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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 30 juillet 2013
Sa note : 15/20

LINE UP

-Wulf 
(tout)

TRACKLIST

1) Closure
2) No Turning Back
3) Triumph
4) The Difference
5) A New Tomorrow
6) Decipher

DISCOGRAPHIE


Neurotech - Decipher Vol. III
(2013) - metal symphonique indus ambient cyber - Label : Autoproduction



Neurotech, c'est un peu le chat du quartier (1), celui qui part régulièrement en vadrouille et rentre - parfois - dormir chez vous . De temps à autre, pouf, comme ça, l'ami Wulf se pointe sur votre palier en vous balançant, le sourire jusqu'au oreilles : "Eh, regarde ce que je viens de trouver ! T'as vu ce plan ? Il est dingue non ? Et celui-là ? Celui-ci ? Tu préfères quoi ? Et je te le donne hein, c'est gratuit surtout ! Je suis gentil hein ? On est pote hein ?". Et régulièrement, vous écoutez avec plaisir ce qu'il vous ramène, comme un maître caresse affectueusement son félin qui lui ramène une souris fraîchement décapitée, avec un ronron de contentement

La souris du jour s'appelle Decipher Vol. III. Inutile de jouer l'étonnement, l'arrivée d'un troisième volet était écrite d'avance. Après un premier volume mi-brutal, mi-douillet et un second bien plus popisé (mais pas moins bon, qu'on s'entende), cet ultime volet restait un mystère sur le fond, mais un mystère à l'issue prévisible. Dès la touche lecture enfoncée, on se retrouve en terrain connu et face à un "Closure" instrumental et ambiant qui nous plonge une nouvelle fois dans ce cyber-monde dont Wulf à le secret. « Welcome to Decipher... volume three », nous susurre t-on à l'oreille. Et avec le premier morceau véritable, "No Turning Back", impossible de se tromper : la production (à la fois claire et... compressée, plutôt étrange mais pas mauvaise), le rendu brumeux, l'ambiance spatiale et éthérée : nous sommes bien dans la continuité logique des deux Deciphers précédents. 
"Triumph" lui non plus ne brusquera pas grand monde. Le riff est basique : une corde à vide est jouée en mid-tempo et prend le relais de passages plus aériens laissant s'exprimer un chant clair de plus en plus désincarné (et vocodé). Sur cela se greffent d'éternelles mélodies de claviers, typiques de Neurotech,  préludes à un refrain simple, efficace et positif ; le tout étant survolé d'un synthé d'ambiance qui assure un cadre sonore futuriste à l'ensemble. L'agression d'un "The Cyber Waltz" ou d'Antagonist n'est plus de mise, ni sur ce morceau, ni sur ce volet de clôture d'une trilogie désormais disponible au format physique sous l'appelation logique de The Decipher Volumes. La majorité des pistes reprend d'ailleurs le canevas général de "Triumph", et le mid-tempo futuriste au refrain accrocheur est une nouvelle fois érigé en norme. "The Difference", sur ce schéma, robotise encore un peu plus la voix de l'ami Wulf pour un résultat intriguant et rehaussé d'orchestrations qui en agaceront certains autant qu'elles en satisferont d'autres
Au sein de cette masse de mid-tempo, Wulf bidouille parfois les manettes. Un coup à gauche et voilà que le rythme ralentit et que place est faite aux instrumentaux purs ("Closure", introduction sans trop d’intérêt ; "Decipher", conclusion ambiante nettement plus intéressante qui laisse entrevoir l'éventuel album du même ton évoqué dans l'interview récente). Un coup à droite et voilà que tout s'emballe et que la machine à danser reprend ses droits à coups de saccades stroboscopiques ("A New Tomorrow", dans la veine d'un "A Clouded Mind" sur le second volume). Mais à force de bidouiller les potards, Neurotech a pris des habitudes dont il peine à se défaire. Pas que la redite soit un problème (d'autant que les Deciphers ne sont au final qu'un unique album) mais garde à ne pas s'empêtrer dedans à l'avenir. 


Decipher Vol. III n'est - comme l'annonce son intitulé - ni plus ni moins que la suite logique des deux précédents volumes. Sans surprises, mais toujours aussi bien ficelé, cette dernière partie du triptyque permet à Wulf d'emmener une nouvelle fois son auditeur dans un monde froid et désincarné. Un dernier voyage agréable qui confirme que le mode de transport le plus sur n'est pas plus l'avion que le train, mais bel et bien la musique. (2) 

(1) Va falloir que j'arrête de placer des chats dans toutes mes introductions moi...
(2) La note pose le problème du changement de chroniqueur. Moins bonne ici que pour les deux premiers volets, je préfère prévenir que par chez moi, les trois parties de Deciphers s'en tireraient chacune avec un honorable 15. Ce dernier volume n'étant - à mon avis - ni moins bon ni meilleur que les précédents. 


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