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CHRONIQUE PAR ...

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Gazus
Cette chronique a été mise en ligne le 08 septembre 2009
Sa note : 15/20

LINE UP

-Krysta Cameron
(chant)

-Steven Bradley
(guitare+programmation+claviers)

-John Ryan
(guitare+programmation+claviers)

-Dave Branch
(basse)

-Mikey Montgomery
(batterie+chœurs)

TRACKLIST

1)You Ain't No Family
2)White Water in the Morning
3)Danger in the Manger
4)I'm Cold and There Are Wolves After Me
5)Tastes Like Kevin Bacon
6)The Cat's Pajamas
7)Pazuzu for the Win
8)Black-eyed Bush
9)Eli Cash Vs the Godless Savage
10)See You in Shell

DISCOGRAPHIE


Iwrestledabearonce - It's All Happening
(2009) - hardcore death metal barré jazz fouilli inhumain - Label : Century Media




"It's All Happening" est de ces albums à l'artwork très très laid, au mauvais goût plus que prononcé. Chouette. Passée l'horreur visuelle, reste à se pencher sur la formation. Iwrestledabearonce (IWaBO pour aller plus vite) est un groupe américain basé à Shreveport, Louisianne qui comporte, comme cela se fait depuis quelques années désormais, une chanteuse, Krysta de son prénom. Manque de bol, IWaBO ne joue pas dans la catégorie du métal dit « féminin ». Non, IWaBO tape plutôt dans l'inhumain.


Et ce n'est pas l'introduction de l'opener "You Ain't No Family" qui me contredira. Les 20 premières secondes laissent débarquer une petite succession de plans deathcore avant d'enchaîner sur un passage carrément pop dans l'idée. Pour repartir sur du blast et de la double à foison, ajoutant des plans groovy à souhait et parties jazzies-chœurs foufous-break country/fanfare-sample de cheval-beatdown écrasant. Le tout sur 3 minutes 46. Fort heureusement, le second titre semble parti comme plus accessible. En effet, passée l'intro électronique, le groupe envoie un metal/hardcore mélodique renforcé par la voix claire de Krysta, durant près d'une minute... avant de partir dans un trip-hop que n'aurait pas renié Portishead ou Björk, pour revenir au métal, puis à la folie furieuse du premier titre.

Autant dire que la courte description des deux premiers titres vous aura donné une vague idée du genre que pratique IWaBO : un fourre-tout bordélique qui fait peur. Reste à savoir si ça marche. Et la première écoute de l'album de se révéler potentiellement difficile, tant les plans s'enchaînent sans répit : qu'il s'agisse des riffs, de la batterie, du chant, des breaks et des arrangements, tout fuse de partout. Et pourtant, les enchaînements fonctionnent bien entre eux, à la manière d'un Carnival In Coal ou d'un Mr.Bungle sous cocaïne. Les riffs fous rappelant Psyopus dans les moments les plus effrayants collent parfaitement au côté épileptique de l'ensemble, la batterie se fait tantôt extrême tantôt pop ("The Cat's Pajamas"), quant au chant, il est impressionnant.

Car Krysta enchaîne les registres vocaux à foison, du growl gras et poisseux pouvant rappeler Candice d'Eths ("You Ain't No Family") au chant clair pop aux intonations lyriques en passant par un mélange entre Björk ("Black-eyed Bush") et Maynard James Keenan ("Danger in the Manger"), une douceur presque enfantine ("Pazuzu for the Win"), pour finir sur des beuglements hardcore aigus ("The Cat's Pajamas"). Et quel que soit le registre, la jeune femme est impressionnante, sa voix claire étant plus qu'agréable tandis que ses growls sont tour à tour malsains ou libérateurs. Forcément, chaque nouveau plan appelle un registre différent et les variations se font sans accroc, tandis que les grains collent à chaque nouvelle atmosphère.

L'album est donc un patchwork alien de plans mélangeant death, hardcore, pop, trip-hop, drum'n bass (l'envoûtant "Black-eyd Bush" qui présente la particularité de rester constamment dans le même style), java (le final de "The Cat's Pajama"), jazz, electronica et j'en passe. Et force est de constater qu'IWaBO réussi à ne pas tomber dans une répétition monotone. Même s'il n'est pas aisé de se rappeler les structures de chaque morceau, chacun comporte au moins un passage clé qui accroche l'oreille de l'auditeur, faisant office de « Vous vous trouvez ICI ». Enfin, les titres des chansons sont suffisamment débiles de par eux-mêmes ou par leurs jeux de mots pour rester en mémoire, comme "Tastes Like Kevin Bacon", "See You in Shell" ou "Pazuzu for the Win".


It's All Happening est un premier album qui fait mal partout. D'une, la musique jouée est d'une violence intense, de par les passages les plus bourrins et surtout de par les successions sans fin de plans tous plus variés que les autres. De deux, le niveau technique est élevé, tant dans la maîtrise des instruments que du chant, sans oublier les arrangements multiples et plus que réussis. De trois, l'humour affirmé du groupe ne laisse personne indemne, à commencer par leur musique (qui commet alors divers dommages sur les auditeurs). Enfin, de quatre, l'artwork est très très laid.


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