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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 26 septembre 2018
Sa note : 18/20

LINE UP

-Daniel Änghede
(chant+guitare)

-Justin Greaves
(chœurs+guitare+basse+percussions
+batterie+programmation)

-Mark Furnevall
(chœurs+claviers)

Ont participé à l'enregistrement :

-Belinda Kordic
(chant+percussions)

-Jonas Stålhammar
(chœurs+guitare)

-Helen Stanley
(chœurs+trompette+claviers)

-Kostas Panagiotou
(accordéon+claviers)

-Tom Greenway
(basse)

-Ben Wilsker
(batterie)

TRACKLIST

1) You Brought It Upon Yourselves
2) To You I Give
3) Uncivil War part.1
4) Madman
5) Times, They Are a'Raging
6) Rain Black, Reign Heavy

7) Slow Motion Breakdown
8) Nebulas
9) Las Diabolicas
10) Great Escape, part.1
11) Great Escape, part.2

DISCOGRAPHIE

Great Escape (2018)

Crippled Black Phoenix - Great Escape



Last Fm (le site internet pour les névrosés des chiffres comme moi) est formel : en l’espace de sept jours, deux cent dix-sept titres de Great Escape, nouvel opus de Crippled Black Phoenix (CBP) ont été entendus par mes petites oreilles. Autant vous dire que cela ne m’était jamais arrivé depuis mon inscription en 2007. Encore plus exceptionnel, ce groupe, il y a encore quinze jours, m’était totalement inconnu. Alors, avant de se lancer dans la chronique, encore mille mercis à Merci Foule Fête pour cette découverte, qui marque un tournant dans ma vie de passionné de musique.

Great Escape est déjà le septième album des Anglais, onze ans après leur première livraison, A Love of Shared Disasters. Pour ce nouvel effort, le combo officie dans un mélange de styles allant du post rock (très anathemien) au gothique, le tout saupoudré par des références ambient. Rien que cela. Le climat est sombre, comme en attestent les intitulés des onze pistes proposées ("Las Diabolicas", "Nebulas") mais également l’approche musicale retenue. L’introduction nous plonge dans une atmosphère pesante, faisant penser à une musique d’un film de Christopher Nolan. Great Escape s’annonce ainsi mystérieux. "To You I Give" donne clairement le ton de ce que l’on va découvrir. Un post rock saturé par moment, faisant mouche grâce à ses vocalistes masculins mais également ses musiciens. Aucun instrument  n’est laissé au hasard, notamment sur le final, superbe. Là où la plupart des formations auraient proposées un solo de guitare, ici, l’harmonie est de mise, la batterie soutient la guitare pour un rendu du plus bel effet. C’est technique, carré, efficace mais surtout magnifique. "Times, They Are a’Raging" officie dans ce même esprit. Le piano en plus et surtout deux dernières minutes faisant la part belle à l’accordéon, déroutant mais proche de la perfection. Comme déjà évoqué, l’influence de leur homologue britannique d’Anathema se fait sentir. On parle bien d’influence et non de copie. Un morceau comme "Rain Black, Reign Heavy" n’aurait pas fait tache sur Weather Systems, tant les guitares sont encore bien présentes tandis que "Nebulas" se rapproche plus d’un "The Optimist", moins saturé et plus doux. Sur ces deux propositions, on retrouve la douce Belinda, avec sa voix aérienne.
Mais Anathema n’est pas la seule influence de CBP. Par moment on entend du Pink Floyd, une sorte de rock prog psychédélique comme sur les deux instrumentales, "Uncivil War part.1" ainsi que "Slow Motion Breakdown" qui pourrait presque figurer sur l’OST de la série Stranger Things tant les notes sonnent très rétro, surtout sur l’introduction. L’auditeur pourra parfois être dérouté, notamment sur le tubesque "Madman", proche d’un son à l’américaine ou sur l’ovni "Las Diabolicas", sorti de nulle part, avec une intro où l’on entend des cris humains soutenu par le travail de Justin Greaves à la batterie. Si ce morceau me parait le seul un peu faible de l’opus, nul doute qu’il saura trouver son public. Il a tout du moins le mérite de déboucher sur le grand-œuvre de ce nouvel effort, à savoir le diptyque éponyme "Great Escape". La première partie est un hommage à la musique, au post-rock, à l’ambient, tant le rythme, soutenu par les guitares acoustiques puis électriques, est doux, lent, accompagnant un Justin Greaves à la voix peinée qui fait part de ses pêchés tout au long de la proposition, avant d'être soutenues en fin de piste par la batterie et l’apparition d’une trompette. Les larmes risquent de couler chez les plus sensibles d’entre vous. Rassurez-vous la seconde partie est moins « douloureuse » mais déversera tout même ses treize minutes de rock prog très années soixante-dix en concluant ce Great Escape d’une démonstration instrumentale faisant gloire au style.

Crippled Black Phoenix, avec Great Escape, entraîne son auditeur dans une aventure inédite, mystique, faite de colère ("Rain Black reign Heavy"), d’énervement ("Madman") mais également de repentance ("Nebulas"). Je ne saurais que vous conseiller de vous livrer corps et âme dans cette échappée, de vous laisser guider par le talent de Justin Greaves, véritable maître à penser du collectif, et vous délectez en écoutant les pièces d’exceptions que lui et sa troupe ont concocté. Crippled Black Phoenix frappe fort et nul doute que Great Escape marquera son époque.


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