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CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 25 mai 2011
Sa note : 16/20

LINE UP

-Paul Kelland
(basse+chant)

-Michael Hoggard
(guitare)

-Jamie Saint Merat
(batterie)

TRACKLIST

1)Burning Skies
2)Dead Oceans

3)Cold Becoming
4)Beneath
5)The Hollow Idols
6)Omens
7)The Destroyers of All

DISCOGRAPHIE


Ulcerate - The Destroyers Of All
(2011) - death metal ambient post metal extrême - Label : Willowtip



Depuis le temps que je lisais partout qu'Ulcerate étaient des monstres, des tueurs, un groupe de malades et qu'il fallait absolument écouter ces mecs sous peine de passer pour un neuneu, j'ai été plutôt ravi d'avoir à me farcir la chronique du dernier opus en date des Néo-Zélandais (et ouais, même là-bas on fait du holy métol les zami(e)s !). Je n'avais, alors que je me suis lancé dans l'écoute de ce Destroyers Of All, jamais véritablement posé l'oreille sur le son de ce groupe. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que j'ai été sacrément surpris.

« Ce groupe est à part, définitivement ». C'est là le truc le plus marquant que j'ai retenu après plusieurs écoutes du massif bloc de marbre de 55 minutes que constitue la dernière sortie des All Blacks du métal. Très rarement, voire jamais, n'avais-je entendu un son tel que celui de Ulcerate. Déroutant. Comment définir la musique de ce groupe ? Voilà, mes bon(ne)s ami(e)s, une putain de colle. Les premiers mots qui viennent à l'esprit sont les suivants : tellurique, dissonant, atmosphérique, plombé, progressif, ambiant, protéiforme, racé, aussi sombre que lumineux, aussi extrême (toute la partie rythmique et le chant) que mélodique (les guitares), difficile d'accès, cérébral, et tout ça sans donner pour autant un rendu outrageusement technique ou particulièrement complexe rythmiquement parlant (même si les mecs sont quand même foutrement virtuoses, reconnaissons-le) ! Faisant autant appel au postcore neurosien qu'au black mélo (''Burning Skies''), au death old school qu'au rock prog pour les structures alambiquées des pistes (''Beneath''), ce groupe casse clairement les codes, lance des ponts inattendus entre les styles et possède une identité des plus prégnantes qui lui permet de s'extirper de la masse sans aucun problème. Le résultat est étonnant et pas forcément évident à appréhender. On se retrouve devant un monolithe ultra cohérent et carré (les 7 morceaux font tous entre 7 et 10 minutes), d'une richesse peu commune et il n'est nul besoin de 10 écoutes pour réaliser que les géniteurs d'un tel monstre sont largement au dessus de la moyenne en termes de qualité de composition.

Le principe du groupe est de plaquer des riffs plombés, majoritairement lents (des riffs plus rapides et violents sont également présents, mais relégués au second plan), majestueux et assez mélodiques, rappelant la scène postcore ou encore le groove métal d'un Mastodon (''Burning Skies''), Blask Tusk voire même Gojira par instants (''Cold Becoming''), sur des rythmiques purement brutal death, le tout surplombé d'un chant très extrême lui aussi, uniforme, growl puissant plus rocailleux et rugueux que véritablement guttural. Bref, les guitares planent et tissent des toiles de fond (''The Hollow Idols'', ''Omens''), des ambiances, plus que des véritables riffs qui se répèteraient, et le reste tabasse grave. Le batteur possède un jeu assez atypique, axant quasiment toutes ses frappes sur le duo double pédale/blast beat à la caisse claire, et délaissant les toms la plupart du temps, pour un rendu assez sec et particulier (prod' un poil limitée oblige), mais qui colle inexplicablement bien à la musique du combo. À part, j'vous dis... Faut-il pour autant crier au génie et encenser ce groupe en lui collant un 18 sur 20 ? Difficile à dire. En effet, la musique de Ulcerate manque d'un peu d'immédiateté, de ce côté accrocheur qui aurait instantanément fait de ce Destroyers Of All une vraie tuerie. Le son proposé par les Néo-Z est véritablement difficile d'accès, et demande une écoute des plus attentives car, ici, tout est dans les ambiances, dans le ressenti, le feeling. Certains adoreront, d'autres se feront un peu chier par instants. J'ai personnellement oscillé entre les deux états au cours de mes écoutes de cet opus, et la note s'en ressent.


Quoi qu'il en soit, il est clair que c'est exactement pour découvrir ce genre d'albums que je me suis mis à chroniquer. Ulcerate est un groupe indéniablement novateur, original et exigeant, et rien que pour ça il mérite une belle note. Après, on aimera ou pas. Vous l'aurez compris, je suis moi-même assez partagé, mais par simple respect pour la qualité du travail de titan fourni par ce trio de barges résolument avant-gardistes, cet album valait largement un coup de cœur. Chapeau.


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