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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 07 octobre 2020
Sa note : 16/20

LINE UP

-Netta Laurenne Dahlberg
(chant)

-Teemu Mäntysaari
(guitare)

-Vili Itäpelto
(claviers)

-Tuomas Yli-Jaskari
(basse)

-Rolf Pilve
(batterie)

TRACKLIST

1) Wall of Silence
2) Drive It Like You Stole It
3) Close to Sober
4) Run
5) The Game
6) Those Who Burn
7) Hey Motherfuckers
8) Troublemaker
9) Date With the Devil
10) Wind and Water

DISCOGRAPHIE

20/20 (2020)

Smackbound - 20/20



Une voix féminine caméléon et énergique, un riff puissant, une touche de modernité, un refrain bien heavy : "Wall of Silence" vous souhaite la bienvenue dans le monde merveilleux de Smackbound, nouveau venu dans le heavy mélodique Finlandais, mais riche en expérience de par le passé de ses membres. 20/20, premier opus du quintet, se révèle solide et enthousiasmant bien qu’un peu fragile.

On peut presque parler de super groupe concernant Smackbound. Netta, actrice d’origine mais également guest session chez Elvenking, Amorphis ou encore Battle Beast,crée le collectif en 2015 et engage quelques noms connus de la scène finlandaise puisque ses acolytes musiciens nous viennent tout droit de Wintersun (Teemu), Stratovarius (Rolf) et Tracedawn (Vili et Tuomas). Mais plutôt que se jeter directement dans le grand bain, la troupe écume les festivals et concerts sous le nom de Run for Cover. Après avoir peaufiné leur style et mis en commun les influences de chacun, Smackbound est né et signe chez Frontiers Records (friand de super groupes et d’heavy metal). Mais ne vous attendez pas à un heavy traditionnel lorgnant sur le hard (spécialité du label) Smackbound propose un heavy mélodique (voir symphonique) et surtout moderne (ajout d’éléments électro).20/20 est parfaitement produit et mixé, ce qui permet d'accrocher l’auditeur directement, un bon point.
Smackbound double la mise grâce à une certaine variété des styles et des rythmes sur 20/20. Du tube accrocheur au refrain imparable ("Drive It Like You Stole It", "Hey Motherfuckers") aux propositions plus travaillées ("Those Who Burns" et ses guitares surpuissantes, "Date with Devil" et son final bien speed) en passant par des essais lorgnant sur le metal symphonique ("Close to Sober", sublime et "Wind and Water" titre le plus long, ses claviers cheap et son orchestration aboutie), la bande à Netta ne lasse jamais l’auditeur et n’oublie pas de relancer la machine aux moments clés ("Run", qui fait fi des relents électros et propose une composition taillée pour les puristes et pour la scène, contrebalançant bien la piste la précédant, la ballade sympho "Close to Sober"). "Troublemaker" n’est pas en reste et va droit au but, après un "Hey Motherfuckers" limite sur le plan artistique. Enfin la traditionnelle ballade ("The Game") est, elle aussi, présente et réussie, sans chichis - surtout grâce aux envolées de Netta. Il faut dire que la vocaliste est un sacré atout. Intimiste, puissante, rocailleuse (à la Doro), sa performance fait mouche et quand en plus ses comparses se mettent à niveau, grâce à des riffs efficaces, des claviers comme on les aime, le rendu est forcément plus que positif.
Mais, car il y a un mais, il manque quelque chose à ce 20/20. Et il a fallu du temps pour identifier ce petit manque. Mais une conversation avec ma comparse Mita a fait tilt. On discutait de l’excellente et unique album de Coma Divine et elle me disait qu’elle appréciait les titres individuellement mais que sur l’album entier c’était plus compliqué et c’est le reproche que l’on peut faire à Smackbound. Les occurrences de 20/20 sont pour la plupart vraiment excellentes (seule "Hey Motherfucker" n’est pas au niveau) mais le rendu global a tendance à lasser avec le temps, bien que l'on revienne régulièrement à la plupart des titres. La faute à qui, à quoi ? Peut-être à une production limite trop parfaite, trop calculée, il n’y a pas ce supplément d’âme d’un premier effort. La touche de metal moderne, avec ses effets que l’on entend dans tous les jeunes groupes, commence également à lasser. On ne ressent aucune vulnérabilité sur cette première offrande, ce qui impacte le ressenti général. Mais attention, ces reproches empêchent juste cet excellent album d’atteindre le 20/20 initialement promis. Et la perfectibilité de Smackbound nourrit de beaux et grands espoirs pour la suite .Vivement.


20/20 ne sera finalement qu’un 16/20 mais pour un premier essai le pari est réussi. Porté par une grande chanteuse, Smackbound propose un heavy metal mélodique et moderne de grande qualité. Cela faisait depuis Triosphere qu’un combo du genre n’était pas sorti du placard. En espérant que la formation puisse fouler les scènes pour faire vivre en live cette énergie. Une des belles surprises de l’année assurément.




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