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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 14 mai 2015
Sa note : 11/20

LINE UP

-Satyr
(chant+guitare)

-Gildas Le Pape
(guitare)

-Anders Hunstad
(claviers)

-Anders Odden
(basse)

-Frost
(batterie)



TRACKLIST

1) Voice of Shadows
2) Now, Diabolical
3) Repined Bastard Nation
4) Our World, It Rumbles Tonight
5) Nocturnal Flare
6) Die By My Hand
7) Tro og kraft
8) Phoenix
9) Den Siste
10) The Infinity of Time and Space
11) To the Mountains
12) The Pentagram Burns
13) Mother North
14) K.I.N.G.

DISCOGRAPHIE


Satyricon - Live at the Opera
(2015) - black metal - Label : Napalm Records



FBI = Fausse Bonne Idée. Lorsque j'ai appris la sorti d'un live de Satyricon avec un chœur complet (celui de l'opéra national norvégien) en soutien, j'ai eu une première réaction de joie intense. Quelle bonne idée ! Quelle merveilleuse idée !! La puissance du chœur allait se rajouter à la musique de Satyricon pour donner un amalgame écrasant et proche du titanesque. Mais, et si l'alchimie ne se faisait pas ? Pouvait-ce tomber à plat ? Voici des questions qui m'ont turlupiné.

On ne pourra jamais reprocher à Satyr de manquer d'ambitions, d'idées et de moyens de les réaliser. Surtout, il sait se donner les moyens de les réaliser et ce point lui seul mérite tout notre respect. Les puristes noirs objecteront toujours que tout ceci est un poil commercial et mercantiliste, mais envoyons-les gentiment se faire sodomiser chez les Grecs et apprécions gratuitement et sans jugement les initiatives uniques et ambitieuses d'un genre qui se complaît trop souvent au misérabilisme facile. Ceci étant affirmé, revenons-en à ce live proprement dit. Cinquante-cinq personnes dans un chœur en soutien de Satyricon, ça a de la gueule sur le papier. Sur la scène également, c'est imposant et ça rend humble. D'ailleurs Satyricon ne s'y trompe pas en limitant (volontairement ?) les éléments de décors à leur plus simple expression : la lumière. Rien d'ostentatoire pour détourner le regard de la vraie star du soir. Il y a quelque chose d'assez surréaliste au premier abord de voir Satyr et Frost à côté de ce chœur bien habillé. De voir Satyricon sur une scène aussi décorée, de voir un public de metalleux assis (en fait, Satyr va les haranguer, en norvégien, à se lâcher, ne pas faire les timides dès la deuxième chanson). Surréaliste et impressionnant car on n'a pas l'habitude de ce décorum pour du metal.
Sur le chœur maintenant, car c'est bien tout l'intérêt de ce live. Premier point, il n'est pas omniprésent et Satyr a eu la bonne idée avec son arrangeur de ne pas en mettre à tort et à travers. Au contraire, il est utilisé à aussi bon escient que possible, sans le laisser trop en retrait pour ne pas gâcher sa venue. Second point, ses premières interventions font l'effet escompté : le surplus de puissance, de classe, de grandiloquence, voire de grandeur. Ça tape dans le juste et le pertinent et notre cœur d'adolescent attardé palpite. Le concert avance et cependant nous faisons face à deux problèmes lancinants. Le premier, la setlist malheureusement. Pourquoi, ô grand pourquoi, Satyr(icon) se contente-t-il autant de ses trois derniers albums ??! Nous avons envie de crier, de hurler notre amère déception !! Sur un concert aussi exceptionnel, il fallait sortir le paquet, piocher dans le passé pour le faire revivre en plus grand, libérer les atomes des monuments composés ?! Rien de Dark Medival Times ? Rien de The Shadowthrone ? Vous êtes sérieux ? Ces albums qui ne demandaient qu'à être magnifiés d'un chœur ? Pas de "Tied in Bronze Chains" ? La seule "Mother North" de l'éternel Nemesis Divina ? On est dans la faute de goût la plus totale, car autant l'écrire noir sur blanc : ces trois albums choisis sont moyens voire chiants.
Et cela recouvre le deuxième problème : le chœur. Son utilisation est très limitée. Des « oooh-oooooooh-ohoh-oooooh », mais pas grand-chose de plus, tant et si bien qu'au fil de l'avancée du concert on finit par le trouver plat (cependant "Die By My Hand" est top dans son utilisation des chœurs et la pop "Phoenix" surprend en très bien). Cela devient un exemple typique de l'idée qui finit par tomber à plat avec la durée. Écoutez donc "Mother North" et essayez de trouver cette version meilleure que celle de l'album. Je n'y arrive pas et c'est une monstrueuse désillusion. Ajoutez à cela le fait que le son est propre mais trop gras. Le chant de Satyr est également trop rocailleux et plus assez raclé. Bref, des reproches de black metalleux vivant dans son souvenir noir, mais reste que cela ternit un live qui avait pourtant les atouts en main pour tout écraser. Et la communication de Satyr dans tout ça ? Bonne. Excellente même. Il prend la scène à lui tout seul pour attirer les regards malgré le chœur. Il parle, certes en norvégien, mais cela suffit à nous captiver et embarquer le public. Et puisque nous parlons également d'un DVD, quid de la réalisation ? Dans une interview, Satyr a déclaré que l'image n'était pas le but premier et cela se voit. C'est loin d'être catastrophique mais c'est très académique, rien de très aventureux dans les plans et au final, le mérite d'apporter une image de qualité mais rien de plus.


Déception oui. Relative, peut-être, cela dépendra de vos attentes et de votre réception à ce son et ces images. Certes, un avis est toujours personnel et vous serez peut-être plus ébahis que je ne le fus. Mais on ne peut clairement, et à mon plus grand désarroi, pas mettre ce live dans la liste des « grands lives ». On doit saluer Satyr pour son abnégation et ses réalisations, car ce qu'il fait ici n'est rien moins que grandiose. Cependant, la réalisation finale nous laisse sur le carreau. Nul doute que les personnes présentes dans la salle ont dû avoir un grand moment de bonheur, mais nous, spectateurs, sommes affamés.

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