5567

CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 04 novembre 2012
Sa note : 16/20

LINE UP

-Tommy Dahlström
(chant)

-Zeb Nilsson
(guitare)

-Daniel Dlimi
(guitare)

-Marcus Edvardsson
(basse)

-Arttu Malkki
(batterie)

TRACKLIST

1) Still They Pray
2) The Glowing Hate
3) The Voice Of The Accuser
4) I Wish You Death
5) Garden Of Sin
6) Neptune The Mystic
7) Nothing Left To Destroy
8) Passage To Hell
9) Aeons Black
10) Dead Means Dead
11) Sacrificed
12) Aftermath
13) Blessed By The Priest
14) Maze Of The Damned
15) Die By My Hands

DISCOGRAPHIE


Aeon - Aeons Black



Aeon, cela a été dit dans la chronique de leur précédent album, le sympathique et brutal Path Of Fire, est un genre de mix entre Deicide et Cannibal Corpse. Pas la peine donc de rentrer plus avant dans une description du style proposé par les Suédois, vous arriverez sans peine à parler de brutal death old school sans que je n’aie à vous en suggérer les termes. La question qui se pose, après une telle entrée en matière, ressemble à cela : quelle quantité de blast et de growl vais-je recevoir dans les oreilles, et dans quel amoncellement de kiff vais-je me retrouver en train de barboter à la fin de l’album ?

La réponse est : une quantité certaine tant cet Aeons Black est ravageur. Commençons peut être par le petit point en retrait par rapport à l’album de 2010 : la production semble moins puissante, en terme de décibel. Bien sûr, on peut toujours regretter que la loudness war ait fini par faire la loi sur le monde du mastering, mais du coup la production d’Aeons Black parait faible par rapport aux standards actuels. Qu’à cela ne tienne : mettez le volume sur 11 et vous verrez votre papier peint se décoller à chaque coup de grosse caisse. Et attendez-vous à déguster un gros death gras, puissant et intelligemment construit. Mais pas seulement : la violence n’est pas que musicale, elle est aussi plus que jamais dans les paroles du groupe qui, à l’instar d’un Deicide, semble particulièrement remonté contre les croyants de tous poils (à qui s’adresse d’ailleurs la charmante "I Wish You Death"), Dahlström vomissant sa haine et ses menaces contre tout ce qui touche au monothéisme. Certains trouveront ça puéril, d’autres se réjouiront d’une telle véhémence, la même qui animait Benton quand il hurlait « Kill The Christians » sur le titre du même nom.
En tous cas, cette thématique haineuse colle parfaitement au propos brutal du groupe, enchaînant blast et passage headbanguant avec une savante habileté, celle qui caractérise les meilleurs morceaux de brutal death. Ici, on retiendra les dévastatrices "Still They Pray", parfait opener, "Nothing Left To Destroy" ou encore "Sacrificed", à l’écoute desquelles il est impossible de rester de marbre. Surtout que l’album est généreusement garni, avec 15 titres, choses peu communes dans le brutal death – et même si l’on compte 4 morceaux faisant plus office d’interludes, Aeons Black dépasse sans tricher les 50 minutes. Bien sûr, certains auditeurs pourront trouver un peu gênante la propension qu’à Aeon à se rapprocher de Cannibal Corpse et de Deicide – et plus précisément, Dahlström de Benton, tant son growl et sa scanssion sont similaires. Mais l’influence, pour évidente qu’elle soit, est digérée, assumée, et du coup n’est qu’une caractéristique de leur musique, utile à mentionner, mais qui ne joue pas en leur défaveur.


Aeons Black est indéniablement une réussite, un concentré de haine et de violence, avec une technique rappelant également Vital Remains ou Dying Fetus (en un peu moins barge, certes) et avec cet album les Suédois gagnent assurément leur lettres de noblesses, tracées avec le sang d’un pauvre croyant qui passait par là. Vous êtes prévenus.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 2 polaroid milieu 2 polaroid gauche 2