6684

CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 27 août 2014
Sa note : 12/20

LINE UP

-Alex Hofmann
(chant)

-Scott Carstairs
(guitare)

-Brian James
(guitare)

-Rob Morey
(basse)

-Andrew Baird
(batterie)

TRACKLIST

1) Starlit Path
2) Carved From Stone
3) The Night Reveals
4) The Flesh Prevails
5) Levitation
6) Alone With You
7) Allure
8) Sapphire
9) Chemical Cave

DISCOGRAPHIE


Fallujah - The Flesh Prevails
(2014) - death metal technique et atmosphérique - Label : Unique Leader



En 2011, la scène death technique avait offert quelques albums de qualité, dont un The Harvest Wombs qui était le premier album d’un encore jeune groupe : Fallujah. Après un court EP en 2013 en guise de mise en bouche, c’est donc avec The Flesh Prevails que les Américains se présentent de nouveau, prêts à en découdre ; un album qui se doit de confirmer les acquis déjà gagnés précédemment.

The Flesh Prevails a la bonne idée de reprendre légèrement l’aspect « nappes atmosphériques planantes » que Nomadic offrait, afin d’aérer un peu les oreilles entre deux tabassages, une idée qui sera utilisée assez fréquemment, pour le plus grand bonheur des oreilles un peu sensibles. En dehors de ça, il vaut mieux être préparé à une machine de guerre qui ne cesse jamais ses assauts ; et une machine de guerre qui voit sa compression à 3dB lui porter préjudice : même si la production du précédent album était très portée sur la puissance, elle n’empêchait pas de l’apprécier ; de même, l’EP, étant court, ne posait pas de problème à ce niveau. Mais ici, bonne chance pour ne pas ressortir avec une migraine, ou à tout le moins bien fatigué de l’écoute ; en retrouvant ainsi le défaut du dernier Immolation, et pas que. De ce fait, on a tout le temps l’impression de se manger un bloc uniforme de basse, batterie, guitare et voix, avec les mélodies qui flotteraient largement au-dessus ; un bloc uniforme constant, qui ne se dissipe qu’à l’occasion de quelques incartades acoustiques, comme celle du solo de "Starlit Path", ou d’un retour de nappe spatiale.
De plus, la surprise du premier album étant passée, et le groupe n’évoluant pas réellement, on a tendance à écouter l’album de façon circonspecte, en tentant de passer outre le défaut majeur que représente la production. Le fait que la batterie soit très souvent en train de dérouler des tapis de double grosse caisse, et ait un son très plastifié, pour peu qu’on y fasse attention n’arrange rien ; même chose pour la basse qui, bien qu’elle soit audible, a un son très synthétique la plupart du temps. En dehors de ça, la capacité des Américains à poser de bonnes mélodies spatiales sur ce fond de brutalité sauvage ne s’est pas envolée, bien heureusement, ainsi qu’en témoignent celles de  "The Night Reveals", toutes en harmonies. En revanche, lorsque le groupe se la joue plus purement death tirant sur le core, comme dans la seconde partie de "Carved From Stone", l’auditeur haussera tout au plus les épaules, car ces parties, pour le moins quelconques, auraient fortement mérité d’être davantage travaillées.
Les mélodies abondent donc encore dans tous les sens, sous forme de leads et de solos, mais le groupe n’oublie pas non plus d’adjoindre des passages « hyperespace » qui étaient une des réussites du premier : lorsque tout l’ensemble part frénétiquement, avec les guitares jouant des harmonies célestes, comme sur "The Flesh Prevails", même si les défauts de production empêchent ces passages de se détacher du reste comme ils le devraient. Le groupe n’échappe pas non plus au manque d’inspiration qui laisse l’auditeur se demander à quoi peut bien servir "Levitation" en dehors du passage central à la réverbération exagérée, puisque le morceau est une sorte de breakdown géante, où les mélodies se font absentes ou peu inspirées. Ce que Fallujah ne doit pas faire, donc, soit à tomber dans le deathcore pseudo-mélodique comme il est déjà possible d’en trouver un peu partout. Cependant, l’album finit pour le mieux, avec trois titres alternant les points forts, et ce léger ventre mou central peut être considéré comme un accident de route.


Une déception ? Plutôt un gâchis dans des proportions mesurées. Avec une production qui vise moins des sommets hollywoodiens de puissance, The Flesh Prevails donnerait déjà plus envie aux amateurs de ce genre de death de le réécouter, ainsi que le fait de mettre encore plus l’accent sur les mélodies, en abandonnant les tentatives de méchanceté, qui ne font pas longtemps illusion ;  d’autant plus que la personnalité de la formation est suffisamment marquée pour pouvoir s’en passer.



©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 5 polaroid milieu 5 polaroid gauche 5