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CHRONIQUE PAR ...

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Dupinguez
Cette chronique a été mise en ligne le 04 février 2010
Sa note : 17/20

LINE UP

-Tobias Sammet
(chant+claviers)

-Henjo Richter
(guitare)

-Markus Grosskopf
(basse)

-Alex Holzwarth
(batterie)

TRACKLIST

1)Prelude
2)Reach Out for the Light
3)Serpents in Paradise
4)Malleus Maleficarum
5)Breaking Away
6)Farewell
7)The Glory of Rome
8)In Nomine Patris
9)Avantasia
10)A New Dimension
11)Inside
12)Sign of the Cross
13)The Tower

DISCOGRAPHIE


Avantasia - The Metal Opera Part 1



Avantasia, à peu près tout le monde connait aujourd’hui. Mais si l’on se replace dans le contexte, on se rend compte qu’à l’époque, Tobias Sammet n’était pas encore connu comme un lutin suractif et Edguy sortait tout juste la tête de l’eau grâce à Theater Of Salvation, sorti deux ans auparavant. Pour susciter l’attente, Tobi s’en est alors remis à la popularité des autres, en réunissant une liste d’invités vraiment impressionnante, avec comme figure de proue un certain Ernie.

Inutile d’entretenir un suspense qui n’existe plus depuis bien longtemps. Il s’avère que ce fameux Ernie était Michael Kiske. Évènement, donc, puisque Tobias est arrivé à faire ce dont beaucoup rêvaient depuis Keeper Of The Seven Keys pt II : faire chanter du heavy speed à Kiske. Deuxième point d’intérêt : la présence d’André Matos, première apparition dans un album de metal depuis son départ d’Angra. A côté, on trouve pléthore d’invités issus de groupes ayant le vent en poupe (Kai Hansen, Sharon Den Adel, Timo Tolkki) ainsi qu’un line-up de folie (Grosskopf – Richter – Holzwarth, excusez du peu). Bref, avant même sa sortie, il était écrit qu’Avantasia serait au moins une réussite commerciale. Dans l’encyclopédie de l’opéra metal, Tobias venait donc d’écrire le chapitre un : la liste d’invités complètement délirante. Le second chapitre étant : donner à son album une histoire, à l’image de Rhapsody, qui permette à tous ces invités d’intervenir sous la forme d’un personnage donné. On sera donc amusés de retrouver Kai Hansen en nain ou André Matos en elfe. Ne restait plus alors qu’à écrire le dernier chapitre : la musique.

Au menu et vu la gueule des albums d’Edguy à l’époque, on ne sera pas étonnés d’avoir à faire à du heavy speed mélodique de facture assez traditionnelle. Cela dit, The Metal Opera se démarque sur deux points : un travail vocal – forcément – plus poussé qu’à l’accoutumée, et pas seulement par la présence de la pléthore d’invités et de leurs lignes respectives, mais aussi par des chœurs travaillés. On aura l’occasion, dès le premier titre ("Reach Out for the Light") d’apprécier ce travail sur un pont du plus bel effet. Le deuxième point, c’est que Tobias s’est appliqué à donner une atmosphère à son album, un environnement cohérent permettant à l’histoire et à la musique de prendre forme pour créer un tout indissociable. Il s’en sort donc en nous offrant divers interludes qui, bien que n’ayant aucun intérêt pris séparément, offrent à l’album une aération bienvenue et permettent à l’histoire, pour ceux qui la suivent, d’avancer. Le lutin allemand n’hésite également pas à casser quelques codes pour simplement se faire plaisir, à l’image d’un "Inside", ballade affichant deux pauvres minutes et quelques au compteur, dans un format plus qu’épuré : voix et piano. La qualité vocale fait le reste.

Car la plus grande force de cet album, au-delà de sa liste d’invité ou encore de son atmosphère, c’est bien la qualité des compositions. Tobias nous fait tout le répertoire avec brio : le gros speed avec "Reach Out for the Light", le mid-tempo ultra accrocheur avec la title track, la power ballad avec "Farewell"… L’ensemble tient tellement bien la route que cela permet même à quelques moments un peu plus faibles de s’en sortir, à l’image d’un "Breaking Away" dispensable, malgré Michael Kiske. D’ailleurs, malgré cette impressionnante liste de guests, Mister Sammet ne se laisse pas démonter et se taille la part du lion. Il aurait d’ailleurs bien tort de se priver, au grand dam de certains. Et de toute façon, difficile de lui jeter la pierre, puisque celui-ci nous signe quand même quelques tueries, notamment à l’occasion d’une fin d’album tout simplement jouissive, qui voit s’enchainer "Inside", déjà évoquée, avec "Sign Of The Cross", le tube mid-tempo absolu, puis "The Tower", le gros morceau à tiroir de dix minutes, avec peut-être le travail vocal le plus impressionnant jamais réalisé dans un album de speed mélo.


Autant par la ténacité de son leader à monter un projet digne de ce nom que par la qualité intrinsèque de l’album, le premier volet des Avantasia est une véritable réussite. Réussite qui a d’ailleurs popularisé le concept d’opéra metal, une horde de suiveurs s’étant alors lancée dans le créneau. The Metal Opera est donc le genre d’album qui ont marqué l’histoire du metal et qu’il vous faut posséder, ne serait-ce que pour une question de culture. Et pour le plaisir des oreilles, aussi.


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