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CHRONIQUE PAR ...

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Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 24 août 2013
Sa note : 16/20

LINE UP

-Alex  Hofmann
(chant)

-Rob Maramonte
(guitare)

-Scott Carstairs
(guitare)

-Rob Morey
(basse)

-Andrew Baird
(batterie)

TRACKLIST

1) Alpha Incipient
2) Ritual Of Godflesh
3) Become One
4) Cerebral Hybridization
5) Prison Of The Mind
6) The Flame Surreal
7) Enslaved Eternal Phenomenon
8) Hallucination
9) The Harvest Wombs
10) Assemblage Of Wolves

DISCOGRAPHIE


Fallujah - The Harvest Wombs
(2011) - black metal melodeath metalcore spatial - Label : Unique Leader



Ah, la jeunesse, cet âge où l’on est prêt à croire n’importe quoi pour peu qu’on n’acquière pas rapidement un esprit critique. Cela résulte souvent en la suivie béate de divers carcans appelés « modes ». Et vu que je suis un très mauvais sociologue/ethnologue, mieux vaut resser le sujet sur cette chronique. Au départ, les jeunots de Fallujah œuvraient dans un deathcore peu intéressant (enfin, relativement au genre, hein). Tout le monde a le droit à l’erreur, et sachant cela, les jeunots en question décident de changer radicalement avec leur premier album.

Fini le deathcore, ou presque, et place à un death technique mâtiné de discrètes incursions black (la fin de "Become One", au hasard). Et ça tue méchamment, parce qu’ils ont eu la bonne idée de caler de la mélodie cosmique un peu partout. Vous rappelez-vous de Decrepit Birth et leur Diminishing Between Worlds ? Et bien disons qu’on touche là à ce qu’il se fait dans la division supérieure. Si si, c’est possible, la preuve ici sur tous les morceaux, qui comportent au moins deux ou trois artifices de ce genre chacun. Orgie en prévision donc. On retrouve également quelques touches d’Obscura (les accords dissonants et cliquetants renvoient à Omnivium) et du The Faceless pré-Authoteism par endroits, avec ce chant growlé qui y renvoie fortement, bien que le groupe cité plus haut soit l’influence majeure, même dans les riffs plus rythmiques.
Le chant, partagé entre le criard à la manière de Beyond Creation et le growl décapant qui se partagent un travail qui se trouve être peu important, pour le bien de la musique : les stars (c’est le cas de le dire), ici, ce sont les guitares, et c’est tout. La grosse prod moderne, tirant légèrement sur le deathcore avec une batterie un peu plastifiée, met elle aussi en valeur le côté stellaire des six-cordes au son fluide dans les aigus, et plus « astéroïdal »dans les graves. Quelques breakdowns sont d’ailleurs de la partie ("Ritual Of Godflesh"), mais ne gâchent heureusement pas l’écoute, car n’étant pas de simples ralentissements plombés et idiots comme en produit si souvent le genre évoqué plus haut. Tout dans The Harvest Wombs respire la réflexion, du concept philosophico-masturbatoire pour progeux à base de citations de Nietzsche et Anton Szandor Lavey à la structure même des morceaux, enchaînements très naturels de passages aériens et de pilonnages plus terriens mais tout aussi captivants.
Les nombreuses mélodies aèrent donc un album relativement violent sur le papier, et ceci avec un dosage parfait des deux opposés. Le meilleur dans tout ça étant le feeling inné, qui place toutes ces supernovas violettes solistiques à des années-lumière de la simple branlette de manche si chère à certains. "Cerebral Hybridization", "Enslaved Eternal Phenomenon" ou encore "Prison Of The Mind" sont autant de preuves de la capacité mélodique du groupe. Plus surprenant, on continue de prendre une claque lorsque nos jeunots décident de s’exprimer de façon acoustique, sur "The Flame Surreal", nous offrant un passage digne du Cynic de Focus, avec de forts accents jazzy savoureux. On trouve même de légères teintes post-rock sur certains titres, avec des mélodies sidérales qui n’auraient pas dépareillées dans un album du genre. Pour finir, remarquons que ces petits jeunes ont joué avec les structures, créant des progressions, rendant le tout difficile à cerner sans quelques écoutes attentives, cachant de petits trésors qu’il nous faut déterrer. La richesse de cet opus se révélera seulement à ceux qui auront assez persévéré.


Que dire, devant un tel objet, qui subjugue l’auditeur par un déluge de plans technico-mélodiques de l’espace, à part qu’il était totalement inattendu ? Un premier album qui place la barre dans la stratosphère, laissant présager du meilleur pour cette jeune formation, aussi talentueuse, voire plus, que les extraterrestres de Rings Of Saturn.  La promotion assez développée qui a soutenu l’opus, en dehors du fait qu’elle est entièrement méritée, a par ailleurs permis au groupe de se tailler une petite réputation. Et c’est tant mieux.



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