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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 22 février 2019
Sa note : 11/20

LINE UP

-Tobias Sammet
(chant+claviers+basse+orchestrations)

-Sasha Paeth
(guitare+claviers+orchestrations)

-Michael "Miro" Rodenberg
(claviers+orchestrations)

Ont également participé à l'enregistrement:

-Paul "Ronnie Atkins" Christensen
(chant)

-Jørn Lande
(chant)

-Eric Lee Martin
(chant)

-Jeffrey Wayne "Geoff" Tate
(chant)

-Michael Kiske
(chant)

-Robert Adrian "Bob" Catley
(chant)

-Candice Lauren "Night" Isralow
(chant)

-Hans "Hansi" Jürgen Kürsch
(chant)

-Miland "Mille" Petrozza
(chant)

-Alvin Le Bass
(chœurs)

-William "Billy" King
(chœurs)

-Bridget Fogle
(chœurs)

-Herbie Langhans
(chœurs)

-Lerato Sebele
(chœurs)

-Stokely Van Dall
(chœurs)

-Olivier Hartmann
(chœurs+guitare)

-Nadia Birkenstock
(harpe)

-Felix Bohnke
(batterie)

TRACKLIST

1) Ghost in the Moon
2) Book of Shallows
3) Moonglow
4) The Raven Child
5) Starlight
6) Invincible
7) Alchemy
8) The Piper at the Gates of Dawn
9) Lavender
10) Requiem for a Dream
11) Maniac (Michael Sembello cover)
12) Heart (bonus track)

DISCOGRAPHIE


Avantasia - Moonglow
(2019) - heavy metal metal symphonique speed metal metal opera - Label : Nuclear Blast



Précédemment dans Docteur Tobias et Mister Sammet:

Rendu confiant par le succès d’Edguy, sa première expérience, le docteur Tobias convoque tous ses amis artistes (Mickael Kiske, Sharon Den Adel et bien d’autres) pour former un opéra metal répondant au doux nom d’Avantasia (fusion des mots Avalon et Fantasia). Le succès est retentissant. Le scientifique crée alors un second volet qui confirmera son génie. Puis The Scarecrow, sa troisième trouvaille, voit le jour et des critiques commencent à émerger mais le succès demeure au rendez-vous. Malheureusement, l’expérience lui montant à la tête, le docteur Tobias se dédouble et un beau jour voit dans son reflet une silhouette terrifiante, Mister Sammet. Celui-ci prend alors le contrôle des expériences et offre au monde le diptyque Angels of Babylon / The Wicked Symphony, long, truffé de lourdeur, abandonné du génie créatif qui magnifiait les recueils précédents. Le monde est effaré par ce double effort (surtout The Wicked Symphony). Heureusement, Docteur Tobias a encore cent pour cent la main sur Edguy, ce qui va lui permettre de sortir la tête de l’eau et relancer Avantasia avec The Mystery of Time puis Ghostlights. Néanmoins, sur ces œuvres - surtout la première citée - Mister Sammet résiste et pointe le bout de son nez sur certains titres fort dispensables avant de quasiment disparaître sur le très bon Ghostlights. Le monde se croit alors sauvé du terrible Mister Sammet.


