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CHRONIQUE PAR ...

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Fromage Enrage
Cette chronique a été mise en ligne le 06 février 2014
Sa note : 11/20

LINE UP

-Mark Oseguada
(chant)

-Rob Cavestany
(guitare)

-Ted Aguilar
(guitare)

-Damien Sisson
(basse)

-Will Caroll
(batterie)

TRACKLIST

1) Left For Dead
2)
Son of the Morning
3)
Fallen
4)
The Dream Calls For Blood
5)
Succubus
6)
Execution - Don't Save Me
7)
Caster Of Shame
8)
Detonate
9)
Empty
10)
Territorial Instinct / Bloodlust
11)
Heaven And Hell


DISCOGRAPHIE


Death Angel - The Dream Calls For Blood
(2013) - thrash metal - Label : Nuclear Blast



Et si Death Angel était le Jésus du thrash metal ? Non, sans rire. Et je ne parle pas seulement de longueur capillaire. Quand on y réfléchit deux secondes, ce groupe a quand même plus d’un miracle à son actif. Déjà, sortir un album culte du thrash dès le premier essai alors que tous ses membres n'étaient que des gamins (entre 15 et 19 ans).  Ensuite, se remettre d’une absence de 14 ans et revenir avec un putain de chef-d’œuvre, j'ai nommé The Art Of Dying. Et enfin, confirmer cette belle perf' avec un Killing Season tout simplement magistral, à une époque où on ne donne plus cher de la peau du thrash depuis bien longtemps. Si ça c'est pas des miracles...

Malheureusement aujourd'hui, les choses ont changé. Finis les miracles. Death Angel donne plutôt l'impression d'en être à la phase crucifixion, larmes aux yeux et solitude absolue face aux fans qui l'ont abandonné à son triste sort. The Dream Calls For Blood sent le thrash sans envie, l'abattage sans âme en mode (quasi) automatique. Death Angel a beau s'évertuer à jouer plus fort, plus vite, à produire toujours plus massivement ses albums, il ne botte pas plus le cul pour autant. Aussi les trois premiers titres de cette cuvée 2013 inquiètent fortement : toujours le même tempo à fond la caisse, même chant criard et sans nuances d'Oseguada... Autant dire que la variété de The Art Of Dying, c'est de l'histoire l'ancienne... Allez, "Left For Dead", de par sa qualité d'opener, fait encore illusion et promet un album au moins énergique, et donc pas trop ennuyeux. "Fallen" n'est pas si mal avec son refrain angoissant. Mais globalement, force est de constater que Death Angel a succombé à la maladie du thrash moderne, qui consiste à vouloir faire toujours plus viril et agressif pour impressionner les jeunes. Et au final, ça bourrine tellement qu'on ne retient ni riffs, ni couplets, ni soli. Un grand tabassage qui tourne à vide. "Sucubus" essaye bien de lever le pied pendant le refrain, mais c'est bien insuffisant pour en faire un véritable bon morceau. Le premier vrai titre sympa de l'album arrive en 4e position dans l'album. Cette title track propose un heavy / thrash bien fichu, carnassier et très entraînant. Ce morceau doit assurément cartonner en live !
Un joli trio est aussi à signaler en fermeture d'album. "Detonate" sonne comme une B-Side de The Art Of Dying, la grosse production en plus. Oseguada retrouve ses vocalises suraiguës en fin de titre, et nous rappellerait même l'époque de The Ultra-Violence pendant un bref instant. Même combat pour "Empty", où les chœurs typiques de Death Angel retentissent à l'occasion d'un refrain de qualité. C'est rafraîchissant après le tabassage qu'on vient de subir en début d'album. Enfin, "Bloodlust", en s'inscrivant dans un registre plus lent et vicieux, s'impose comme une conclusion correcte. Cavestany et Aguilar se livrent à un joli duel à la six-cordes en fin de morceau, et ça fait bien plaisir de les voir renouer avec leur verve guitaristique. En examinant l'album à la loupe, on peut déceler quelques autres points positifs. Citons donc "Execution - Don't Save Me", qui invite à une petite séance de headbanging, avec un refrain qui a le mérite de rappeler les précédents albums du groupe. Un titre qui fait son petit effet, faute de mieux... "Caster Of Shame" se distingue aussi par un bon solo et une ambiance un poil plus sombre. Et pour finir, un mot sur la bonus track. Death Angel signe une interprétation réussie et appliquée de l'incontournable "Heaven and Hell" de Vous-Savez-Qui. J'ai quand même le regret de vous annoncer que c'est l'un des meilleurs titres de l'album. Mauvais signe...

Vous l'aurez compris, j'ai du mal à cacher mon amertume face à ce nouveau Death Angel. Il n'est pas totalement indigne ni merdique, simplement très peu marquant. Le Jésus du thrash n'arrive plus à multiplier les pains (dans la gueule). Faut croire que tous les groupes de thrash, même les miraculés, ont une date de péremption. Une résurrection reste envisageable, mais nous autres metalheads sommes des Saint-Thomas auditifs : nous ne croyons que ce que nous entendons. Dieu du Thrash, pardonne à Death Angel, ils ne savent (plus trop) ce qu'ils font.



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