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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 30 octobre 2020
Sa note : 12/20

LINE UP

-Anxiferath
(chant)

-Goulax
(guitare)

-Nesh
(guitare)

-Gasha
(basse)

-Volodia
(batterie)

TRACKLIST

1) 1957
2) Temporary Flesh Suite
3) La peste dansante
4) Outrenoir
5) Géhenne
6) Golgotha
7) Opponent Deity
8) Step Towards Oblivion
9) Le Boël

DISCOGRAPHIE


End of Mankind - Antérieur à la lumière
(2020) - black metal mais pas que - Label : Mallevs Records



End of Mankind nous revient bien rapidement après sa première offrande en 2019, effet virus ? Oui semble-t-il d’après le laïus promotionnel. En effet, le confinement ayant entraîné l’annulation de la tournée en Bulgarie, le groupe a déporté son énergie éphémère sur la composition d’un nouvel album. Groupe qui en a profité pour se séparer de sa section rythmique afin d’opter pour une plus redoutable paire (de ?). Enfin, on suppose ou on l’espère.

Faciem Diaboli partait tambour battant sur un gros blast. Antérieur à la lumière opte pour une approche sensiblement différente : une introduction parlée basée sur un texte philosophique qui se voit enchaînée à coup de gros blast. End of Mankind change et ne change pas d’entrée en matière donc. Quoiqu’il en soit, il semble systématiquement vouloir affirmer rapidement qu’il est une entité extrême que ne sauraient dénaturer ses multiples incartades sur les sentiers du post. Car oui, End of Mankind varie toujours autant son propos, notamment pour proposer des plages éthérées sur fond de tremolo typique de la mouvance post rock, passé bien sûr à la moulinette black. Tout comme Faciem Diaboli, les Parisiens s’entichent régulièrement de rythmiques plus thrash, ou death ("La peste dansante"), voire de douceurs lancinantes proches d’un Forgotten Tomb première période.
Les mélodies sont toujours présentes pour accompagner des compositions dont le désir le plus profond est de vous faire voyager dans les arcanes de la pensée de la troupe. Pensée noire, obscure, à la recherche de la source de cette absence de lumière, d’où le titre d’ailleurs. Pierre Soulages est une inspiration majeure pour les textes pour ceux que ça intéressera. Cela implique de nombreux passages en français, ce qui n’est pas un mal. Le chant râclé demeure compréhensible dans notre belle langue de Molière et s’apparente dans sa version la plus agressive à ce que nous pouvons entendre chez Seide dans la même langue. Quelques excursions dans le chant clair parlé agressif donnent le loisir de s’imprégner plus encore des paroles obscurantistes des chansons. Chant clair qui alors s’apparente à celui de Hreidmarr. Sortie plus convaincante que sa petite sœur ?
Sur Faciem Diaboli le groupe pêchait par essoufflement et manque de cohérence. Ici, il semblerait que les musiciens s’attachent à proposer de la diversité plus rapidement, et dans une même chanson afin de garantir l’absence de zone de confort pour l’auditeur. Cela fonctionne partiellement. Partiellement car si on ne ressent plus cette redescente, les compositions étant paradoxalement plus équilibrées au vu de leur diversité systématique plus grande, il devient plus difficile de s’enticher d’une en particulier, d’autant qu’il est fait appel à certaines facilités sur les aspects post ou les mélodies réentendues. L’âme profondément black que je suis apprécie une "Golgotha" pour ses blasts appuyés, ses riffs typiques du genre et ces harmoniques (oui, ce n’est pas particulièrement black…). Et sa durée limitée à moins de quatre minutes. Pour le reste, cette production s’adresse à un public au-delà du puriste black (lapalissade).


Antérieur à la lumière souffle le chaud et le froid, et souvent au sein d’une même chanson. Il est indubitable que nous avons à faire à une sortie solide, maîtrisée. Le style pratiqué sera plus source de division, sachez vous placer par rapport à cela. Néanmoins, qu’importe nos sensibilités, nous reprocherons tous un manque de mordant, ou ce surplus d’inspiration pour basculer véritablement dans la cour des indispensables. En l’état actuel des choses, c’est donc une sortie pour curieux plutôt que pour ambitieux.





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