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CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 05 octobre 2013
Sa note : 16/20

LINE UP

-Paul Kelland
(chant+basse)

-Michael Hoggard
(guitares)

-Jamie Saint Merat
(batterie)

TRACKLIST

1) Odium
2) Vermis
3) Clutching Revulsion
4) Weight Of Emptiness
5) Confronting Entropy
6) Fall To Opprobrium
7) The Imperious Weak
8) Cessation
9) Await Recission

DISCOGRAPHIE


Ulcerate - Vermis
(2013) - brutal death chaotique et spirituel - Label : Relapse Records



A la suite de The Destroyers Of All qui avait créé une petite hype à sa sortie en étant bien plus accessible que les précédents disques des Néo-Zélandais, pas franchement easy-listening, voici, deux ans après, le retour d’une formation qui commence doucement à prendre de la bouteille, visiblement pour le meilleur. Vermis, du haut de sa pochette sobre annonce un contenu qui promet de ne pas être joyeux, et la tracklist détrompe ceux qui craignaient un disque encore plus long, qui aurait à coup sûr signé l’arrêt de mort du groupe, ou plutôt l’indigestion totale de l’auditorat.

Toutefois, qu’on ne se leurre pas, Vermis n’a rien de la suite de petites mélodies drôles destinées à charmer l’organe auditif d’une frange de pucelles aussi prudes qu’effarouchées. Le groupe n’a nullement adouci sa formule. Il l’a seulement légèrement modifiée. Du premier album, Of Fracture And Failure, ne subsiste plus grand-chose, et l’orgie brutale reste loin des perspectives de Vermis. Nombre de passages blastés ; comme sur "Clutching Revulsion" '(le meilleur morceau) et "Confronting Entropy", satisferont néanmoins ceux qui se seraient lancés dans l’écoute dans l’optique d’en trouver. Le chant non plus ne fait pas un pas en arrière, étant toujours aussi hargneux, mélange de Gorguts et d’Immolation, qui donne encore une fois une dose de haine supplémentaire à un ensemble qui n’en manque pas forcément. Bref, aucun compromis n’a été fait sur cette nouvelle offrande, et tout consommateur de death brutal et alambiqué y trouvera son compte.
Cependant, le groupe a su continuer à évoluer, comme il le fait sur chaque album depuis son premier, sans prendre d’énormes risques toutefois. Nul passage au fifre, sur fond d’orgue Hammond ici. Ce sont plutôt l’inclusion de deux courts interludes, dont une introduction donnant le ton, et la réduction des durées des morceaux, afin de les réduire au strict nécessaire, qui marque la différence avec The Destroyers Of All. Au sein de Vermis, une tendance se trouve également régulièrement utilisée : celle consistant à déployer des atmosphères, qui ne suintaient pas forcément de façon systématique dans l’album de 2011. Ainsi, de fréquentes accalmies coupent les morceaux, pour déployer ces ambiances glauques, lorsqu’elles ne sont pas inoculées à l’auditeur par le biais des cascades de dissonances, à l’exemple de ce riff reptilien à la fin de "Clutching Revulsion", qui en fera baver plus d’un. Le gimmick à la Immolation de la mélodie dissonante placée en fin de disque est d’ailleurs toujours bien présent pour ce quatrième obus.
Ces assez nombreux passages sont, au final, assez expérimentaux, se rapprochant presque plus de Deathspell Omega que du Gorguts auxquels ils semblaient avoir autrefois prêté allégeance. D’un point de vue général, cela se traduit par une forte avancée du régiment sludge atmosphérique sur le terrain autrefois conquis par le brutal death dans le champs de bataille qu’est la musique du groupe : toujours aussi chaotique et violente, elle accorde enfin des moments de repos aux troupes d’auditeurs, reconnaissantes. Ce déploiement plutôt régulier de brumes dissonantes, à la manière de celles qui entament "Vermis", est mêlé aux violences récurrentes qui firent le « succès » du groupe auparavant. Lesdites  violences ne tombent cependant jamais dans le domaine du rébarbatif, car, de même que précédemment, la frappe experte et tentaculaire du batteur ne le permet nullement, et prend même parfois parti à perdre l’auditeur, en participant au désordre général.


Les Néo-Zélandais poursuivent donc dans la voie qu’ils ont tracée, sans y causer de grande révolution, mais en apportant toujours quelques changements, montrant par là même qu’ils ne reposent pas sur leurs lauriers. Vermis est un disque légèrement moins monolithique que les précédents, même s’il ne faut pas se leurrer quant à une quelconque aisance d’assimilation, qui ne sera pas ici de la partie. Reste maintenant à voir ce que le groupe sera capable de proposer ensuite…



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