4779

CHRONIQUE PAR ...

43
Gazus
Cette chronique a été mise en ligne le 04 septembre 2011
Sa note : 15/20

LINE UP

-Krysta Cameron
(chant)

-Steven Bradley
(guitare+programmation+claviers)

-John Ryan
(guitare+programmation+claviers)

-Dave Branch
(basse)

-Mikey Montgomery
(batterie+chœurs)

TRACKLIST

1)Next Visible Delicious
2)
You Know That Ain't Them Dog's Real Voice
3)Deodorant Can't Fix Ugly
4)
This Head Music Makes My Eyes Rain
5)
It Is "bro" Isn't It ?
6)
Gold Kacket, Green Jacket
7)
Break It Down Camacho
8)
Stay To The Right
9)
I'm Gonna Shoot
10)Karate Nipples
11)Button It Up

DISCOGRAPHIE


Iwrestledabearonce - Ruining It For Everybody
(2011) - hardcore death metal barré folie meurtrière - Label : Century Media



Après un It's All Happening offrant un patchwork de violence et de mauvais goût de haute volée, les charmants frappadingues d'Iwrestledabearonce reviennent à la charge avec un nouvel album joliment intitulé Ruining It For Everybody. Un doux titre qui confère peur et frisson chez l'auditeur moyen et semble promettre crises d'épilepsie, vomissements et moult séances de thérapie spécialisée afin d'avouer entre deux kleenex que oui, Toby votre chien se frottait en loucedé sur le gâteau d'anniversaire de mamie et qu'il vous avait menacé de sévices si jamais vous pipiez mot.

L'horreur démarre avec l'intro de "Next Visible Delicious" et son odieux synthé à la mélodie approximative. Le monde est révolté, la bourse s'effondre, les enfants pleurent et un plan deathcore intervient. Jusque là, on se trouve en terrain connu pour qui a survécu à l'album précédent du groupe. Krysta Cameron beugle toujours avec une régularité et une puissance de grande classe, tandis que le reste des musiciens tricotent leurs infâmes riffs incompréhensibles et shredisants, avant de livrer un break jazzy-dissonnant-étrange suivi peu de temps après par un plan mélodique servi par des leads électroniques enfin tolérables et un chant clair toujours aussi maîtrisé. En terrain connu, qu'on vous dit, pour peu que vous ayez survécu au Vietnam ou à une écoute de l'intégrale de Sir Millard Mulch. Reste que contrairement à l'artwork révoltant de l'album, il semble bien que tout soit plus... digeste.

Malgré l'accumulation obscène de plans tous plus sans rapport les uns des autres, la recette d'Iwrestledabearonce fonctionne toujours grâce à cette impression de cohérence que les compositions dégagent. On a beau être éjecté dans tous les sens break après break, on arrive à se tenir à un fil rouge au long de chaque titre, notamment grâce au groove dégagée qui permet de se repérer, en plus d'être bien entraînant - oui, c'est difficile à croire. Les riffs atonaux-immondes-shreds sont somme toute assez rares, comme si la bande avait décidé de se calmer un petit peu sur le plan de la démonstration. Tout cela reste évidemment toujours complexe à souhait (et peu évident à jouer), mais on va plus taper de temps en temps dans le délire dzoïngue (ou Djent si vous préférez) ou bien tout simplement rendre ces successions de notes rapides bien plus jolies à écouter. L'atonal, le dissonant et compagnie c'est bien, mais point trop n'en faut. On vieillit.

Et on aime les musiques dansantes. Non pas que les passages metal mélodiques sur fond d'accords plaqués soient ennuyeux, mais c'est bien d'avoir droit à du surf rock sur "You Know That Ain't Them Dog's Real Voice" accompagné de vocalises improbables, de superbes chœurs gospel sur le final de "Deodorant Can't Fix Ugly" (qui remporte au passage sa place au palmarès des meilleurs titres de chansons), de parties électroniques toujours bien à propos (voire qui durent tout du long comme sur le chouette et calme "This Head Music Make My Eyes Rain" ou encore et surtout d'un pur moment de disco tout simplement révoltant et hélas bien trop court sur "Karate Nipples" vite renforcé par des leads de guitare tendant sur le post-rock à la Explosions In The Sky. Au delà du fourre-tout musical (précédemment très bien maîtrisé), Iwrestledabearonce joue encore plus la carte de l'accessibilité qu'auparavant. Du coup, un titre comme "Button It Up", malgré ses changements nombreux, garde la même saveur tout du long.


Là où It's All Happening faisait mal, Ruining It For Everybody s'introduit plus en douceur. Qu'on se comprenne bien, on a toujours affaire ici à une orgie de violence musicale, mais celle-ci s'avère encore plus aérée qu'auparavant par des éclairs de folie toujours aussi jouissifs les uns que les autres. Seigneur, seraient-ils devenus un peu plus sérieux ? Un passage à l'âge adulte, tuer le père, le moi, le surmoi, le parent normatif, le jeu argh irk gloups trabadabachlack ploum groumpf blast-beat.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 4 polaroid milieu 4 polaroid gauche 4