4130

CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 14 juin 2010
Sa note : 14/20

LINE UP

-Tommy Dahlström
(chant)

-Zeb Nilsson
(guitare+basse)

-Daniel Dlimi
(guitare+basse)

-Nils Fjellström
(batterie)

TRACKLIST

1)Forgiveness Denied
2)Kill Them All
3)Inheritance
4)Abomination to God
5)Total Kristus Inversus
6)Of Fire
7)I Will Burn
8)Suffer the Soul
9)The Sacrament
10)Liar in the Name of God
11)God of War

DISCOGRAPHIE


Aeon - Path Of Fire
(2010) - death metal - Label : Metal Blade Records



Ça n’est pas la première fois que je le dis, mais il semble bien que le centre de gravité de la scène death ait subi une translation vectorielle partant des US pour se diriger bon an, mal an, vers le nord de l’Europe, en particulier la Suède. Bientôt ce beau pays ne sera plus le centre du monde en ce qui concerne uniquement le death métal mélodique mais également celui du brutal death, bref d’une grosse partie de la scène du métal extrême. Vu la qualité des groupes que l’on reçoit de là-bas, ce n’est pas forcément une mauvaise chose.


Vous aurez donc bien sur compris que Aeon, dont nous allons parler, vient de Suède et propose un brutal death tout à fait typique de la scène US de la grande époque, c'est-à-dire Deicide et Cannibal Corpse, pour ne citer qu’eux. Production, riffs, voix, ambiance…tout y est. Y compris, peut-être, le classicisme un peu navrant de la chose, qui s’abstient de toute innovation et de toute audace, se contentant de resservir une fois de plus un plat réussi et roboratif mais que la cantine du métal n’a que trop servi : la lassitude ou l’indigestion ne sont pas très loin. Pour autant, il ne faudrait pas se montrer plus royaliste que le roi et négliger d’apprécier ce troisième album, Path Of Fire, parce que depuis la fin des années 90, Aeon a eu le temps de peaufiner son art et de faire preuve d’une maitrise professionnelle de la chose. Nous avons donc affaire à un groupe qui maitrise son sujet, et ça se sent : Aeon parvient à marier la science du riff acéré d’un Dying Fetus avec la méchanceté et la hargne d’un Deicide, groupe avec lequel les suédois partagent un nombre certain de points communs, en particulier le chant. Dahlström possède en effet un growl assez similaire à celui de Benton, dont il prend en plus un malin plaisir à singer la scansion rapide, pour un effet qui rappelle immanquablement les grandes heures des floridiens : jetez une oreille sur "I Will Burn", par exemple.

Aeon se prend de plus au jeu des solos construits, virtuoses et bien exécutés, se rapprochant pour le coup d’un Vital Remains (période Icons Of Evil), comme on peut l’entendre sur "Of Fire", "Liar in the Name of God" ou encore le sweeping tout à fait néo-classique de "Forgiveness Denied". La maitrise de l’instrument est donc une corde de plus à l’arc d’Aeon. L’écriture des titres est inégale, mais malgré tout, Aeon parvient à pondre des refrains savoureux comme sur "Kill Them All", "I Will Burn" ou encore "Liar in the Name of God", avec une très bonne adéquation entre riff et voix, en faisant une alchimie efficace que l’auditeur garde en mémoire, voire fredonne sous la douche (oui, il est possible de fredonner du brutal death sous la douche). Cela démontre si besoin en était que Aeon est capable de développer efficacement ses idées même si pour la plupart, elles n’ont rien de neuf. Pour preuve encore ce petit intermède instrumental "Total Kristus Inversus", dont la guitare classique rappelle immanquablement Nile. Ah oui, vous l’aurez surement déjà remarqué en vous fiant aux titres, mais Aeon a l'air d'être, comme Deicide, salement remonté contre la religion chrétienne, et semble donc décidé de rejoindre le clan Benton dans sa croisade impie. Les grenouilles de bénitier n’ont qu’à bien se tenir.


Musicalement, donc, ça tient parfaitement la route, même si deux-trois titres sont moins passionnants que les autres ("God of War" et son finish symphonique dispensable, "The Sacrament"…). Path Of Fire est un album au classicisme avéré mais à l’efficacité indéniable, permettant aux fans de Deicide d’ajouter une bonne grosse pierre à leur édifice destiné à éradiquer les chrétiens de la planète Terre. Ou simplement à se faire plaisir avec un bon album de death.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 5 polaroid milieu 5 polaroid gauche 5