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CHRONIQUE PAR ...

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Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 11 janvier 2014
Sa note : 15/20

LINE UP

-Jonas Bryssling
(guitare)

-Jonas Karlsson
(guitare)

-Niklas Dewerud
(basse)

-Dennis Rondum
(chant+batterie)

TRACKLIST

1) Lamashtu
2) Swarm Of The Formless
3) Hidden In Flesh
4) A Presence Inexplicable
5) Dirty Priest
6) Spawn Of Possession
7) Inner Conflict
8) Cabinet
9) The Forbidden
10) Church Of Deviance
11) Uncle Damfee

DISCOGRAPHIE

Cabinet (2003)
Noctambulant (2006)
Incurso (2012)

(2003) - death metal technique - Label : Unique Leader



Avant de devenir le groupe ultra-technique jazzy qu’on connaît tous et de devenir un des groupes les plus en vue de la vague de death technique des 2000s en pondant Noctambulant, Spawn Of Possession existait déjà. Sauf qu’il y avait une légère différence.

Oh, très légère. Juste un peu moins de jazz dans la formule. Mais beaucoup plus de Suffocation, moins les dissonances totales, faisant des choses sales avec Necrophagist, mais avec des solos mélodiques. Va comprendre. Tout aussi tarabiscoté que son successeur, Cabinet met la basse bien en avant pour que l’on profite de ses lignes différentes de celle des guitares. Enfin, puisque ces dernières jouent souvent des motifs différents, il devient presque difficile de se repérer. Surtout que ce premier album ne délivre nullement des compositions à la structure allégée. On reconnaît bien quelques riffs principaux particulièrement abrasifs ("Swarm Of The Formless", "Cabinet", peut-être le morceau le plus assimilable avec sa suite de riffs mémorables), mais en dehors de cela, il vaudrait mieux ne pas souffrir de troubles mémoriels si vous espérez tirer le meilleur parti de cette galette. Quelques incartades plus mélodiques aèrent cependant le disque (l’un des nombreux breaks d’ "Hidden In Flesh", avant le solo, "Dirty Priest", encore en intro du solo), et offrent des points de repère précieux.
Parce que c’est quand même assez aride. Ces 37 minutes de joyeuse brutalité sont pourtant très audibles, loin de Reduced To Ashes ou du premier Odious Mortem. Au contraire, la production permet même à chacun de se distinguer en conservant tout de même une homogénéité certaine. La voix, puissante, ne cache nullement les cordes, et un constat similaire s’applique à la batterie. Quant à la qualité du tout, on la résumera parfaitement en disant que tromperie il n’y a pas. Le patronyme figurant sur la pochette est amplement mérité, et les suédois n’ont pas à rougir de ce premier jet. Leur style reconnaissable est déjà de la partie et met assez rapidement à genoux, grâce à des enchevêtrements rythmiques abscons qui placent la cassure fréquente au rang de déité ("A Presence Inexplicable", "The Forbidden" et "Dirty Priest", évidemment). Thématiquement aussi, l’aspect anticlérical qui habite tous les textes d’Incurso est de la partie, avec des titres comme "Church Of Deviance", qu’on croirait accélérée en studio tant le rendu est irréel. Pas besoin de s’appesantir sur le talent individuel de chaque instrumentiste. Si ?
Alors faisons rapidement en indiquant que le batteur a tout de la pieuvre, offrant un jeu gavé de roulements et de breaks qui ne laissent pas la monotonie du blast ou du skank-beat s’installer. De plus, le poulpe parvient systématique à trouver un pattern qui insuffle du groove aux passages qu’il rythme. Bien que de slam parts il n’y ait point, ce talent fait quand même son petit effet lors de quelques ralentissements relativement jouissifs ("Spawn Of Possession" pendant le refrain, avec les doublures de voix), qui aèrent aussi la tempête de technicité lancée telle un train sans freins. Le bassiste… a quatre bras. Les guitaristes, eux, enchaînent plus rapidement les riffs brutaux et les harmoniques sifflées qu’il ne l’est humainement possible. Sachant qu’en plus ils balancent des solos aussi bien composés que ceux de Necrophagist et Death ("Inner Conflict" plus rapide que la lumière, "Cabinet", avec cette touche épique )… Que demander de plus ? Le chanteur, en revanche, en dehors des backings, ne sort pas vraiment de l’ordinaire. Il fait bien son travail, avec des intonations puissantes, mais rien de plus.


Un très bon premier album, plus concentré sur l’efficacité pure et dure des riffs que sur le côté classique de la musique. Les quelques influences des autres styles musicaux restent discrètes pour l’instant, ce qui n’empêche pas les Suédois d’offrir un album aux nombreux points d’accroche. Presque plus que Noctambulant rétrospectivement. Donc, Cabinet peut constituer une bonne porte d’entrée à la discographie de la formation.



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