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CHRONIQUE PAR ...

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Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 18 avril 2013
Sa note : 15/20

LINE UP

-Theo Mindell
(chant+percussions)

-Mark Thomas Baker
(guitare)

-Nickel
(basse)

-Carter Kennedy
(batterie)



TRACKLIST

1) Mouths of Madness
2) Marching Dogs of War
3) Silent One
4) Nomad
5) Mountains of Steel
6) Leave It All Behind
7) Loving Hand of God
8) Wizard of War
9) See You On The Other Side


DISCOGRAPHIE


Orchid - The Mouths of Madness
(2013) - heavy metal doom metal - Label : Nuclear Blast



J'ai récemment écrit dans une autre chronique, de manière surement un peu hâtive, qu'on « échappait pas à son époque ». Oui. Peut-être. Mais certains ont visiblement trouvé la parade et, tout en sortant un album en 2013, se sont armés d'une belle DeLorean pour aller faire un petit tour dans le passé avant le passage en studio. De ce voyage temporel, Orchid nous ramène quelques fragments sur The Mouths of Madness, second opus du combo après un Capricorn bien accueilli et deux EP, Heretic (de très bonne facture) et Wizard of War, qui annonçait l'album dont il est aujourd'hui question.  

En tant qu'auditeur, Orchid procure un plaisir presque vicieux. Il s'éloigne des albums de Black Sabbath, que tout le monde connait par coeur (non ?), tout en amenant l'auditeur vers les mêmes horizons vieux-jeu, passéistes et sauvages. Orchid fait de la musique idéale pour tout amateur de heavy-proto-doom qui se respecte, mais avec ce plaisir supplémentaire d'avoir trouvé la perle rare. « Sa » petite découverte personnelle. En revanche, en tant que chroniqueur, Orchid amuse beaucoup moins. En effet, il suffirait de reprendre la chronique faite pour Heretic ou celles faites pour la discographie dudit Sabbath et le job serait terminé. Sauf qu'étant payé à la ligne originale, il faut bien écrire quelque chose de neuf, quitte à user d'ingéniosité pour se répéter sans que cela ne se voie. En ce moment même, d'ailleurs, nous sommes dans l'illusion. Les pièces du puzzle se mettent gentiment en place. Citer Black Sabbath, OK. Parler du passé, OK. Évoquer le son poussiéreux ? A faire. Ce son poussiéreux, vintage, n'est pas étonnant pour du proto-doom, heavy, couillu, riffesque et plongé dans les 70's de la musique à l'artwork (que le groupe a déclaré vouloir traditionnel au possible et immédiatement identifiable, ce qui est réussi rien qu'avec cette typographie violette, attitrée au genre depuis le Masters of Reality du fameux Sab' !) Et pour le coup, rien de présomptueux de la part d'Orchid dans ces multiples références au passé. Les élèves ont très clairement le niveau des maîtres et, en comparaison du revival qui opère ces temps-ci, Orchid s'en tire admirablement bien. 
Et sinon? Eh bien, mes amis, ça riffe sec. Oh, rien qui n'éclate à coup de triple-croche, rien de sous-accordé, rien de franchement véloce non plus. Seulement, Orchid a le truc. Le Fluide. La Maîtrise. La Puissance. Bref, le jeu des guitares - qui dominent bien évidemment le disque - est une réussite totale et l'inspiration des Grands Anciens transpire de nos enceintes qui s'en régalent, ravies de renouer avec ces sonorités si douces à l'oreille. Au sein d'un album de grande qualité, "Nomad" déboule avec un solo au touché émouvant qui nous fait revivre par procuration les meilleurs heures du genre. "Leaving It All Behind" vise encore juste avec son riff répétitif, simple, et pourtant percutant. La base du metal, la voici ! Black Sabbath, Led Zep', Hendrix, AC/DC, Iron Maiden, tout le monde se retrouve chez Orchid, au moins dans l'esprit. Et si les riffs sont tous très bons (on aime la lourdeur de "Silent One", morceau où l'on retrouve des cloches, or le doomeux aime les cloches !), souvent nonchalants et entraînants en même temps, il serait injuste d'oublier de citer le travail vocal. Le chant de M. Mindell est remarquable. Sans copier Ozzy ni se mettre à grogner, le type impose sa patte. Sa voix est claire, granuleuse comme il faut et les lignes de chants, parfois volontairement appuyées, typées, et rehaussées de « Oh yeah! » jouissifs épousent à merveille la musique désertique et lourde du combo. Enfin comme chez les vieux Anglais, les compositions sont souvent scindées en deux parties: une première qui impose le rythme, généralement lent, et une seconde qui tourne notre affaire en cavalcade de soli et d'accélération. 


Pour une fois, l'écoute ne fait que confirmer les arguments de vente mis en avant par le label : Black Sabbath a intérêt à assurer pour que son 13 (encore un ! Après ceux Megadeth et Suicidal Tendencies) tienne la comparaison avec The Mouths of Madness sur le plan artistique. Commercialement, je ne m'inquiète pas pour eux et souhaite surtout le même sort à Orchid, qui, s'il ne réinvente pas la roue sur cet opus, sait néanmoins s'en servir comme il faut. L'été approche, la décapotable va ressortir, coudes sur la portière et sable dans les cheveux, les nénettes vont se jeter à vos pieds. Orchid passera dans votre autoradio et la vie sera belle. 


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