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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 19 juin 2020
Sa note : 12/20

LINE UP

-Anxiferath
(chant)

-Nesh
(guitare)

-Ghoulaxe
(guitare)

-Sagoth
(basse)

-Volodia
(batterie)

TRACKLIST

1) Vision
2) Howling and Lurid Figures
3) Drowning in Solitude
4) Seek no Grace
5) Misanthropic Urge to Expand
6) Dread Reign
7) Limbes
8) In the Throes of Displeasure
9) Faciem Diaboli
10) La sentinelle des âmes

DISCOGRAPHIE


End of Mankind - Faciem Diaboli
(2019) - black metal - Label : Mallevs Records



Entité parisienne engendrée par la dissolution de Eternal Majesty, la fin de l’humanité (quel bilinguisme !) se veut pratiquante black metal tendance post. S’il convient à tout un chacun de juger la pertinence de cette étiquette, il est indéniable que la formation a su se choisir un patronyme qui fait mouche. Certes, on devine pas mal d’atours grâce à celui-ci, et le post en fait partie, n’empêche qu’il attise la curiosité, ce qui pour un groupe qui sort un premier album est une bonne pioche.

En introduction, regardez donc votre fondement si vous y voyez quelque objet contondant s’y fourrer, car vous n’en trouverez pas par ailleurs. Un blast fulgurant et brutal sert d’accueil pour le moins impoli à cette nouveauté. C’est efficace pour poser son caractère et affirmer aux auditeurs que oui, End of Mankind est dans la place pour s’imposer à vous, pas pour vous écouter. Et cette impression d’indépendance d’esprit perdure alors que s’écoulent les compositions. Black brutal de-ci (avec d’étonnants relents du Marduk de la fin années 90), black intimiste de-là (un poil de Shining), plus mélodique par ailleurs, la troupe butine sur les différents râteliers. Ce qu’elle en crée est une musique qui se veut libre d’esprit et d’interprétation. Nous sommes alors livrés à nous-mêmes pour imaginer le message diffusé. Car effectivement, ces énergumènes ne souhaitent pas prémâcher le travail. Cette congrégation de musiciens ne sombre pour autant pas dans un grand n’importe quoi sans queue ni tête. La cohérence demeure bel et bien présente et ce fil rouge c’est un black metal froid, comme teinté de cold wave sans synthés.
Les cavalcades ou délicatesses sont des outils pour afficher la volonté du groupe de créer une atmosphère froide et un poil machine. Les descentes d’accords sont fréquentes comme pour se différencier des riffs bien plus typiquement et classiquement black metal qui agrémentent les quatre coins de ce disque (un cercle a donc des coins désormais ?). La musique engendrée par ce processus est alors aisément qualifiable d’agréable en cette première partie. Pourtant comme si le fruit devait être dans le ver, la seconde moitié de cette production semble poser problème. Un essoufflement coupable ou une lassitude d’un style pratiqué dont l’auditeur décroche ? A l’exemple de "Misanthropic Urge to Expand" qui a le don de casser la dynamique de l’album plutôt que d’apporter un intermède d’aération, on penche pour la première option. Cependant, l’enchaînement d’un "Dread Reign" bien plus thrash dans l’esprit, et un peu hors de propos conforte la deuxième option. Un mélange des deux alors. En fait, c’est toute cette fin d’album qui semble poser problème, résultat d’une conjonction malencontreuse de baisse d’attention couplée, due ?, à un tassement du niveau des chansons.


Un effort non dénué de qualités, mais plombé par des maladresses d’autant plus étonnantes qu’il s’agit de personnes ayant un minimum de bouteille. Il s’adresse avant tout aux aficionados d’un black metal moderne et sans frontière. Ceux qui cherchent des riffs et une ambiance frigorifiquement noire en seront pour leurs frais.

Pour aller plus loin :





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