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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 09 février 2014
Sa note : 14/20

LINE UP

-Satyr
(chant+guitare+basse+claviers)

-Frost
(batterie)

TRACKLIST

1) Tied in Bronze Chains
2) Filthgrinder
3) Rhapsody in Filth
4) Havoc Vulture
5) Prime Evil Renaissance
6) Supersonic Journey
7) End of Journey
8) A Moment of Clarity
9) Down South, up North
10) The Scorn Torrent

DISCOGRAPHIE


Satyricon - Rebel Extravaganza
(1999) - black metal - Label : Moonfog Productions



A priori le premier album de Satyricon à universellement créer la polémique. Suite à la réussite totale que fut Nemesis Divina, le groupe s'est installé sur le trône du black, siégeant très haut, d'autant plus que les figures de proue norvégiennes du style sont toutes plus ou moins perdues dans le néant. Rebel Extravaganza arrivait donc pour annoncer le couronnement final de la horde (de deux) à Satyr.

Etonnamment ce ne fut absolument pas le cas car le disque en a dérouté plus d'un. Dérouté et même carrément estomaqué. L'amateur de black metal engoncé dans ses certitudes de Nemesis Divina attendait sans doute un grand classique une nouvelle fois, conforté par la progression constante du groupe tant au niveau instrumental, des compositions que des moyens. Rebel Extravaganza continue effectivement toutes ces progressions, sauf qu'il laisse sur le carreau le black metal classique. A défaut de ce classicisme le groupe va déverser un torrent de violence crue et plutôt appuyée par les machines. Les claviers ne sont alors plus triomphaux et grandioses. Le futur a pris place et le chant de Satyr est trafiqué pour bien marquer cette orientation au fer rouge dans le tympan de l'impudent osant croire au contraire.
Pourtant en 2014, difficile d'admettre que ce disque soit autant différent que ce qu'ont bien voulu en dire les fans de l'époque. Certes, on peut admettre la théorie de la trahison car on n'a pas du tout un Nemesis Divina 2. Par contre, y voir un abandon du black metal est pure hérésie. Les guitares restent froides, même si plus mécaniques et la violence crue de certains passages ne peut pas mentir sur la provenance métallique de ces compositions. Oui, Satyr a voulu en faire plus, épater sûrement la galerie des glaces et s'émanciper des carcans qu'on essayait de lui imposer. Grand bien lui eût fait, il a pu pondre des compositions formidables et qui apportent de nouvelles pierres à l'édifice en déjà décrépitude. "Tied in Bronze Chains" ouvre l'album sur une sorte de tuerie intersidérale qui mettra à genoux les plus courageux d'entre nous. Blasts écrasants et surtout riffs incroyables, c'est plaqués au sol que nous débutons le voyage.
La suite n'est pas systématiquement du même acabit et a, il faut le reconnaître, souvent du mal à tenir la comparaison de ces 10 premières minutes mais les claviers spatiaux de "Prime Evil Renaissance", ça parle à personne par hasard ? Un break foutrement original dans une chanson qui déjà donnait bien. Et "Supersonic Journey" dont le titre annonce la couleur ? Un flot magmatique de violence purement gratuite... mais non. Satyr brouille intelligemment les pistes en proposant des breaks presque calmes. Et il clôt le voyage avec une grande logique sur "End of Journey". Alors qu'on reproche à cet album de ne pas être toujours à la hauteur des passages susmentionnés, c'est légitime et normal. Car c'est bien ce dont souffre Rebel Extravaganza, trop d'extravagance qui mène à des sautes de qualité coupables et qui font qu'on a plus envie de s'attarder sur certaines chansons que l'album en lui-même (le dernier titre "The Scorn Torrent", de 10 min, en est probablement une caricature en ses passages expérimentaux... chiants et son blast extrême final).


Mais ne croyez pas ceux qui ont pu affirmer qu'il n'était plus question de black metal, ou même de Satyricon, c'est d'une fausseté à s'en ligoter l'anus. Rebel Extravaganza est un disque de black metal, n'en déplaise aux grincheux. Il va au-delà et c'est tout son courage (et ses écueils). Il contient aussi des pépites qui bottent les culs et d'aucun aura envie de s'en tenir là. On ne pourra pas en vouloir à ce d'aucun.


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