est triste à dire mais ça a déjà été fait.


La démarche de Destrage semble briller par sa fraîcheur, mais cette impression devient paradoxale quand on se rend compte que tout ça est du collage de trucs déjà créés ailleurs. La fantastique qualité d'exécution, le côté catchy et la patate du tout hissent The King is Fat n' Old au-dessus de la mêlée, mais il faut bien constater qu'avec toutes leurs qualités ils n'ont pas encore ce qu'il faut pour intégrer la cour des grands. L'album reste néanmoins une bonne porte d'entrée pour découvrir le métal barré, technique et marrant.


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