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CHRONIQUE PAR ...

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Fromage Enrage
Cette chronique a été mise en ligne le 21 juillet 2019
Sa note : 12/20

LINE UP

-Mark Osegueda
(chant)

-Rob Cavestany 
(chœurs+guitare)

-Ted Aguilar 
(guitare)

-Damien Sisson 
(basse)

-Will Carroll 
(batterie)

TRACKLIST

1) Humanicide
2) Divine Defector
3) Aggresor
4) I Came For Blood
5) Immortal Behated
6) Alive and Screaming 
7) The Pack 
8) Ghost of Me 
9) Revelation Song 
10) Of Rats and Men 
11) The Day I Walked Away

DISCOGRAPHIE


Death Angel - Humanicide
(2019) - thrash metal - Label : Nuclear Blast



Loup : n.m (Zoologie). Mammifère carnivore à l’allure de grand chien de la famille des canidés, au pelage gris jaunâtre, aux yeux obliques, aux oreilles dressées, de nom scientifique Canis lupus. Utilisé à tort et à travers par Death Angel pour ses pochettes de disque depuis 2010. Et étant donné la « qualité » desdites pochettes, je crois que les Philippins ont fait bien plus de mal à la pauvre bête que tous les braconniers réunis.
Sans déconner, est-il Dieu possible de sortir quelque chose d'aussi HIDEUX en 2019? Qui plus est lorsque l'on est un groupe célèbre, reconnu et disposant - on peut le supposer - d'un budget conséquent ? Cela étant dit, ce choix visuel trahit aussi la « nouvelle » identité sonore du groupe : pareil au loup en quête de viande, Death Angel joue l'agressivité sans relâche, vise la gorge et ne fera pas de quartiers. Et cela, justement, depuis la sortie de Relentless Reckless Forever. Le premier disque des Philippins à arborer le canidé et sa meute. 
Ce Humanicide ne fera aucunement exception. Et à tous ceux qui auraient lâché l'affaire avec Death Angel depuis, disons, quinze ans : vous risquez d'être sacrément surpris. Terminé, le temps d'Act III, où l'énergie explosive du groupe était synonyme de bonne humeur. Révolu, l'éclectisme exemplaire de The Art Of Dying. Les thrashers du Pacifique ont tout sacrifié à l'hostilité absolue et à la vélocité sans concessions. D'où une musique certes plus musclée, mais beaucoup plus linéaire et plate. Et ainsi les albums ont continué à défiler, efficaces et rageurs, mais tristement monotones. Les loups ont du mordant, mais manquent de panache et de raffinement.
Et nous voici donc, après trois ans d'absence, avec Humanicide. Parfaitement aligné dans la continuité du Death Angel que nous venons de décrire plus haut, il met les choses au clair très rapidement : d'entrée, un riff menaçant surgit, l'accélération survient et un hurlement possédé déboule pour lancer les hostilités. Le ton est donné. Plus que jamais, Death Angel assume son identité belliqueuse. Bien entendu, et l'on pouvait s'y attendre, le son est massif (un bon moment que Death Angel est signé chez Nuclear Blast). Les vociférations d'Osegueda sont de plus en plus proches du côté « core » de la force... Et, hélas, de moins en moins nuancées. Pour peu, on regretterait presque ses cris de « Barbie à qui l'on tire les cheveux » (réécoutez "Kill As One", vous comprendrez).
Ce sont donc des soupirs de lassitude qui risquent bien d'accompagner les premières écoutes de Humanicide. Et pourtant, Death Angel parvient, comme par magie, à faire passer la pilule malgré tout. Alors oui, la musique du quintette n'est guère plus qu'un rouleau compresseur bien produit. Oui, le groupe de jeunes prodiges, fier et inventif représentant de la Bay Area, est désormais loin. Oui, la stagnation artistique est presque complète. Mais vaille que vaille, le tour de main est encore là. Et Death Angel parvient encore à rallier, sur ce "I Came For Blood" radical et tranchant, expédié en trois petites minutes bien ciselées. Sans oublier ce qui est probablement le meilleur titre de la galette : ''Alive and Screaming''. Son refrain si typique du collectif est un délice : les chœurs du groupe et Mark Osegueda, qui adopte son timbre scandé « je suis à l'asile, sortez-moi d'ici », se répondent comme à l'ancienne époque. Un très bon point.
Pour le reste, difficile d'être enchanté. Mais difficile aussi de parler d'un absolu ratage. Revenons sur Osegueda un petit moment. Certes, il met bien moins de variété dans ses vocaux, mais sa conviction et sa rage répondent présents. Les riffs quant à eux oscillent entre le traditionnel (''Ghost Of Me'') et le moderne (''Revelation Song'' et son fade-out peu inspiré), soutenus qu'ils sont par la production. Cette dernière est en béton armé, mais il lui manque de ce petit supplément d'âme, ce réel souffle. Le groupe cherche à avoir un gros son qui fasse le travail, et... c'est à peu près tout. Même chose pour les soli : efficaces mais loin d'être mémorables. À noter tout de même que l'album s'accorde le droit de respirer, à l'occasion de quelques compositions au tempo plus raisonnable : ''Immortal Behated'' et ''Revelation Song''.  Pas les meilleures du disque, mais l'intention est louable. 


Un album de plus, c'est par cette formule éculée - et un peu triste - que l'on peut résumer l'arrivée de Humanicide dans la discographie de Death Angel, qui reconduit la formule post-Killing Season - sans surprise, en distribuant des mandales à grande vitesse. Si les sensations sont là et que, il faut le reconnaître, la formation n'a pas perdu son talent d'écriture, ce dixième LP n'offre rien de réellement frais, rien de vraiment audacieux. Tour de main, énergie et agressivité en sont les principaux ingrédients. Agréable, mais bien trop éphémère. 



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