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CHRONIQUE PAR ...

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Ptilouis
Cette chronique a été mise en ligne le 12 décembre 2016
Sa note : 17/20

LINE UP

-Paolo Colavolpe
(chant)

-Matteo Di Gioia
(guitare+chant)

-Ralph Salati
(guitare)

-Gabriel Pignata
(basse)

-Federico Paulovich
(batterie)

TRACKLIST

1) A Means to No End
2) Don't Stare at the Edge
3) Symphony of the Ego
4) Silent Consent
5) The Flight
6) Dreamers

7) Ending to a Means
8) Peacefully Lost
9) Not Everything Is Said
10) To Be Tolerated
11) Blah Blah
12) A Promise, a Debt
13) Abandon to Random

DISCOGRAPHIE


Destrage - A Means To No End
(2016) - thrash metal metal prog math truc bourré de riffs et d'énergie - Label : Metal Blade Records



Ils avaient la trouille. Ils en chiaient dans leur froc. Et pourtant, ils l’ont fait. Les Italiens de Destrage ont pondu un successeur au complètement barré Are You Kidding Me ? No. Pourtant rien n’était gagné d’avance. Après l’incroyable délire que représentait leur troisième album, les gars auraient pu se planter lamentablement en essayant de refaire le même disque, mais non. A l’image de la pochette plus sombre, les Italiens l’avouent eux-mêmes, ils ont décidé de créer de véritables morceaux. Des trucs moins fous. Et le pire dans tout ça, c’est que ça fonctionne diablement bien.

Parce qu’au-delà de proposer des morceaux plus sérieux, le groupe ne perd pas son identité. Les Italiens proposent toujours autant de riffs qui tuent, de plans complètements allumés et d’énergie à revendre. C’est comme si sur A Means To No End, ils s’étaient dit : « On fait tout comme avant, mais on le fait avec un but précis ». Alors forcément, les morceaux possèdent davantage de structures classiques, mais ce n’est pas plus mal.  Car quand les Italiens tiennent un riff, ils le gardent, ils le démontent, le triturent tout en restant cohérent. Et ce dès la fin de l’intro calme "A Means To No End" ! "Don’t Stare at the Edge" balance son riff, rapide, technique, précis. La batterie fait n’importe quoi, mais elle le fait super bien tandis que  Paolo Colavolpe hurle et growle dans son micro tout en balançant un refrain ultra catchy. Bref, du brisage de nuque en bonne et due forme. Mais… Alors que l’on croit le titre fini, les Italiens balancent un nouveau riff sorti de nulle part et achève ainsi de convaincre qu’ils en avaient encore sous le capot. Et cette technique, cette générosité, on la retrouvera dans d’autres morceaux tout aussi énormes ("Dreamers", "The Flight"). C’est ce qui frustre et à la fois bluffe chez Destrage : cette capacité à toujours proposer cette petite chose en plus (putain, mais la fin de "The Flight" !).
Et pourtant à côté de ça le groupe a visiblement muri. S’ils gardent quelques délires assez familiers comme sur la bordélique "Dreamers" ou la plus rigolote "Blah Blah" et son refrain super efficace, les Italiens se sont calmés. Car, là où Are You Kidding Me ? No. n’hésitait pas à surenchérir, les morceaux d’A Means to No End laissent parfois libre cours aux ambiances. La lente "A Promise, A Debt" fera ainsi directement penser à une musique de western. Le final "Abandon To Random", lui, s’étale sur plus de sept minutes et met lentement en place tous les éléments qui structurent un bon morceau : une longue intro bien lourde avec une batterie folle, un refrain hurlé tout en émotion, une accélération subite avec un passage murmuré sorti de nulle part et absolument génial et pour finir un break instrumental à la rythmique bancale, mais qui ne part pas dans tous les sens. Une réussite ! Et finalement ce morceau résume bien l’évolution du groupe. Les Italiens n’hésitent pas à proposer de nouvelles idées comme les différents passages murmurés (l’excellente montée de "To Be Tolerated", le deuxième couplet de "Blah Blah"), balancent toujours autant de riffs brise-nuques et d’énergie, changent toujours aussi facilement d’atmosphères, mais gardent la maîtrise de leurs morceaux en ne les faisant jamais complètement déraper. Et au niveau du son, les guitares restent toujours bien en avant, ce qui n’est pas pour déplaire.


Une poutre ! Avec A Means To No End, les Italiens prouvent qu’ils savent où ils vont. Généreux, l’album déborde d’énergie et de riffs en tous genres, mais évite l’overdose. Du coup, si Destrage perd un peu son côté nawak, il gagne une forme de maturité qui lui va extrêmement bien et permet à ce quatrième effort d’être l’album le plus efficace et le plus facilement assimilable du groupe. Les Italiens tracent leur chemin et album après album montrent qu’il faudra compter sur eux à l’avenir. Continuer comme ça les gars !


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