Episode 7: Moonglow

Le docteur s’est fortement inspiré de son ami cinéaste Tim Burton pour créer l’univers Moonglow comme le démontre le sublime Artwork signé Alexander Jansson où l’on aperçoit une ombre à travers une plaine qui semble à la fois rassurante et terrifiante, à l'instar des détails entourant ce tableau principal. La pochette fait écho au morceau d’ouverture, "Ghost In The Moon", ressemblant très fortement à "Mystery of Blood Red Rose", sorte de suite de l’opener de Ghoslights. L’inspiration du scientifique ressemble à celle qui rehaussait ce dernier. "Book of Shallows" est un hymne, une œuvre puissante et terriblement dynamique. Il faut dire que notre ami s’est entouré de nouveaux copains de jeu avec le célèbre Hansi Kürsch (Blind Guardian) et le thrasheux Mille Petrozza (Kreator) en plus de l’habituel Jørn Lande. Et si la petite mid tempo "Moonglow" respire un peu trop la facilité, l’apport de la douce Candice Night (Blackmore’s Night) est un véritable délice. La plupart des invités se retrouvent sur l’épique "The Raven Child", petit bijou de metal opera dont Tobias a le secret. Alors bien sûr beaucoup d’éléments d’anciennes expérimentations resurgissent (on pense à "The Scarecrow") mais avec toujours de nouveaux sons, de nouvelles petites touches pour notre plus grand plaisir. Plaisir intact au moment d’entendre Ronnie Atkins (Pretty Maids) donner le la avec Tobias sur le tube "Starlight" (dont je me surprends par moment à chanter le refrain dans la vie de tous les jours). L’harmonie de leurs chants n’est plus à prouver, celui, rauque, de Ronnie s’alliant parfaitement à la voix plus aiguë du maestro. Puis Docteur Tobias nous enchante lorsqu’il partage son sujet avec Geoff Tate sur "Invinsible"/"Alchemy", deux œuvres faussement séparées ne formant qu’un tout avec une première partie magnifique, sûrement l’une des plus belles ballades d’Avantasia et une seconde ultra dynamique et donnant envie de sauter partout et de s’évader dans le monde de Moonglow. Hélas, le rêve se transforme soudain en cauchemar. Exténué par son travail et par la vieillesse qui le ronge, Docteur Tobias fatigue et n’avance plus. Il n’en fallait pas plus au terrible Mister Sammet pour sortir de sa léthargie et prendre sa revanche. Et quelle revanche…
Enfermé depuis plusieurs années dans le corps de son double et spectateur du renouveau d’Avantasia, Mister Sammet ne va pas faire les choses à moitié pour plomber Moonglow. Commençons par l’épique "The Piper at the Gates of Dawn", censé être LE morceau de ce nouvel effort. Alors oui, tous les amis de Docteur Tobias sont présent ici, mais la composition sonne le creux. Hormis une intro un peu électro cheap, le reste est dénué d’intérêt, vide de sens, le riff n’est absolument pas mordant, aucune ligne de chant ne se démarque, aucun solo n'émoustille. Un titre d’une platitude à toute épreuve. "Lavender" avec l’éternel Bob Catley et sa voix si atypique n’est ni dynamique ni émouvante. Bob fait de figuration tant ses couplets sont monotones. Le refrain, mignon en soit, ne relève pas le niveau (on a quand même le droit d’en attendre plus de leur duo…). En parlant de figuration, il m’est difficile de vous en parler, mais la performance de Michael Kiske sur "Requiem for a Dream" est indigne du personnage (surtout en comparaison avec l’orgasmique "Ghostlights" issu de l’album du même nom). Le titre est juste en pilotage automatique, comme si Mister Sammet avait fait un mix de ce qui se fait de moins bien chez Avantasia, entre un solo entendu et ré-entendu, un Michael Kiske qui donne ce qu’il peut sur une composition linéaire au possible et un refrain qui aurait pu figurer en B-side (voir en Z-side) du second metal opera. Mister Sammet ne s’arrête pas là, et à décidé de lancer un sort sur tous les guests historiques puisque "Maniac" (reprise d’une composition pop-disco de Michael Sembello de 1983) avec Eric Martin (Mr Big) sombre dans le quasi pathétique tant Avantasia ne prend pas de hauteur ni de recul en n’incorporant aucune nouveauté hormis d'accélérer le tempo du titre. Limite la version des L5 (si si, celles qui ont gagné Popstars ) est moins putassière. La fin de l’écoute de Moonglow est un véritable soulagement après cet enchaînement non glorieux de propositions sans âme.


Mister Sammet a complètement réussi son coup, son come-back. Si Docteur Tobias a réussi à insuffler à son Avantasia la passion et le talent nécessaires pour créer Moonglow avec une première partie s'inscrivant dans la lignée de The Mystery of Time et Ghostlights, son double maléfique tapi dans l’ombre à réussi à refaire surface pour plomber l’œuvre et créer un second acte dénué de sens, de sentiments et d’émotions. Une bien belle victoire pour lui, un triste constat pour nous autres auditeurs.

Ps: D'après les producteurs de la série, si rien n’est officiel, un épisode 8 verra le jour même si son synopsis est encore inconnu de tous.

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