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CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 05 octobre 2013
Sa note : 12/20

LINE UP

-Ben Read
(chant)

-Michael Hoggard
(guitare)

-Michael Rothwell
(guitare)

-Paul Kelland
(basse)

-Jamie Saint Merat
(batterie)

TRACKLIST

1) Praise And Negation
2) Ad Nauseam
3) The Mask Of The Satyr
4) Becoming The Lycanthrope
5) To Fell Goliath
6) Martyr Of The Soil
7) Failure
8) The Coming Of Genocide
9) Defaeco

DISCOGRAPHIE


Ulcerate - Of Fracture And Failure
(2007) - brutal death chaotique - Label : Neurotic



L’arrivée d’Internet a permis à plusieurs groupes de se faire connaître de façon internationale alors que le pays duquel ils sont originaires n’est pas forcément placé sous les feux de la rampe du monde musical. Ulcerate, par exemple, est un groupe originaire de Nouvelle-Zélande. Le groupe aurait pu se faire connaître en Australie seulement, mais non, grâce à la toile, ils faisaient encore récemment une tournée européenne. Leur premier album n’était pas passé inaperçu à l’époque. Retour sur le monstre.

En 2007, Gorguts n’était plus. Et Immolation n’offrait que du syndical. Alors, de la multitude de clones et autres plagiaire, s’est extraite une formation qui s’est dit que ça pourrait être bien de mélanger le style de ces deux (plus ou moins) gros poissons. Enfin, sur ce premier opus, l’influence des géniteurs de Close To A World Below se voit moins que sur les suivants. Et, à l’instar d’eux, aucun quartier n’est fait, puisque la double pédale, carrément ébouriffante, part en quinze secondes. Et l’auditeur, déjà anxieux de la facture du dentiste résultant de l’écoute, se retrouve happé dans un ballet de dissonances encore plus agressives que celles du seul Gorguts cité plus haut. Les rythmiques sont chaotiques, le lent succédant à l’ultra-rapide sans crier gare, et n’aident pas à s’y retrouver. La musique d’Ulcerate est des plus compliquées, surtout sur ce premier album. Malgré une production exemplaire de puissance, à laquelle ne peut être fait le moindre reproche, le tout inspire quand même une énorme impression de bouillonnement.
Les premières écoutes sont très compliquées, puisque la formation est adepte des changements multiples de riff au sein du même morceau, un peu comme cette formation new-yorkaise évoquant des problèmes respiratoires. Pourtant, dans cette véritable tornade, une fois passée la surprise, de nombreux riffs marquent, sans cependant réussir à s’accrocher, handicapés par la versatilité de la musique. Pêle-mêle, citons "The Mask Of The Satyr", l’entrée en matière de "Becoming The Lycanthrope", tellurique à souhait, ou encore "Martyr Of The Soil", avec un growl proche de Ross Dolan et un aspect conquérant à la Immolation. Bref, ce qui tire surtout Of Fracture And Failure vers le bas, c’est cette manie de faire un concours de dissonance, alors que de légères accalmies, comme celle de la fin de "Mask Of The Satyr" ou de "Failure" seraient salvatrices, comme dans le dernier Gorguts, notamment, ou l’opus suivant des Néo-Zélandais. Parce que, malgré ses évidentes qualités pour un opus de brutal death, Of Fracture And Failure dure tout de même 45 bonnes minutes. De quoi offrir une céphalée à tous les plus pleutres, et les autres aussi, d’ailleurs.
Pourtant, les instrumentistes, qui tirent franchement sur l’inhumain ici, entre ces guitaristes déments, et ce batteur plus que tentaculaire qui pédalait déjà plus vite que tous les Italiens amateurs de trig, ont un talent certain. Ulcerate a une patte indéniable, un style bien reconnaissable. Mais il se montre ici trop inaccessible, trop élitiste, pour espérer avoir un immense impact. Trop de brutalité tue la brutalité, et même la lead finale, alors qu’il n’y en a eu qu’une ou deux sur le reste de l’album, pratique chère à Immolation, ne peut sauver Of Fracture And Failure de ce constat. Pourtant, cette mélodie est admirable, et ambitieuse, puisque montée sur la base des riffs dissonants qu’offre le reste de l’album. . Le blast presque continu durant tout l’album n’aide pas forcément d’ailleurs. Les Néo-Zélandais gagneront également dans l’allongement de la durée de leurs morceaux, en insufflant une certaine ambiance, oubliée assez souvent ici, au profit du passage à tabac pur et simple. Ainsi "Defaeco" annonce déjà de belles choses, mais le tout manque encore de la touche de maturité qui transformera un premier essai prometteur en grosse tuerie.


Même si ce premier opus garde des influences bien visibles, les suivants ne feront qu’atténuer ces ressemblances. Surprenant à se sortie, Of Fracture And Failure pêche par son jusqu’au-boutisme dans l’extrême, et manque clairement d’aération, le rendant parfois difficile à écouter d’une seule traite.



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